
Enbata publie ci-dessous la réponse de Joseph Bergara à la tribune libre « Dérive de gouvernance à Herkide », reçue par courrier le 3 septembre. Enbata étant un media dont l’équipe de gestion administrative est entièrement composée de bénévoles, et le traitement du courrier ayant pris du retard à la rentrée, Enbata n’a pris connaissance que tardivement de la demande de Joseph Bergara, et a décidé lors de son comité de rédaction suivant de le publier, comme c’est son habitude pour chaque demande de droit de réponse. Depuis l’envoi de cette demande de droit de réponse, Enbata a reçu une citation à comparaître pour diffamation devant le Tribunal Correctionnel de Bayonne.
« La tribune libre signée par des membres de l’association Herrikolektiboa que votre média a publié le 22 juin 2026 quelques jours avant l’assemblée générale de la société Herkide, sans proposer d’y apporter le contradictoire, contient des propos graves et inexacts qui me visent personnellement, ce qui m’oblige à demander les rectifications qui suivent.
M’imputer des actions contraires à l’intérêt social d’Herrikoa en profitant notamment de mon mandat de président d’Herkide relève de la gageure et ne résiste pas à la réalité des faits.
Le seul « pouvoir » que j’ai exercé, est celui qui m’a été conféré par la loi et les statuts de la société Herkide en ma qualité de président nommé à l’unanimité de ses associés.
Il n’y a eu ensuite aucune influence ou mainmise personnelle de ma part sur la gestion d’Herrikoa. Depuis l’adoption – sur proposition du conseil d’administration à l’unanimité de ses associés en 2013 – du statut de société en commandite par actions (SCA) à capital variable dont l’originalité est de dissocier le pouvoir de gestion de la détention du capital, les actionnaires d’Herrikoa ne sont plus les seuls décisionnaires puisque les décisions fondamentales touchant au contrat social de la société et aux modalités de la gérance sont soumises à l’accord conjoint des actionnaires et de l’associé commandité Herkide.
Depuis l’adoption de ce statut, c’est en revanche la gérance d’Herrikoa qui est seule et toujours habilitée à accomplir les actes de gestion les plus étendus et à diriger la société au quotidien, notamment dans ses choix de mobiliser l’épargne de ses sociétaires dans les fonds propres des PME implantées en Pays basque. Rappelons à cet égard une autre précaution qui veut que le gérant soit obligatoirement une personne physique choisie en dehors des mandataires sociaux d’Herkide (art. 19 des statuts).
Factuellement encore, la gestion d’Herrikoa s’exerce sous le contrôle permanent du Conseil de surveillance de la société, lequel est composé exclusivement de sociétaires (dans lequel les petits épargnants personnes physiques sont majoritaires) et qui dispose à cet effet des mêmes pouvoirs d’investigation que les commissaires aux comptes. De plus, toute décision d’engagement financier supérieur à 50 K€ est obligatoirement soumise à son autorisation préalable (art. 23 et 30 des statuts).
En somme, la gouvernance d’Herrikoa est composée de deux organes qui garantissent une séparation claire des pouvoirs de gestion et de contrôle, ce qui empêche précisément toute dérive liée à la concentration du capital social dans le respect des valeurs coopératives qui nous animent tous.
J’en viens enfin au mauvais procès médiatique qui m’est fait s’agissant de la candidature de mon fils à la présidence d’Herkide au terme de mon mandat.
A l’origine, la décision d’augmenter le capital social de la société en 2022 {introduction du fonds de dotation Geroa créée en 2018) relevait du vote de la collectivité de ses associés et non de moi-même qui n’avait aucun pouvoir de décision sur ce choix. Et c’est en parfaite connaissance des tenants et aboutissants que l’assemblée générale extraordinaire a décidé à l’unanimité de son admission.
Dès lors et puisqu’il me faut aussi répondre sur ce point, en termes de majorité, même à 6 associés, des majorités peuvent se dégager : par exemple 5 contre 1, ou 4 contre 2. Et un vote à l’unanimité n’est pas interdit !
Contrairement ensuite à ce qui est affirmé, mon fils a de son propre chef soumis sa candidature au vote souverain de l’assemblée des associés de la société, ce qui est son droit le plus élémentaire. Le fait que la présidence de la société devenait vacante (et elle l’est encore aujourd’hui!) en l’absence de postulants ou que ce dernier puisse être légitime à candidater, n’est pas tout de même de mon fait.
En conclusion, les allégations de confiscation de pouvoir dans une logique patrimoniale n’ont aucun sens et me heurtent personnellement, ce que votre lectorat pourra aisément comprendre au regard de mon parcours militant au service du bien collectif en Iparralde depuis 46 ans ».
