Economie, économies, sujet de spécialiste ou bon sens ? par Pantxoa Bimboire

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J’ai été récemment pris à partie par deux amis journalistes qui signalaient, tour à tour, le peu de connaissance économique des journalistes en général et la difficulté de tendre vers la vérité en la matière, avec une remarque désabusée sur «la situation française et européenne sur l’absence de solution pour sortir de la crise»…

Quelques données mondiales
liées à la géopolitique qui pèsent sur l’économie
Autant vous le dire de suite, mes connaissances en matière de macroéconomie sont plus que limitées. Sans doute, les lois de cette macroéconomie sont-elles, pour une bonne part, régies par les environnements géopolitiques dont on peut rappeler des caractéristiques en ce début de 21e siècle:
La population est trop nombreuse sur terre (ou la terre trop limitée, ce qui revient un peu au même), en regard avec les ressources terrestres et énergétiques fossiles, l’équilibre environnemental, et le niveau de démocratie collective.
Personne ne songe plus, ouvertement, à coloniser un espace ou un pays de «sauvages» qui n’existe pratiquement plus (les forêts amazoniennes et les terres gelées résisteront encore, mais jusqu’à quand?). Les groupes de pression écologiques (sensibles à des considérations nouvelles du type RSO (responsabilités sociétales des organismes) peuvent avoir une importance grandissante, mais ce n’est pas certain.
L’Europe, après avoir connu une expansion no-table fondée sur une politique coloniale sans vergogne, pendant 300 ans, ne peut plus exercer cette prérogative «naturelle», fort heureusement.
La Chine continue à exercer une terreur mondiale avec une monnaie qu’elle refuse de réévaluer, avec une politique d’achat de foncier en Afrique et d’autres actions proches du pillage (ultra pêche, colonisation larvée, etc.), une agressivité commerciale dopée par des conditions sociales et écologiques désastreuses, un nationalisme dangereux, une agression coloniale sur le Tibet. Elle se pique maintenant de racheter une partie de la dette européenne en donnant des leçons.
Les politiques des USA et de la Russie ne sont pas non plus angéliques (protection des marchés nationaux, politique étrangère plus fondée sur l’intérêt que sur les grandes idées, etc.).
L’Europe n’est pas une nation et n’a pas encore de désir collectif de destin commun, bien que les crises des Etats plaident pour ce rapprochement de politique. Il n’y a pas assez de symbole collectif fort. Par exemple, la France continue d’entretenir le culte des morts aux guerres de 14/18 et 39/45, alors qu’il aurait été possible de créer un jour des morts de toutes les guerres des peuples d’Europe.
Les nations imposent donc leurs politiques économiques et les outils de régulation sont encore trop timides. Le monde recourt donc à des échanges à somme nulle où quelqu’un s’appauvrit quand l’autre s’enrichit, où la baisse des coûts demandée par le marché a pour conséquence la concentration des moyens de production et où la puissance de l’ONU est encore trop limitée et trop timorée. Dans ce jeu de dupes, l’Europe divisée et avec ses avantages exorbitants face au monde extérieur qui souffre encore plus et qui a la rage de vivre, est appelée à décliner et à payer pour son colonialisme et son arrogance passés.
Dans ce pessimisme excessif, sans doute, con-seillerais-je donc à tout lecteur d’Enbata, à longue échéance, d’apprendre à cultiver bio, de peu dépenser, et de se munir seul, ou avec des bons amis, d’un lopin de terre pour assurer sa survie.

Voilà qui est dit,
autres nouvelles, pèle-mêle
Page 10 de l’Usine Nouvelle: la dette RFF continue de croître de 1 milliard par an (elle atteint déjà 30 milliards, celle de la SNCF 8 milliards).
Le ministre Cahuzac ne veut pas de la ligne LGV (Bordeaux-Bayonne), il semble clairvoyant.
L’Etat qui n’a pas de sous ne peut plus construire ses prisons (déjà surpeuplées: il faudrait trouver plus de 10.000 places). Il laisse les grands groupes type Vinci, Eiffage, le faire pour son compte et devient locataire. Le montant de ces locations atteint maintenant 500 millions par an.
L’Acba «ne veut pas payer» sa quote-part de la jonction Tours-Bordeaux, tant qu’elle n’a pas l’assurance que Bordeaux-Bayonne sera fait. Mais elle n’a pas entre ses mains la copie des accords entre le constructeur/gestionnaire de la ligne pour le compte de RFF qui prévoient que les risques de déficits d’exploitation seront garantis par les collectivités, pendant 50 ans!
Je pense l’avoir déjà exprimé, le poids politique des grands opérateurs financiers devient comparable à celui des Templiers. Faudra-t-il les brûler pour que la République devienne publique?

Batera, le 29 septembre dernier à la CCI
Nous y étions. Le texte à signer a posé problème. Il aurait dû être plus général. Pour rentrer dans le vif des champs de compétence, il y a encore du travail à mener. Avec beaucoup d’acteurs…
Mais l’enthousiasme et l’envie étaient au rendez-vous.

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