Depuis ses débuts en 1996, jusqu’à aujourd’hui 30 ans après, le festival EHZ est un lieu où sont abordées, partagées et travaillées des thématiques aussi différentes qu’enrichissantes. Pour ma part, j’ai toujours apprécié que la thématique de la santé humaine y trouve sa place d’une manière ou d’une autre.
Des dangers de la dépendance aux drogues abordée surtout les premières années à Arrosa, jusqu’à ce débat sur la santé psychique évoqué lors d’une conférence dans le hangar du Domaine Garro à Mendionde, en passant par l’introduction de produits bios et locaux dans l’offre alimentaire initiée surtout lors du festival à Idaux-Mendi, ce ne sont que quelques exemples concrets de cette nécessité de réfléchir collectivement à ce thème qui nous touche tous-toutes.
EHZ est ainsi un lieu de fête tout en étant un espace de réflexion profonde, d’expérimentation d’alternatives, de diffusion de solutions possibles.
J’en veux pour preuve la mise en place lors du festival de 2004 à Idaux-Mendi d’un espace bar-repas dans lequel l’offre était 100% bio. Même si cela paraît évident aujourd’hui en 2026, ce n’était pas du tout le cas 22 ans auparavant. Bière bio des Hautes-Pyrénées, burgers végétariens, talos bio au maïs arto gorri… Il n’en fallait pas plus pour prouver que produire et consommer bio/local est non seulement possible mais nécessaire. Depuis, cette offre a été généralisée dans tous les espaces du festival. Milesker gazteak!
A la veille du débat parlementaire à Paris sur la loi Duplomb 2, durant lequel certains parlementaires souhaitent réintroduire un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, l’acétamipride, toute alternative locale pour une agriculture et une alimentation respectueuses des habitant-es est plus que nécessaire.
Notre territoire Iparralde n’est pas épargné par exemple par l’augmentation des cancers. Selon le Dr Mathias BRUGEL gastro-entérologue au Centre hospitalier de Bayonne et épidémiologiste, le nombre de cas du cancer du pancréas en France a été multiplié par deux chez les hommes en 30 ans, et multiplié par trois chez les femmes. Les causes environnementales sont suspectées. Les cas de la maladie de Parkinson se développent chez les agriculteurs et le lien avec l’utilisation des pesticides par ces derniers est abordé, y compris par la MSA, couverture sociale des paysan-nes. La France a, en 2012, été le premier pays à reconnaître la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle pour les agriculteurs et viticulteurs exposés aux pesticides.
Le terme « d’épidémie » est utilisé pour qualifier l’augmentation des cancers pédiatriques. Ainsi les liens entre l’agriculture intensive, grande utilisatrice de pesticides chimiques, et l’augmentation des cas de cancer sont de plus en plus documentés. Comme le dit si bien Fleur BREUTEAU, cette femme au crâne chauve (à la suite de deux cancers) ayant hurlé sa colère le 8 juillet 2025 au parlement lors du vote de la loi Duplomb 1 en prononçant la phrase « vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir », le cancer est politique. Elle l’explique dans son livre édité récemment, « Cancer Colère », (édition du Seuil).
Il me semble que le festival EHZ doit continuer à être comme il l’a toujours été, cet espace d’éveil des consciences, d’écoute des témoignages, de diffusion des alternatives, de co-construction d’un monde meilleur. EHZ est bon pour la santé.
A consommer sans modération.
