
Du 15 novembre au 2 décembre de cette année, l’association de défense des droits des habitants des quartiers et milieux populaires Alda se donne un nouveau défi de taille : remporter une nouvelle fois les élections des représentants des locataires HLM.
Il y a quatre ans, la toute nouvelle organisation Alda se présentait pour la première fois à ces élections associatives au sein du parc HLM. Après une campagne de mobilisation intense (quinze jours de porte-àporte massif à travers les quartiers populaires d’Iparralde, une conférence ayant réuni 500 personnes à Bayonne, et la constitution de deux listes de candidates et candidats locataires chez Habitat Sud Atlantic et Office 64), Alda avait remporté haut la main ces élections : elle avait obtenu la majorité absolue chez HSA et était arrivée première chez Office 64 en n’ayant fait campagne que sur la partie basque du département. Ce premier mandat a permis à Alda d’obtenir de nombreuses victoires matérielles et immatérielles.
Faire entendre nos voix
Le mandat d’Alda en tant que première association représentante des locataires ne se résume pas au fait d’avoir trois administrateurs chez HSA et deux chez Office 64 qui siègent dans plusieurs instances (commissions d’attribution des logements dites Caleol, bureaux, conseils d’administration, conseils de concertation locative) : non, sa force réside dans l’organisation qui s’est mise en place ces dernières années pour s’assurer que la voix des locataires du Pays Basque soit entendue et pèse au sein de ces instances. Car Alda est profondément ancrée dans le terrain.
« La force d’Alda réside dans l’organisation qui s’est mise en place ces dernières années pour s’assurer que la voix des locataires du Pays Basque soit entendue et pèse au sein de ces instances. Car Alda est profondément ancrée dans le terrain. »
Chaque semaine, une équipe de bénévoles travaille au sein de la commission “Batailles du quotidien parc social” pour accompagner toutes les personnes logées dans le parc social qui sollicitent le soutien d’Alda. Cela permet d’identifier les tendances, les problèmes récurrents, et d’organiser collectivement les gens pour défendre leurs droits : c’est ainsi qu’Alda a identifié les problèmes d’humidité qui frappent de nombreux locataires ou le manque d’accessibilité de certains logements aux personnes en situation de handicap ou âgées. Des collectifs de quartiers (au nombre de six désormais, répartis entre Bayonne, Anglet et Saint-Jean-de-Luz) se sont petit à petit structurés pour identifier leurs besoins à l’échelle de leur quartier, se former et s’organiser pour obtenir des changements concrets. Des dynamiques collectives d’habitants ont également spontanément contacté Alda (près de 36 depuis sa naissance) pour obtenir du soutien dans leurs revendications communes. C’est le dialogue constant entre ces structures de terrain et les élus représentants des locataires qui donne à Alda sa légitimité à agir au sein de ces instances, qui permet d’en comprendre au mieux le fonctionnement, et de cerner les problèmes collectifs sur lesquels agir.
Remporter des victoires
Et c’est ce qui a permis qu’en quatre ans, le bilan d’Alda au sein du parc social soit particulièrement marquant.
« Plusieurs réhabilitations de logements, de résidences, voire de quartiers vétustes, ont été obtenues ou annoncées là où des collectifs Alda se sont mobilisés. »
De véritables victoires structurelles ont été remportées, comme la mise en place d’une Bourse d’échange des logements, sorte de Bon Coin du logement social, qui permet aux locataires désireux de changer de logement d’entrer directement en contact avec d’autres locataires, et de fluidifier ainsi les mutations dans le parc social (à cause de la saturation du parc, près de 4 000 locataires sont en attente de mutation et continuent d’habiter dans des logements trop grands, trop petits ou inadaptés à leur situation).
