
Dimanche dernier, les électrices et électeurs des 158 communes d’Iparralde étaient appelés à se rendre aux urnes pour le premier tour des élections municipales. Ce dimanche 22 mars, un second tour aura lieu dans 11 communes et dans chacune d’entre elles, un bulletin comportant des abertzale sera présent sur les tables près des isoloirs.
Le premier tour a confirmé une réalité désormais installée : le courant abertzale de gauche est durablement implanté dans le paysage politique d’Iparralde. Dans de nombreuses communes, des listes abertzale ou soutenues par des abertzale ont réalisé des scores significatifs, parfois historiques. Cette dynamique est le fruit d’un travail de fond mené depuis des années, au plus près du terrain, dans les associations, les alternatives locales, les projets concrets.
Mais dans les 11 communes où aura lieu un second tour, c’est ce dimanche 22 mars que tout va se jouer. Si le premier tour a permis de mesurer un rapport de force, c’est lors du second tour que va se décider qui va exercer les responsabilités pendant les six prochaines années.
Faire élire un maire abertzale à Baiona
Si le BAB a souvent été considéré comme une “terre de mission” pour les abertzale, les bons résultats d’Hemen Angelu dimanche dernier méritent d’être concrétisés dimanche prochain sur Baiona, Biarritz et Bokale.
A Baiona, Jean-Claude Iriart et la liste Baiona Mugimenduan ont réussi la fusion avec Henri Etcheto afin de proposer une alternative de gauche aux bayonnais. La liste d’union Elkarrekin Baionarentzat-Rassemblés pour Bayonne est le fruit d’un travail obstiné qui est parvenu à surmonter les divergences d’hier. Après plusieurs élections où la gauche a été divisée et un mandat sans élu abertzale, il s’agit là d’une occasion historique de porter aux responsabilités dans la capitale d’Iparralde, un maire abertzale, de gauche et euskaldun. Le choix fait par les abertzale il y a six ans a d’ailleurs contribué à créer la situation porteuse d’espoir actuelle. Une autre étape s’est produite en juillet 2024, qui a vu pour la première fois l’élection de trois députés de gauche en Iparralde, dont l’abertzale Peio Dufau.
Une victoire à Baiona dimanche passera par une mobilisation massive, tout comme à Biarritz où Ana Ezcurra et Biarritz Berri ont obtenu un score élevé qui, rejoint par Guillaume Barucq, pèsera fortement sur le second tour. A Bokale, la liste menée par Mathieu Horn, qui comporte des abertzale, est arrivée en tête du premier tour et entend confirmer la dynamique pour gagner la mairie.
Dimanche, les regards se tourneront également vers Urruña, où la liste du maire sortant Filipe Aramendi est mise en ballotage. Voilà un défi comme notre mouvement sait les relever ! L’écart avec la liste arrivée en tête est très réduit et tout est possible pour que cette commune et surtout les Urruñar puissent bénéficier de politiques progressistes pour les six prochaines années.
Construire l’alternative dès dimanche prochain
Pour continuer le tour des communes, à Hendaia, Maule, Azkaine et Arbona, les listes comportant des abertzale sont secondes, en position de faire basculer ces mairies. Là aussi, il s’agira de rassembler large pour montrer que nous avons plus que jamais besoin de municipalités qui portent des projets répondant pleinement aux attentes de la population sur les questions sociales, de logement, d’aménagement du territoire mais aussi en ce qui concerne les enjeux climatiques et linguistiques.
Faire entrer davantage d’abertzale dans les exécutifs municipaux, ce n’est pas symbolique. C’est changer la manière dont les communes sont gérées. C’est donner des marges de manœuvre à des politiques publiques plus cohérentes avec les enjeux du territoire.
Enraciner le mouvement et préparer l’avenir
Enfin, à Donibane Lohizune, Kanbo et Beskoitze, les listes ayant reçu le soutien du mouvement abertzale de gauche sont troisièmes. Pour autant, penser que l’enjeu serait moindre est un piège dans lequel nous aurions tort de tomber. Comme ailleurs, les résultats seront scrutés de près et on a déjà vu des situations où l’équation est renversée entre les deux tours. Et même si dimanche soir ces communes ne basculaient pas, il n’en reste pas moins que construire des oppositions fortes, constructives, porteuses de propositions novatrices et ambitieuses représente un défi majeur. Il convient également de ne pas oublier que parvenir à être le premier groupe d’opposition donne parfois accès à une représentation à la CAPB, qui est le prochain rendez-vous de ses élections, le fameux “troisième tour”.
Il ne s’agit plus seulement d’exprimer une adhésion, mais de permettre à des équipes engagées de peser réellement dans les décisions. Là où des abertzale de gauche sont en capacité de l’emporter, chaque voix comptera. Là où des équilibres sont fragiles, la mobilisation peut faire basculer une majorité et préparer l’avenir.
Chaque voix comptera. Chaque abstention pèsera. Le premier tour a montré que nous sommes nombreuses et nombreux. Le second tour doit montrer que nous sommes déterminé·es.

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