Lurrama

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C’est peu dire que Lurrama, le salon de l’agriculture paysanne et durable du Pays Basque, a trouvé son pu-blic. La 7ème édition qui s’est déroulée à la Halle d’Irati à Biarritz l’a confirmé. Le pari d’Ehlg d’amener la campagne basque à la ville est gagné. Une foule considérable de tous âges, notamment de très nombreux jeunes parents avec leurs enfants, est venue découvrir les productions de l’agriculture familiale du Pays Basque, le week-end dernier.
Le transfert du salon, l’an passé, de Bayonne à la Négresse aurait pu entraîner une désaffection du public. Il n’en avait rien été, bien au contraire. Le succès de l’édition de cette année a conforté les organisateurs dans la pertinence de leur choix. Le salon a pris ses aises dans cet immense espace couvert qui permet de concentrer dans un même lieu les expositions animales, les stands des producteurs, les repas du midi et du soir, les bars, les conférences et les débats, les projections des documentaires, les animations pédagogiques ou encore les jeux pour enfants. Le temps pluvieux, qui ressemblait comme des myriades de gouttes d’eau à celui de l’année dernière, loin de rebuter le public a semblé, au contraire, drainer vers la Halle un nombre considérable de familles trop heureuses de partager, au sec et au chaud, d’agréables moments
de convivialité. 2.000 enfants des écoles avaient ouvert la voie pour participer aux ateliers pédagogiques du vendredi.
On comprend la satisfaction de Didier Borotra au moment des discours inauguraux, se félicitant de mettre la Halle à la disposition de Lurrama. A la notable exception de Herri Urrats, aucun autre événement n’attire en effet autant de visiteurs en Iparralde. Il faut rendre hommage aux centaines de bénévoles fidèles et désintéressés qui, année après année, assurent le bon déroulement de la manifestation.
Le succès populaire s’est doublé, cette an-née, d’un retentissant succès politique pour les tenants de la reconnaissance de la spécificité de l’agriculture familiale basque. Par sa visite de vendredi, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, a posé un acte politique fort. Certes son discours sur les négociations en vue de la nouvelle PAC —thème choisi pour la 7ème édition de Lurrama— a semblé convenu aux participants (peut-il en être autrement de la part d’un ministre dans l’exercice de ses fonctions?). Il n’empêche qu’après des années de harcèlement, de mensonges, de vrais et faux procès du gouvernement à l’encontre d’Ehlg, la venue du ministre marque un tournant. Personne ne s’attendait à ce qu’il annonce la création d’une chambre d’agriculture du Pays Bas-que, ni même qu’il tresse des lauriers à ELB et Ehlg pour le travail exemplaire accompli en faveur des petits paysans basques et le maintien d’une agriculture diversifiée plus respectueuse de la nature et des consommateurs. Mais, même si M. Le Foll n’a pas participé, comme il était initialement prévu, à la très intéressante table ronde sur la future PAC qui a réuni l’eurodéputé José Bové, Aurélie Trouvé chercheuse en agronomie, vice-présidente d’Attac et marraine de Lurrama cette année, autour de Mixel Berhocoirigoin, président d’Ehlg et Maryse Cachenaut, présidente de Lurrama, sa présence au salon vaut tout de même caution.
Et les (ir)responsables locaux de la FNSEA, bien secondés par le digne successeur du préfet Rey, l’ont bien compris, qui ont tenté de kidnapper le ministre pour la journée afin de réduire l’impact de sa visite à Lurrama. On les comprend. La très remarquée participation de Maryse Cachenaut à l’émission des Racines et des Ailes, mercredi sur France 3, et la présence du ministre à Lurrama le surlendemain, constituaient un plat médiatique plus difficile à digérer encore que la nourriture industrielle, garantie OGM et pesticides, dont ils sont les ardents défenseurs.