Plusieurs réhabilitations de logements, de résidences, voire de quartiers vétustes, ont été obtenues ou annoncées là où des collectifs Alda se sont mobilisés (Cam de Prats – 215 logements, Habas la Plaine – 368 logements, Lespès – 158 logements) : un vrai défi en Iparralde où le parc HLM est vieillissant et où plus de fonds doivent être débloqués pour la réhabilitation. Des victoires concrètes ont été obtenues à l’échelle de quartiers comme au Séqué à Bayonne, où les logements étaient devenus de véritables bouilloires thermiques l’été et des volets ont été installés, ou bien à l’échelle de bailleurs sociaux comme chez HSA qui a supprimé le forfait de 200 € automatique à la charge du locataire pour adapter sa douche. Sans compter les nombreuses victoires individuelles : telle personne qui a obtenu des travaux adaptés à son handicap, telle personne qui a pu changer de logement, ou bien encore telle autre qui a obtenu une prise en charge de l’assainissement de son logement ; la liste est longue.
Travail de conscience
Mais Alda s’est également mobilisée pour faire évoluer les consciences. L’association a toujours refusé l’infantilisation des locataires (dont peuvent parfois faire preuve certains), exigeant que leur parole soit entendue, et écoutée. Les représentants des locataires ne sont pas majoritaires au sein des conseils d’administration (ils sont cinq dont trois d’Alda sur les 25 membres du CA d’HSA par exemple); mais ce travail de conscience est justement ce qui permet de faire évoluer les pratiques.
« Alda s’est également mobilisée pour faire évoluer les consciences. L’association a toujours refusé l’infantilisation des locataires, exigeant que leur parole soit entendue, et écoutée. »
C’est notamment en s’assurant que les décisions ne soient pas prises pour un quartier, une résidence, sans consulter les premiers intéressés, à savoir les locataires, qu’il est possible de lutter contre le sentiment de déclassement et de défaitisme, qui font le lit du repli sur soi et du rejet de l’autre. Mais c’est aussi en recréant du lien. Le travail des collectifs de quartiers d’Alda a joué sur deux tableaux : revendiquer des changements d’une part, mais ne pas systématiquement attendre que ceux-ci arrivent d’en haut, de l’autre. Et c’est en recréant du lien entre les habitants, au sein des quartiers, que peut se remettre en place une véritable solidarité collective qui permet de sortir du “chacun pour soi”, de créer de l’entraide et de retrouver une capacité de peser. Goûters de Noël, chasse aux oeufs, vide-greniers, fêtes de quartier : de nombreux événements ont ainsi rythmé la vie de plusieurs quartiers depuis la naissance des collectifs.
Rendez-vous à la rentrée
Ce premier mandat prendra fin à l’automne, les élections des représentants des locataires HLM ayant lieu tous les quatre ans. Alda est en train de constituer des listes de candidates et candidats, à travers tout Iparralde : si vous êtes locataires ou connaissez des locataires motivés au sein de Habitat Sud Atlantic, Office 64, CDC Habitat, ICF Habitat, n’hésitez pas à le signaler à Alda (info@alda.eus) !
Cette deuxième élection est chargée de sens pour Alda : il s’agit de prouver que ses méthodes de terrain payent et convainquent les locataires du parc HLM d’Iparralde qu’elle défend au quotidien.

La campagne s’annonce tout aussi intense et riche en enseignements que la précédente : elle se préparera dès septembre avec plusieurs temps forts. Le 31 octobre, une édition spéciale d’Auzolan – Journée du droit au logement, se tiendra à la Maison des associations de Glain à Baiona, avec un programme inédit (super loto géant, conférences, concerts, animations pour enfants, etc.) et pour thématique le logement social.
Pendant près de trois semaines, à partir de mi-novembre, une vaste équipe de bénévoles ira à la rencontre des habitantes et habitants du territoire pour présenter le programme élaboré depuis des mois en consultation avec les locataires, et les candidates et candidats. Car si de nombreuses avancées ont été obtenues, il ne faut rien lâcher : renforcer les liens de proximité entre les locataires et le bailleur social, renforcer la transparence notamment dans l’accession sociale, renforcer les services de proximité pour lutter contre les quartiers dortoirs, obtenir plus de financements pour la réhabilitation du parc… Les enjeux sont nombreux.
Participer à cette campagne de mobilisation sera une expérience particulièrement formatrice pour se former au travail de terrain, de porte à- porte et de “community-organizing” (ou auto-organisation collective) mené par Alda durant ces dernières années, le tout dans une ambiance particulièrement conviviale. Rendez-vous à la rentrée !
