Elections cantonales de mars 2011 EH Bai : Bai ! par Xabi Larralde

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Les prochaines élections cantonales de mars 2011 se rapprochent et dans toutes les familles politiques le débat est ouvert sur les profils des candidatures et mêmes sur les noms des possibles candidats. Chez les abertzale le suspens est maintenu jusqu’au 23 octobre, date de l’Assemblée générale d’Abertzaleen Batasuna. En effet, Eusko Alkartasuna et Batasuna ont déjà rendu publique leur position en faveur d’une candidature commune sous la bannière EH BAI. On n’attend donc plus que la décision d’AB… Sans vouloir interférer dans le débat interne à AB qui appartient à ses seuls militants, je dirais que, pour ce qui est de Batasuna, les éléments qui justifient notre position en faveur d’EH BAI sont assez sim-ples. Le constat de départ est, me semble -t-il, partagé par la grande majorité des abertzale. Le projet abertzale connaît actuellement un développement important en Iparralde, mais le «moteur» de ce développement est «bridé» par nos divisions internes. Renouveler EH BAI c’est dépasser ces divisions et libérer le potentiel politique du mouvement abertzale. C’est ce que démontrent les résultats réalisés aux dernières cantonales de 2008. Grâce à EH BAI nous avons alors obtenu en moyenne 15% des suffrages exprimés et atteint des scores à deux chiffres dans la majorité des cantons. Dans un certain nom-bre d’entre eux, les candidats d’EH BAI se sont même situés en seconde, voire en première position. Ainsi, le panorama que l’on peut dresser aujourd’hui c’est que le mouvement abertzale, en tant que tel, peut constituer le vecteur d’un changement de fond de la donne politique en Iparralde face à la droite (UMP-Modem). C’est vrai de façon générale en Barnekalde. C’est aussi vrai dans beaucoup d’endroits en Lapurdi, et même dans les villes du sud de la côte. La grosse exception reste le BAB… Dans ce contexte, le type de schéma de travail dont relève la logique d’EH BAI est selon moi déjà en œuvre depuis de longues années à l’échelle locale aux travers des différentes plateformes abertzale municipales. Et les résultats sont là aussi visibles. Un exemple: en 2008 une liste abertzale a failli emporter la mairie d’Ustaritze; commune en pleine expansion, qui a eu à gérer un afflux de population très important ces dernières années. Le mouvement abertzale est ainsi en passe de devenir une force politique alternative crédible en Iparralde. Et c’est bien évidemment pour cela que certains politiques locaux du PS ou des Verts s’inquiètent de voir une formule comme EH BAI se pérenniser dans l’avenir. La clé de notre réussite réside dans l’union et dans le fait de persévérer dans une tâche qui consiste à rendre le mouvement abertzale le plus audible et le plus visible possible dans le panorama politique d’Iparralde. Cela implique d’être présents en tant que tels à l’occasion des premiers tours des différents rendez-vous électoraux. Cela est vrai aussi au niveau du BAB, où j’estime que notre plus grosse difficulté d’enracinement est due à une image totalement brouillée quant au fait de savoir si les abertzale défendent ou non un projet sincèrement ancré à gauche. Maintenant, il est bien évident que nous ne réussirons sûrement pas à changer les choses tous seuls. Face à de véritables opportunités de changement, les débats sur des possibilités d’accords aux seconds tours se posent. Et si on reprend à cet égard l’exemple d’Ustaritze, c’est bien par le biais d’un accord avec des sensibilités de gauche non abertzale que la mairie a été à deux doigts de changer de mains en 2008. Malheureusement, ce cas-là et d’autres encore, nous ont montré que certains qui vont jusqu’à se poser aujourd’hui en partenaires potentiels des abertzale dès le premier tour, n’ont pas su faire preuve de responsabilité quand des possibilités de changement se sont présentées par le passé. Et ce n’est pas Mr Maitia qui me contredirait… C’est pour cette raison que les débats concernant les accords de second tour sont compliqués. Mais là encore, si ces débats sont menés ensemble, au sein d’un cadre qui nous rassemble et qui offre la possibilité aux militants de participer démocratiquement aux décisions, je n’ai aucun doute que le mouvement abertzale en ressortira renforcé. Pour moi donc, comme on dit, «il n’y a pas photo», ce cadre c’est EH BAI.