Je suis un partisan invétéré d’une Europe des régions

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BovéCe n’est pas seulement avec des mots mais bien par des actes que Jose Bové soutient et participe à la démarche abertzale en Iparralde. Il s’engage à poursuivre cette solidarité active au cours du prochain mandat européen. Des abertzale de gauche lancent un appel à voter pour lui.

Quel est votre positionnement face à ceux qui militent pour une Europe des régions plutôt qu’une Europe des Etats?
Je suis un fervent partisan d’une Europe des Régions et espère un jour la disparition des Etats-Nations. Du global ou local, l’Europe et ses régions sont l’alliance des niveaux de compétence les plus pertinents pour construire un espace politique aujourd’hui. Je suis très attaché à l’idée européenne. Elle a été créée pour protéger ses citoyens et pour améliorer leurs conditions de vie. L’Union européenne, qui compte plus d’un demi milliard d’habitants, peut imposer sa volonté et faire plier les multinationales et les autres Etats si elle est capable de parler d’une voix unie. La diplomatie européenne n’existe toujours pas comme nous le rappelle cruellement la crise ukrainienne ou notre impuissance à peser sur la guerre civile en Syrie.

Vous savez que le Pays Basque Nord revendique une reconnaissance institutionnelle sous forme d’une Collectivité territoriale à statut spécifique, un statut de la langue basque dans la vie publique, une chambre d’agriculture. Défendrez-vous ces demandes au parlement de Strasbourg?
Il faut aller vers la constitution d’une collectivité territoriale à statut spécifique, incluant un statut de la langue, mais en la considérant comme une étape vers une véritable eurorégion des sept provinces basques. Je le répète, je suis un partisan invétéré d’une Europe des régions. C’est la stabilité et la cohérence des régions d’Europe qui donneront sa force à l’Europe.
Je suis membre du Friendship basque, un groupe de soutien aux aspirations du peuple basque au sein du parlement européen. Il a été créé par Gérard Onesta, mon prédécesseur qui est aujourd’hui de nouveau sur notre liste. J’y travaille en étroite relation avec François Alfonsi, député Corse de RPS. Je reste un fervent défenseur d’une chambre d’agriculture pour le Pays Basque. Depuis les premières réunions, organisées par les DEMO, par ELB, les procès, et plus récemment, pendant la réforme de la PAC au Parlement, la défense des petites fermes, j’ai travaillé avec Ehlg et je compte continuer si je suis réélu !

De même, après l’adieu aux armes d’ETA, ni Paris ni Madrid ne veulent bouger d’un pouce pour permettre de sortir pour de bon et par le haut au conflit qui a duré si longtemps au Pays Basque Sud (et même au PBN avec les attentats du GAL). Que comptez-vous faire, avec quelles forces du parlement, selon quelles modalités, pour que le parlement européen pèse pour une résolution pérenne?
Encore avec François Alfonsi, nous nous sommes mobilisés à de nombreuses reprises au cours du mandat pour la défense des droits des militants politiques : Aurore Martin et Arnaldo Otegi bien sûr, mais aussi pour obtenir des réponses sur la disparition de Jon Antza. Plus récemment, nous sommes intervenus pour soutenir l’arrêt de la Cour européenne de justice dénonçant la “doctrine Parot”. En avril 2012, le Friendship basque et le groupe des Verts/ALE au Parlement européen ont organisé une conférence sur les suites de la conférence internationale d’Aiete, tenue en octobre 2011 à Donostia. L’Union Européenne ne peut laisser une région vivre une telle crise et doit préserver un espace de paix.

