Les lépreux modernes

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EmigrésL’Evangile de dimanche nous disait que Jésus était obligé de fuir de village en village parce qu’il avait touché un lépreux, ce qui était strictement interdit par la loi de Moïse, par peur de la contagion. Chez nous aussi les lépreux on été intouchables pendant des siècles : une porte et un bénitier leur étaient réservés dans nos églises pour éviter toute contamination. Tout cela c’est de l’histoire passée, mais nous sommes toujours entourés d’intouchables. Il suffit de lire les journaux. Les lépreux modernes qui nous font peur sont les émigrés.

Le journal du 4 février dernier consacrait un article à la ville de Trappes, patrie de Nicolas Anelka, Omar Sy et autres Jamel Debbouze, autant de preuves par neuf qu’un émigré peut être assimilé. Malheureusement, ce même article nous révélait que Trappes détenait le record européen de jeunes ayant troqué le bic, dont tous les secrets leur avaient été révélés pendant 15 ans par l’Education Nationale…. contre la kalachnikov en usage au djihad. 67 Trappistes qu’ils sont, là-bas ! Les voilà encore plus indésirables que les anciens lépreux ! Mais n’auraient- ils pas saisi la kalachnikov, précisément parce qu’il se sentaient indésirables ? Le même journal consacrait neuf lignes à plus de 90 émigrés noyés en Méditerranée. 90 ? 95 ? On n’est pas à quelques unités près ! De toutes façons, cela fait ça de moins qui viendra manger notre pain, comme le disait le chant patriotique de mon enfance. N’oublions pas que nous sommes en crise ! Nous manquons cruellement de fonds pour joindre les deux bouts !

Récemment je faisais la connaissance d’Issaka, un jeune Malien de 16 ans, que les exploits de Daech ont laissé orphelin à 11 ans. Depuis, il erre de Sénégal en Mauritanie, de Maroc en Espagne, au gré de ses rencontres. Aucune chance d’avoir ces papiers nécessaires pour être admis comme réfugié : il n’a plus ni père ni mère.

Nous sommes toujours entourés d’intouchables.
Il suffit de lire les journaux.
Les lépreux modernes qui nous font peur sont les émigrés.

Cette semaine, il a fallu sortir de quelque part 65 millions pour payer le transfert d’un joueur de Donostia à Manchester. Et combien de centaines de millions pour financer les jeux de Seoul ? Il n’y a pas que le sport !

Nos scientifiques ont réussi l’exploit d’envoyer dans le ciel la fusée la plus puissante jamais construite : la Falcon Heavy de Space X qui permettra (nous l’espérons) à l’homme de faire son premier voyage sur Mars : ce lancement a coûté à lui tout seul 350 millions. Vous vous rendez compte de l’exploit technique !

Vous comprendrez que les petits problèmes des émigrés ne font pas le poids à côté. L’argent n’est pas inépuisable et on est obligé de faire des choix. De fixer des priorités. On ne peut accueillir toute la misère du monde !

Seul problème : un monde séparé en deux par un tel gouffre peut-il ne pas s’effondrer ?

Dans le temps, un certain Jésus recommandait de partager, d’accueillir l’étranger, de nourrir l’affamé, d’habiller celui qui était nu. Il stigmatisait un certain riche qui faisait bombance tandis que Lazare crevait la dalle à sa porte. Doux rêveur extraterrestre, était-il déconnecté de la réalité ou était-ce lui qui voyait juste ?

Notre monde peut-il fonctionner en ignorant ces règles de base qu’il nous a données? Il est vrai que ce monsieur n’était pas encore entré dans l’ère de la postmodernité…

2 Commentaires

  1. DURRUTY
    Publié le 15/03/2018 à 22:37 | Permalien

    Il serait bien de ne pas écrire n’importe quoi à propos de Jésus. En effet si la Bible parle de la mise à l’écart des lépreux, Jésus lui les approchait et même les guérissait il approchait aussi les gens de mauvaises vie tout comme les collecteurs d’impôts

    • xipri arbelbide
      Publié le 16/03/2018 à 14:32 | Permalien

      Entièrement d’accord avec toi. Je n’ai pas écrit que Jésus évitait les lépreux mais
      qu’il devait éviter le commun des mortels parce qu’il avait touché un lépreux; Voir Marc 1/45
      « Jesus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais il devait rester dehors en des endroits déserts. »