Notre langue est toujours en danger

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Max Brisson premier vice-président du conseil départemental

Enbata a sollicité les quatre principales listes en présence pour les élections régionales, sur les sujets qui tiennent à coeur aux abertzale. Voici les réponses de Max Brisson premier vice-président du conseil départemental.

« La ratification de la charte européenne donnerait un cadre légal renforcé aux langues régionales mais ne règlerait pas pour autant la question de la pérennité de l’Euskara. Malheureusement contrat territorial Pays Basque n’apporte pas de réponses à la hauteur de cet enjeu. On a laissé passer ce temps fort. Les autres contractualisations avaient pourtant été  l’occasion de belles avancées. Je suis en ce qui me concerne engagé avec passion en faveur d’un EPCI unique. Nous disposerons enfin d’une institution unique et démocratique à l’échelle du Pays Basque, et pour la première fois l’Etat n’est pas un frein mais un facilitateur car notre dynamique s’inscrit cette fois dans un cadre national. »

Malgré l’avis négatif de l’enquête publique et de la Cour des comptes, le gouvernement vient cependant de programmer la LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Quelle est la position de votre liste sur cette LGV ?

La liste “Génération Nouvelle Région” conduite par Virginie Calmels, et soutenue par Les Républicains, l’UDI et le MoDem, est favorable au prolongement de la ligne à grande vitesse au sud de Bordeaux. Elle n’en  dénonce pas moins une annonce essentiellement électoraliste sans plan de financement et certainement sans possibilité d’ouverture de travaux avant de longues années. Pour autant, si la construction d’une voie  nouvelle jusqu’à Dax est souhaitable, nous nous opposons à toute construction nouvelle au sud de cette ville. Nous préférons que soit plutôt envisagée l’amélioration des lignes existantes Dax-Bayonne-Hendaye et Dax-Orthez-Pau. À un horizon plus proche des préoccupations de nos concitoyens, la requalification et le cadencement des lignes TER, où l’Aquitaine et notre département en particulier ont beaucoup de retard, et qui nécessite un spectaculaire rattrapage, tout comme l’augmentation du nombre de TGV desservant, dès aujourd’hui, Orthez et Pau, mais aussi Bayonne et les gares du Pays Basque nous semblent des combats et des choix du futur Conseil régional bien plus indispensables pour les Basques et les Béarnais dans leur vie quotidienne.

Quelle est votre position sur le statut éventuel de l’euskara dans le cadre français et européen ? De même, quelle est votre position sur l’élargissement de l’action de l’Office Public de la Langue Basque ?

La ratification de la charte européenne donnerait un cadre légal renforcé aux langues régionales mais ne règlerait pas pour autant la question de la pérennité de l’Euskara. Certes beaucoup a été fait depuis 10 ans mais notre langue est toujours en danger. Or, le contrat territorial Pays Basque n’apporte pas de réponses à la hauteur de cet enjeu. On a laissé passer ce temps fort. Les autres contractualisations avaient pourtant été  l’occasion de belles avancées. Le chantier de la structuration qualitative de l’enseignement du basque et en basque est par exemple à peine évoqué dans le contrat alors que les questions au point mort sont légion:  évaluation des compétences, certification des examens, maquette de ces mêmes examens, formation des professeurs, expérimentation de l’immersion en maternelle publique et sa généralisation, parité horaire dans le secondaire. La voilure budgétaire n’est pas non plus satisfaisante.

Espérons que la Région sera plus offensive à mi-parcours du contrat au moment de sa révision pour entraîner les partenaires de l’OPLB sur une jauge à la hauteur des enjeux. Quant à l’OPLB il doit être conforté. Il est le lieu unique de l’élaboration d’une politique linguistique partagée. Cela dit, la constitution d’une Communauté d’agglomération Pays Basque ou d’une Communauté urbaine donnerait un souffle nouveau à cette  politique. Le territoire serait davantage moteur mais l’OPLB resterait utile pour associer l’Etat, la Région et le Département.

Le préfet vient de soumettre aux élus locaux sa proposition d’Etablissement Public Intercommunal (EPCI) unique pour l’ensemble d’Iparralde. Quelle est votre position à ce sujet ?

Sur ce sujet chacun peut se positionner comme il l’entend. Il n’y a donc pas de position unique de notre liste sur cette question. Je suis en ce qui me concerne engagé avec passion en faveur d’un EPCI unique pour trois raisons.

D’abord nous disposerons enfin d’une institution unique et démocratique à l’échelle du Pays Basque, et pour la première fois l’Etat n’est pas un frein mais un facilitateur car notre dynamique s’inscrit cette fois dans un cadre national. Elle est particulière par son ampleur mais pas unique ni même exceptionnelle.

La seconde raison s’appuie sur un constat: l’échelle du Pays Basque est la bonne pour traiter des sujets stratégiques. Le développement économique, les mobilités, l’habitat, la transition énergétique, la langue et la culture, le transfrontalier autant de politiques publiques où le Pays-Basque n’a pas de stratégie unique et souffre de son morcellement.

Troisième raison enfin, et cette fois en lien avec les régionales de décembre, dans une région XXL de la taille de l’Autriche il faudra peser. Uni le Pays Basque sera la seconde intercommunalité de la nouvelle région, divisé il ne comptera plus. C’est un moment historique il faut le saisir et faire preuve d’audace.

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