La centralité d’Abertzaleen Batasuna

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Reprendre
la main

Abertzaleen Batasuna ne peut aborder une stratégie électorale pour les cantonales de mars 2011 sans préalablement:
l redéfinir son identité rendue illisible à l’opinion publique par sa pratique politique des derniers mois.
l ouvrir un débat interne, lucide et sans complaisance, sur son état de santé, que certain(e)s militant(e)s estiment détérioré, et sa capacité à redevenir la force référence de l’abertzalisme en Iparralde.
Le temps n’est pas venu d’aborder cette période pré-électorale sous l’angle des alliances mais bien de trouver parmi nous, dès aujourd’hui, les meilleurs candidat(e)s possibles (les cantonales étant uninominales), à la lecture édifiante des résultats de 2004 dans les 10 cantons à renouveler où les partis abertzale étaient alors présents sous leurs propres couleurs.
AB et Batasuna s’étaient présentés en concurrence dans tous les cantons, à l’exception de ceux d’Anglet et Tardets dans lesquels ils avaient fait alliance. AB avait recueilli 2.937 voix et Batasuna 1.070 voix.
Ce n’est qu’après cette recherche d’autonomie par l’affirmation de nos valeurs et de notre centralité dans le paysage abertzale d’Iparralde, reprise par une Charte, que nous serons en capacité de répondre éventuellement à des opportunités d’alliances selon les situations lo-cales.

Nous proposons à l’AG d’adopter cette motion pour une démarche claire et responsable

Jakes Abeberry
Michel Bidegain

Cantonales 2011, EHBai

Abertzaleen Batasuna prépare les prochaines échéances cantonales dans un contexte compliqué. Nous sortons d’abord d’une campagne régionale qui a laissé un goût amer. Pour autant, il ne faudrait pas que ces élections régionales soient perçues —encore moins présentées— comme le cas-type de ce que représente la formule EHBai lors d’une élection. Le choix opéré lors de cette campagne et ses résultats sont évidemment liés à un mode de scrutin totalement défavorable, sans aucune comparaison avec des élections de type cantonales ou même législatives.
En l’occurrence, rappelons que lors des deux derniers scrutins de ces types, en 2007 et 2008, la formule EHBai a permis au mouvement abertzale d’obtenir les meil-leurs résultats jamais atteints en Iparralde. Inversement, la perspective d’un résultat abertzale présentant d’un côté AB avec quelques milliers de voix, une plateforme noyautée par Batasuna à quelques milliers d’autres, et un PNV voire EA encore à part, représenterait un retour en arrière dramatique que l’opinion publique ne manquerait pas de reprocher à AB.
Au-delà de ce constat évident, la formule EHBai a plusieurs vertus. C’est d’abord la plus simple à porter car traditionnellement la plus populaire au sein de la base abertzale, la plus confortable aussi au regard de la paix sociale. Rappelons que c’est grâce à cette entente que d’autres dynami-ques encore plus larges ont pu être portées dans les meilleures conditions possibles, notamment la consultation Batera en ce début d’année.
Elle a aussi la vertu d’être la plus lisible pour la population, qui ne suit que de manière lointaine la politique de manière générale et le mouvement abertzale en particulier. Nos différences internes, ajoutées au décalage de notre impact médiatique par rapport à celui des partis hexagonaux, font que cette population n’y connaît et n’y comprend rien, cela nuisant à la pénétration de notre philosophie politique.
Enfin, l’évolution actuelle vers une sortie de la voie politico-militaire et les avancées opérées en Hegoalde vers un travail en commun entre abertzale nous poussent à favoriser cette même entente ici aussi.
Pour autant, cela nécessite un accord beaucoup mieux travaillé sur les bases programmatiques de la coalition, ses modes d’action, de communication, etc., ainsi que sur les logiques de seconds tours. Et puis cela nécessite aussi de ménager la liberté de chaque parti de poursuivre sa propre voie hors élections, pour alimenter le débat social, économique ou autre à sa guise. Car hors des élections, il ne faudrait pas cesser le travail entamé sur les domaines sociaux ou économiques, qui contribuent à donner sa crédibilité à AB. La stratégie électorale n’est qu’un volet de l’action politique et n’induit pas que les mêmes logiques soient suivies à tous les niveaux. D’ailleurs, même si AB suit une logique d’alliance abertzale aux élections, il doit continuer à travailler son message d’ouverture et de technicité, ainsi que les logiques collectives de type Batera, EHLG, etc.
La question des alliances électorales pourra être reposée à la suite de la réforme des modes de scrutin à partir de 2011, en particulier si les modalités ne permettent pas aux abertzale seuls d’être présents de manière efficace. Mais pour l’instant, le choix le plus porteur pour l’abertzalisme d’Iparralde reste sans conteste Euskal Herria Bai.

