50 ans dans le rétroviseur

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Michel Etchebest,
chef d’entreprise, maire de Mauléon

Dans Enbata 2167, la présentation de l’évolution démographique du Pays-Basque, d’après le remarquable travail de Pierre Laborde, éclaire très bien mon esprit: en Pays-Basque, deux types de territoires avec deux problématiques différentes co-existent.
D’une part, et sous l’influence de la Côte Bas-que sujette au phénomène mondial de littoralisation et d’urbanisation, se trouvent des territoires satellites, captifs. On peut aujourd’hui habiter jusqu’à 40 minutes de voiture de Bayonne, aller y travailler, et repartir donc loger ensuite à Garazi, Saint-Palais ou Ondres d’ailleurs! C’est la réalité actuelle. Que 55 % des actifs du pays d’Hasparren travaillent hors de leur Communauté de communes, résume bien l’influence côtière. L’autre phénomène étant la flambée de l’immobilier, avec une conséquence comme à Anglet, qui vient de subir la perte de douze instituteurs en trois ans, car moins d’enfants dans cette commune où la majorité des arrivants sont des retraités ayant les moyens de venir y habiter. Ici “Herria ez da salgai” trouve sûrement tout son sens!
D’autres problèmes sont aussi posés comme le manque de terrains constructibles, des lotissements avec peu de vie en semaine, un lien social plus difficile, etc.
Par contre vivre en Ostibarre, aux Aldudes, en Soule… implique aussi d’y travailler pour la grande majorité des actifs, et là, tout se complique bien sûr. Nous sommes dans le cas de vallées de montagne, à l’environnement préservé certes, mais qui doivent trouver les solutions par elles-même mais aussi leur propres ressources financières pour les équipements publics, les infrastructures, la dynamique économique, etc. Avec des revenus plus faibles, poids démographique oblige, pour assurer des services obligatoires tels que crèches, soins à domiciles, portage de repas, médecine de « ville » etc., les limites sont malheureusement vite atteintes. Et pourtant, la solution, dans les territoires de l’intérieur, passe par l’investissement en général, et à tous les niveaux.
Et concernant l’habitat, le problème est plutôt de trouver des acheteurs pour des maisons, acheteurs qui devront en même temps investir dans leur réhabilitation.
J’en arrive à cette contradiction que je citais en introduction: deux réalités différentes, avec une zone qui doit absolument contrôler un afflux de population perturbateur, et une autre zone, jardin et carte postale du Pays-Basque qui doit investir pour garantir son avenir!
Qui peut imaginer un territoire avec une côte bétonnée, à l’immobilier inabordable, et un intérieur avec des zones affaiblies et appauvries?
Arrive alors la question fondamentale: comment apporter les réponses aux deux problématiques sans collectivité de plein exercice, en capacité d’influer réellement sur le cours des choses? Car seules des décisions politiques arriveront à loger nos jeunes sur la côte et investir suffisamment dans les zones fragiles!

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