Victoires et modesties

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VrignonC’était hier, mais il semble déjà très loin, le temps où un élu s’imposait en patron, jaun eta jabe, dans les plus importantes communes du Pays Basque. Pour mettre entre parenthèses un instant la loupe déformante abertzale, prenons le cas de l’élection à Boucau. Elle a mis en relief plusieurs enseignements de ce scrutin. Même le personnage qu’est Francis Gonzalez n’a pas fait de sa victoire celle d’un camp contre un autre. Il a en revanche rappelé le dédain, et le mépris affichés par des candidats concurrents : la déconsidération d’un adversaire ne paye plus. Et sa large avance prouve qu’une étiquette politique ne suffit plus, pas plus que l’appareil d’un parti.

Certaines victoires, à Bayonne, à Biarritz, sont acquises sur des marges très faibles, plus confortables ailleurs comme à Anglet ou Hendaye, mais partout les listes majoritaires ont affiché un profil bas. Les campagnes électorales ont rappelé que l’attente est immense, en matière de logement et de transport, que les ressources sont faibles, et que le pouvoir politique se déplace lentement vers les communautés de communes, et d’agglomération.

Mais le véritable virage pour les abertzale, est ce rapprochement sur la pointe des pieds, vers les socialistes. Partiel, imparfait, fragile, mais global. C’est juste un début qui esquisse un nouvel équilibre politique. La décision des abertzale d’Hendaye de prendre en charge l’économie sociale et solidaire, prouve qu’il n’y a plus de problématique culturelle basque. La gestion d’une politique culturelle et linguistique basque n’est déjà plus le champ clos de l’abertzalisme politique des élus de toutes tendances l’assument et souvent bien.

Premier changement donc, des abertzale aux affaires, en tant qu’abertzale, à la tête de groupes pluriels à gérer, ou membres essentiels de tels groupes.

Deuxième nouveauté, il n’y a plus d’alliance avec la droite et le centre, si on laisse de côté le merle blanc biarrot. La question s’est posée pourtant, et elle a fait débat ; mais la direction prise par les listes soutenues par Euskal Herria Bai semble assez claire. Du coup, troisième conséquence, elle remet en question le positionnement des militants et des listes de gauche. Souvent sincères dans leur engagement républicain indissociable de la notion de gauche dans leur parcours politique, l’irruption du courant abertzale dépolarise leur nord politique. Au point de faire capoter des alliances. Ces municipales appellent donc les partis de la gauche traditionnelle à un repositionnement.

Enfin, les commentaires et les analyses de ce lendemain de scrutin portent sur les communes, les plus en vue, les plus faciles : celles de plus de 1.000 habitants, où le mode de scrutin met en évidence les rapports de forces entre familles politiques. Ils devront peut-être revus à la lecture des communes moins importantes, où les majorités ont basculé.

3 Commentaires

  1. AGUR
    Publié le 01/04/2014 à 07:35 | Permalien

    Agur
    A lire ce commentaire, on ne serait Abertzale que de de gauche. L’objectivité n’est pas de mise. Les participations du PNV EAJ ne sont que rarement citées et pourtant nombreux de ses membres participent à la vie de la commune dans les majorités municipales. Allez un peu d’effort et on va se rendre compte que la famille Abertzale est bien plus grande que certains gourous journalistiques veulent bien nous faire croire.

    • Etchezaharreta
      Publié le 01/04/2014 à 20:30 | Permalien

      Agur, « Agur » eta besteak!
      Effectivement, on ne peut être abertzale que de gauche; Dans toute l’Histoire des Peuples en lutte pour leur libération, les bourgeois et la droite (à part des individus exceptionnels) ont toujours trahi leur patrie lorsque leurs intérêts personnels entraient en collision avec l’intérêt général du pays.
      Dernier exemple en date: le pacte transatlantique qui vend l’Europe aux multinationales des USA et à leurs banques qui ont créé la crise .
      Regardez donc ce qui se passe avec la France vendue par lambeaux par les financiers et les politiques aux Emirs arabes, à la Mafia russe, aux nouveaux milliardaires chinois… Lambeaux souvent payés avec de l’argent sale blanchi par nos banques…
      Celui qui ne veut pas voir ne verra rien quoi qu’il arrive.

  2. ANDONI ETXARRI
    Publié le 01/04/2014 à 10:01 | Permalien

    RESTE À VOR CE QU’IL EN SERA DE CE MARIAGE DOUTEUX, QUAND MÊME S’AGISSANT D’HENDAYE. VOILÀ PEU DE TEMPS NOUS MANIFESTIONS DEVANT LE SIÈGE DU PS À BAYONNE, OU CARRÉMENT OCUUPIONS LEURS LOCAUX, AU SUJET DE ‘IKASTOLA. LES SOCIALO NOUS ONT PROUVÉ DEPUIS LONGTEMPS DEJÀ LE PEU DE CAS QU’ILS FESAIENT DE NOS REVENDICATIONS ET CE SONT TOUJOURS RÉFUGIÉS DANS L’INCOMPREHENSION DES DIRIGEANTS PARISIENS, QU’ILS DEVAIENT CONVAINCRE, MAIS NE L’ON JAMAIS FAIT. ALORS QU’EN SERA-T-IL DE L’IKASTOLA D’HENDAYE, DE LA COLLESTIVITÉ TERRITORIALE ET BIEN D’AUTRES SUJETS. D’UN REVERS DE MANCHE ILS BALANCERONT TOUS ÇÀ A LA POUBELLE, VOIR VALS. ET ALORS NOS ABERTZALE COMME LES ECOLOS ALLIÉS AU SOCIALOS DEVRONT AVALER DES COULEUVRES CAR NOUS N’ARRÉTERONS PAS ET LUTTERONS ENCORE CONTRE LE JACOBINISME SOCIALO PARISIEN. QUE FERONT-ILS ALORS

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