Batasuna et EA ont d’ores et déjà confirmé officiellement leur choix d’une reconduite de la coalition lors des cantonales 2011. C’est pourquoi cette mo-tion propose à l’AG d’AB d’en faire de même et de décider d’opter pour une candidature EH Bai sur les 10 cantons renouvelables.

Pour un rassemblement
des abertzale
et des ecologists

Parce que le Pays Basque Nord, à l’instar d’Euskal Herri, n’est pas homogène… Parce qu’il faut distinguer un Pays Basque euskaldun virtuel et fantasmé avec un Pays Basque réel et débasquisé… Parce qu’il est composé de deux grands territoires: la côte et le Pays Basque intérieur… Parce que le BAB, avec ses 130.000 habitants, est un pôle où les Basques d’origine y sont largement minoritaires…
… Nous nous devons pour ces dernières élections cantonales de réaliser une stratégie adaptée et ambitieuse afin de viser deux objectifs:
l Sur les cinq cantons du BAB, il est grand temps de sortir de la ghettoïsation, de se débarrasser d’une culture de la marginalisation, de tourner la page de candidatures de témoignage… en visant un score à deux chiffres. Si la possibilité de se maintenir n’est pas encore à notre portée (10% des inscrits), il est certain que la barre psychologique des 10% des suffrages exprimés sur une majorité des cantons du BAB nous permettra, pour la première fois, d’entrevoir une troisième voie, un vrai contrepoids face à l’UMP et au PS. Et surtout de peser sur le second tour auprès des deux postulant(e)s en les sommant de se positionner pour un referendum sur une collectivité territoriale et sur les voies nouvelles LGV, une revendication d’ordre social et une exigence linguistique par exemple. Ainsi, nous serions aussi présents au second tour!
l Sur les cinq cantons de l’intérieur, et au vu des résultats de 2004, AB et ses partenaires potentiels peuvent envisager sérieusement d’avoir les capacités de se maintenir dans trois voire quatre cantons sur les cinq en présence. Ou de monnayer leur retrait…
Pour tout cela, il est vital de développer une série d’alliances dont AB serait le pont. Cette stratégie a le mérite de trouver un point d’équilibre au sein d’AB entre celles et ceux qui priorisent l’alliance avec Europe Ecologie et les autres qui misent sur l’alliance avec Batasuna.
La démarche la plus ambitieuse serait la création d’un nouveau pôle en visant le rassemblement des forces autour d’un projet abertzale, social et écologiste.
Comme pour les élections cantonales précédentes, il n’y aura pas de démarche uniforme car nous devons respecter les spécificités locales ou l’émergence et le portage d’une candidature (non encartée dans un mouvement) qui ferait consensus. La charte en deux parties que nous avons proposée à tous nos partenaires potentiels, serait le garant de la démarche. Il s’agit de trouver une homogénéité dans la diversité des situations. Ce rassemblement des abertzale, c’est-à-dire ouvert à toutes les organisations abertzale, et des écologistes fera date dans des élections locales.
Si cette motion est majoritaire nous irons revoir tous nos partenaires potentiels en leur tendant la main dans l’espoir de trouver une entente dans un maximum de cantons possibles.