L’élection du président de la Commission par le parlement est une avancée démocratique appréciable. Vous êtes vous-même candidat. Quelles sont les forces que vous êtes susceptible de fédérer? Qu’est ce qui vous différencie de Martin Schultz?
Ma priorité sera la lutte contre le réchauffement climatique ! Les derniers rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sont très clairs. Si nous ne faisons rien le réchauffement climatique pourrait atteindre 2°C en 2030 et dépasser les 4 degrés à la fin de ce siècle. Les grandes tempêtes et les inondations qui ont frappé notamment la côte basque cet hiver ont entraîné des dégâts considérables qui ont des conséquences économiques bien réelles pour des secteurs comme le tourisme, mais également pour l’agriculture. Le Parlement européen doit être beaucoup plus exigeant sur les mesures qui doivent être prises au niveau européen et mondial et la Conférence sur le climat qui se tiendra à Paris fin 2015.
Ne l’oublions pas, lutter contre le réchauffement climatique c’est lutter contre les pollutions et ses conséquences sur la santé. C’est aussi engager la transition écologique créatrice d’emplois locaux et non délocalisables.
Nous devrons aussi renforcer l’Europe. Cela passe par le refus du TAFTA qui, en soumettant à la doctrine libérale l’ensemble des échanges entre l’Europe et les USA, remet en cause le fondement même du projet européen.
L’Europe a été créée pour protéger ses citoyens et pour améliorer leurs conditions de vie. L’Union européenne, qui compte plus de cinq cents millions d’habitants, peut imposer sa volonté et faire plier les multinationales et les autres Etats si elle est capable de parler d’une voix unie. La protection des européens passe également par le maintien de normes sociales et environnementales élevées. Un salaire minimum dans chaque pays, l’harmonisation des taxes sur les bénéfices des entreprises doivent être mis en place de manière accélérée pour que les habitants d’Europe de l’ouest n’aient plus le sentiment que leurs emplois sont accaparés par des Polonais, des Roumains ou des Bulgares.
Tout cela me différencie bien de mon collègue Martin Schultz.

Votre communiqué de soutien à la liste socialiste aux municipales de Bayonne a étonné. Etcheto et certains de ses colistiers sont pour la LGV, contre la Collectivité territoriale, contre Ehlg etc. alors que les deux autres têtes de listes Etchegaray et Iriart sont exactement à l’opposé. Si vos prises de position en faveur d’Ehlg vous ont attiré beaucoup de sympathie ici, à l’inverse, ce soutien à Etcheto ne pourrait-il pas vous priver de ces voix?
J’ai souhaité soutenir une équipe dans laquelle figuraient des membres d’Europe Ecologie, mais en aucun cas un homme politique et des positions que vous décrivez, que je ne partage pas comme vous le soulignez. Mes engagements attestent de la sincérité de mon choix. J’ai observé par ailleurs avec grand plaisir la progression du mouvement abertzale aux municipales dans l’ensemble du Pays Basque, notamment à Ustaritz.

 

Des abertzale de gauche appellent à voter Bové

Parce que nous aurons un relais direct à Bruxelles, à l’identique de nos expériences et de nos choix des deux dernières élections européennes de 2005 et 2009. Nous avons la volonté d’être cohérents dans nos choix politiques, s’agissant
de notre vision d’une Europe des peuples et résolument progressiste.
Parce que José Bové et sa liste défendent une agriculture durable et paysanne sans OGM et donc en corollaire Ehlg.
Parce que grâce à l’annulation de l’inique doctrine Parot, c’est l’Europe qui a pu faire libérer des dizaines de prisonniers politiques basques.
Dans l’affaire Aurore Martin ou à chaque sollicitation émanant de divers partis politiques, syndicats ou associations d’ Euskal Herria, José Bové à l’instar des autres député(e)s de l’ALE (Alliance Libre Européenne) ont répondu présents afin d’acheminer toutes ces revendications légitimes auprès des instances du parlement européen.
Parce que José Bové et ses colistier(e)s défendent, entre autres, l’égalité hommes/femmes, le droit au logement, la taxation des transactions financières, l’annulation de la dette des pays pauvres, le développement des énergies renouvelables et l’arrêt total du projet EPR, l’accès égalitaire aux services publics, le développement des transports collectifs non polluants, l’amélioration des voies de chemin de fer existantes,
Parce que EELV est l’unique parti hexagonal français à soutenir l’officialisation de la langue basque et la création d’une collectivité territoriale en Pays Basque Nord.
Parce qu’enfin Sauveur Bacho, maire d’Arberats, nous représentera, comme il l’avait fait aux sénatoriales d’octobre 2011, en étant 5ème de la liste menée par José Bové.
En tant qu’abertzale de gauche, nous apportons notre soutien à José Bové et appelons toute personne de bonne volonté à nous rejoindre.
Contact : [email protected] / Tél. 06 20 96 18 44

Un commentaire

  1. Alexandre
    Publié le 13/05/2014 à 10:02 | Permalien

    J’avais suivi une conférence d’Onesta: lui, comme Bové, ce sont des gens qui travaillent. Non seulement ils assistent aux débats publics, mais surtout ils investissent les commissions et font avancer les idée qui nous sont chères.

    Il faut continuer la démarche de 2011 avec S. Bacho, car il y a du boulot au Parlement.
    Et il ne vaut mieux pas pour nous autres d’Euskal Herri laisser la place à des MAM ou pire…