En Catalogne CiU à la peine

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Le parti autonomiste CiU espérait frôler la majorité absolue au soir des élections anticipées du 25 novembre. Mais selon les sondages les plus récents, la formation d’Artur Mas tend à se rapprocher peu à peu de son score initial. Les socialistes catalans comme le PP chutent, alors que grimpent les Verts d’ICV et les républicains d’ERC, bien qu’ils n’aient pu regrouper les formations indépendantistes sous une étiquette commune. CiU maintient sa promesse d’organisation d’une consultation de type référendaire sur le thème de la souveraineté catalane, entre 2013 et 2017, selon une formule que ses instigateurs se sont bien gardés de préciser. Si l’Etat espagnol refuse de modifier sa législation concernant ce type de consultation, CiU prévoit de faire approuver une loi par le parlement catalan. Cela promet une bataille politico-juridique homérique, en espérant qu’Horace sera démenti: «Parturiunt montes, nascetur ridiculus mus», les montagnes sont au travail, il en naîtra une souris ridicule. CiU disposera quoi qu’il en soit, d’une majorité absolue favorable à la consultation: même les socialistes catalans inféodés au PSOE sont pour une consultation légale et négociée, ils se prononcent contre l’indépendance, mais pour un modèle fédéral, en somme une restructuration de l’Etat espagnol.
Dans son argumentaire, Convergencia i Unio gomme tout ce qui relève d’une rupture radicale avec l’Espagne, face à ses adversaires les plus virulents, le PP et les ultra jacobins de gauche de Ciutadans qui ne font pas dans la dentelle. Ils présentent le référendum comme un coup d’Etat juridique, la Catalogne indépendante étant une république bananière où la loi sera inapplicable, le leader Artur Mas figure avec la casquette militaire allemande et la moustache d’Hitler… Ce référendum est, bien entendu, une démarche anti-démocratique et le PP diffuse sur internet un clip intitulé «Cauchemar au premier jour de l’indépendance». Il montre un Catalan appelé Garcia qu’un fonctionnaire oblige à changer de nom, il doit désormais faire figurer sur sa nouvelle carte d’identité «Garriga» à consonance plus catalane.
Dès qu’un petit peuple demande à être l’égal des autres Etats-nations, les mêmes arguments que nous connaissons bien reviennent toujours: nous sommes les totalitaires, les intégristes, les néonazis, les intolérants, les racistes. Et peu importe qu’Anassar, l’association des Musulmans de Catalogne, par la voix de son président Hamid Benchallal, se prononce officiellement en faveur de l’indépendance du pays. Les descendants d’immigrés sont devenus des «Catalans musulmans». Divers sondages prédisent que plus de 50 % des Catalans souhaitent un Etat scindé de l’Espagne.

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