Le canton d’Iholdy peut donner un second conseiller général abertzale

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Enbata: Quel est votre cheminement vers l’abertzalisme? Daniel Olçomendy: Mon sentiment “euskaldun” a germé au lycée puis l’éloignement au cours de mes études de Sciences naturelles à Poitiers a contribué à nourrir ma conscience liée à Euskal-Herria.
Installé professionnellement (enseignant au lycée Villa Pia à Bayonne en 1999) et personnellement (à Ostabat-Asme), j’ai voulu m’investir localement et je me suis engagé au sein du conseil municipal. Puis ma première véritable expérience militante au sein de l’association LEIA qui a lutté contre le projet de «couloir à camions transnavarrais» va me marquer. J’ai découvert les vertus de la militance, des personnes qui donnent sans compter pour l’intérêt collectif, pour un idéal de société. J’ai également découvert les critiques faciles par derrière, des gens qui veulent toujours être du côté du pouvoir même si leur territoire est en danger.
Depuis, j’ai choisi mon camp: celui des convictions, de l’engagement et du travail de terrain. Je suis aujourd’hui maire d’Ostabat-Asme, investi à la Communauté des communes d’Iholdi-Oztibarre et membre du bureau du Syndicat Bil Ta Garbi.

Enb.: Comment a débuté la réflexion sur les enjeux de ces élections et le besoin de faire un travail de groupe et de proximité dans le canton?
D. O.: La réflexion sur les enjeux de ces élections a débuté entre huit élus qui redoutaient la division du message abertzale comme il y a 6 ans. Dans un canton très ancré à droite, il nous semblait fondamental de porter un discours pragmatique et unitaire. Nous avons immédiatement invité les militants à participer à «la dynamique abertzale pour le canton». Une centaine de militants a participé à nos réunions.

Enb.: Comment a été expliqué le choix de la formule EH Bai dans le canton?
D. O.: Le choix de la formule EH Bai s’est fait naturellement car il correspondait à l’esprit collectif de notre démarche initiale et aux convictions de la très grande majorité d’entre nous (expérimentés, nouveaux militants, encartés ou à un parti politique). Il y a une véritable synergie qui s’opère. Les militants de Batasuna et AB du canton apportent cette dose d’expérience nécessaire pour des élections cantonales. Tous ensemble, nous pouvons porter l’alternative.

Enb.: Comment les candidats se sont-ils décidé à s’impliquer dans cette campagne? Comment s’est élaboré le programme de campagne?
D. O.: Les premières réunions ont été consacrées au contenu de notre campagne sans même évoquer des noms de candidats. Nous avons mis en place trois groupes de travail: un groupe en relation directe avec le programme de campagne, un autre chargé de l’animation et de la communication et un dernier plus politique qui se charge d’assurer le lien avec la coalition EH Bai. Nous avons fonctionné en «retour de travail» en séance plénière.
Rapidement, nous avons par la suite mis en place un bureau qui se réunit chaque semaine.
Portés par cette dynamique, les candidats sont donc des «porte-paroles» d’une démar-che collective. Nous avons été élus avec Anne Pagola par une assemblée plénière le 16 décembre.

Enb.: Quelles sont les revendications clé?
D. O.: Le programme se décline:
- Au niveau local: nous voulons être les porte-parole des communes, des maires et élus municipaux, des associations et des entreprises. Le conseiller éénéral se doit d’être un relai privilégié et «dynamisateur» entre les collectivités et les acteurs de notre territoire qui participent au lien social et bâtissent notre communauté. Nous devons être à l’écoute des voix qui s’élèveront pour exprimer des préoccupations ou formuler des propositions nouvelles.
- Au niveau global: nous voulons être les porte-parole de nos aspirations pour le Pays Basque. Vivre, travailler et aussi décider au pays suppose le respect de nouveaux droits pour construire ensemble. Le Pays Basque doit se construire lui-même, en se dotant des outils dont il a besoin (institution spécifique, officialisation de la langue basque, Chambre d’agriculture, Université de plein exercice…). Nous devons porter au débat les questions concernant le Pays-Basque, sa reconnaissance et son respect.
D’ ailleurs dans notre programme, la charte EH Bai se décline en «modules» associés aux propositions locales et non pas en bloc sur une page à part. Nous sommes animés par la volonté de maintenir le lien avec la population tout en présentant l’alternative abertzale.

Enb.: Quels sont les soutiens reçus par votre candidature? Comment les “recevez”-vous? Sont-ils issus de rencontres préalables ou la contre-partie d’engagement futur en cas de victoire?
D. O.: Nous avons l’honneur de défendre le projet d’Euskal Herria Bai, un projet abertzale de gauche. On ne peut que se féliciter qu’Europe-Ecologie ou les Socialistes aient appelé à voter pour Euskal Herria Bai dans le canton d’Iholdi-Oztibarre: cela prouve que le projet abertzale de gauche est non seulement crédible, mais qu’il gagne de l’adhésion bien au-delà du cercle des abertzale de toujours. Cet appel à soutien ne repose cependant sur aucun accord politique; c’est une décision propre à ces deux partis.

Enb.: Comment envisagez-vous la campagne de terrain des prochaines semaines?
D. O.: La campagne de terrain a commencé. Dans chaque village, nous sommes accompagnés avec Anne par un relai militant du village qui assure le lien. Une fois de plus le travail collectif est porteur de sens, d’efficacité et de cohérence. L’alternative se construit collectivement. Il s’agit d’une expérience très riche.

Enb.: Quel sera le rôle/l’importance d’un nouveau conseiller général abertzale à Pau pour Iparralde?
D. O.: L’importance d’un nouveau conseiller général abertzale à Pau est capitale. Nous devons aussi construire et porter le message du Pays-Basque à Pau.

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