WikiLeaks, le grand débalage diplomatique d’Internet

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Contre-terrorisme: l’étroite coopération franco-américaine

Des juges français très loquaces, un cadre législatif jugé favorable, des critiques: les notes des diplomates américains fourmillent de détails.

LA guerre en Irak a provoqué un fort refroidissement des relations diplomatiques entre la France, qui y était opposée, et les Etats-Unis. Mais on sait moins que, pendant ce temps, la coopération policière et judiciaire n’a fait que se renforcer. Une coopération “mature et étendue (…) largement hermétique aux bisbilles politiques et diplomatiques quotidiennes qui peuvent faire de la France un allié souvent difficile”, souligne un télégramme envoyé de Paris le 7 avril 2005, obtenu par WikiLeaks et étudié par Le Monde. Les Américains ont trouvé en France des experts très au fait de la menace originaire du Maghreb, disposant d’un vaste maillage policier sur le territoire et d’une législation particulière, qui offre aux magistrats spécialisés une latitude unique en Europe.

Les particularités du système français
La France est louée pour sa sensibilité à la menace terroriste islamiste, qui a déjà endeuillé le pays en 1995. Avec un soupçon d’envie, l’ambassade à Paris note en décembre 2004 qu’il n’existe pas de réelle “supervision législative des agences de sécurité et de renseignement”. Il a fallu attendre la fin 2007 pour que soit constituée une délégation parlementaire pour le contrôle des services.
Pour l’ambassade américaine (dans une note du 17 mars 2005),”la communauté antiterroriste du gouvernement français est hautement professionnelle, mais insulaire et centralisée à Paris”. Quant aux magistrats spécialisés, ils “opèrent dans un autre monde que celui du reste de la justice”. Dans ce même télégramme, l’ambassade américaine rapporte un long entretien avec Jérôme Léonnet, conseiller police du ministre de l’Intérieur Dominique de Villepin. Il évoque notamment la spécificité de la législation de la France en matière de terrorisme. Celle-ci demande de simples soupçons, et non des preuves formelles, pour incriminer un individu. En France, “les critères de preuve pour conspiration terroriste sont bien plus faibles que ceux dans les autres affaires criminelles”, résume la note.
Le 9 mai 2005, l’ambassade narre une rencontre avec le juge Jean-François Ricard. Celui-ci explique que les magistrats tels que lui, spécialisés dans l’antiterrorisme, bénéficient du “bénéfice du doute”. Il prend comme exemple le dossier Djamel Beghal, condamné quelques semaines plus tôt pour un projet d’attentat contre l’ambassade américaine à Paris. “Ricard dit que les preuves [contre lui et ses complices] ne seraient pas suffisantes normalement pour les condamner, mais il estime que ses services ont réussi grâce à leur réputation”.

Des juges à l’ambassade
Le 24 janvier 2005, Jean-Louis Bruguière déjeune à l’ambassade américaine. Le magistrat révèle que plusieurs suspects ont été arrêtés ce matin-là dans le cadre d’une enquête sur une filière d’envoi de candidats au djihad en Irak. M. Bruguière “a évoqué un certain nombre d’enquêtes en cours qu’il conduit”, rapporte l’ambassade trois jours plus tard. Ce genre de confidence, au mépris du secret de l’instruction, n’est pas rare.
L’ancienne figure de proue de la galerie Saint-Eloi, où sont regroupés les juges antiterroristes au tribunal de grande instance de Paris, est à l’époque un visiteur régulier de l’ambassade, au même titre que son collègue Jean-François Ricard. Ce dernier s’y rend par exemple le 9 mai 2005 pour détailler un deuxième réseau d’acheminement de djïhadistes vers l’Irak. C’est l’un des dossiers les plus suivis par les diplomates américains, avec celui des Français de Guantanamo.
Alors qu’il s’apprête à rejoindre le ministère
de la Défense, en mars 2006, le juge Ricard
souligne l’importance de l’ancienneté dans l’antiterrorisme. Le système français a ses pesanteurs. Ce n’est qu’après cinq ans à la galerie Saint-Eloi “que les agences de renseignement [françaises] l’ont autorisé à voir l’éventail complet de leurs données brutes, rapporte l’ambassade le 30 mars. De tous les juges antiterroristes (…), seuls lui et Bruguière ont cette possibilité”, dit Ricard.
M. Ricard a confié à l’époque à ses interlocuteurs américains que son illustre collègue recherchait “un poste dans une future administration Sarkozy”, comme ministre ou vice-mi-nistre de l’Intérieur. Pas du tout, dira le juge Bruguière aux Américains en janvier 2007: c’est le poste de ministre de la Justice qui le tente. Sa défaite, six mois plus tard, aux élections législatives portera un coup fatal à cette ambition politique. Heureusement, les Américains ont exprimé leur reconnaissance: fin 2007, M. Bruguière a été désigné «éminente personnalité européenne» par les Etats-Unis et l’UE, chargée de vérifier l’utilisation du réseau de transfert interbancaire Swift dans le programme américain de traque du financement du terrorisme (TFTP). Le rapport de l’ancien juge a été positif.
Critiques contre la France
Malgré la qualité des échanges opérationnels, les Américains n’ont pas perdu leur sens critique. Le 17 mars 2005, dans un long télégramme, l’ambassade à Paris émet une réserve sur les positions françaises. “La France semble souvent réagir différemment au terrorisme et à l’islam radical en fonction de la distance qui l’en sépare. Sur son territoire, le gouvernement français réagit proactivement, avec vitesse et fermeté. Ailleurs dans le monde, c’est bien plus équivoque. Les considérations politiques et diplomatiques pèsent un poids considérable”. L’illustration en serait “l’intransigeance française dans l’UE sur le Hezbollah”, Paris refusant de considérer le parti chiite libanais comme une organisation terroriste pour préserver la stabilité du Liban.
Deuxième réserve de taille, exprimée dans une note du 17 août 2005: la question des minorités, un sujet très sensible aux Etats-Unis. La France “doit veiller à accorder une place aux musulmans dans l’identité française (qu’ils soient des immigrés de la première génération, leurs enfants de la seconde ou de la troisième génération, ou un nombre croissant de convertis)”. Les diplomates soulignent deux préoccupations: le poids des convertis et la situation dans les prisons, haut lieu du prosélytisme radical. Selon une estimation avancée par les diplomates, 50% des détenus seraient musulmans.
Piotr Smolar,
paru dans Le Monde
du mercredi 1er décembre 2010

France-Rwanda: l’enquête Bruguière était suivie de près à l’Elysée

Le juge antiterroriste a raconté aux Américains avoir «coordonné» avec le pouvoir l’émission de mandats d’arrêt contre les dirigeants de Kigali.

en France, la justice est-elle indépendante de la diplomatie? En révélant une face cachée de l’enquête rwandaise du juge d’instruction français jean-Louis Bruguière, les “mémos” américains rendus pu-blics par WikiLeaks et révélés par Le Monde, apportent une réponse nuancée à cette question.
Juste avant de quitter la magistrature, le juge antiterroriste avait une dernière fois défrayé la chronique en délivrant, en novembre 2006, neuf mandats d’arrêt internationaux visant de hauts responsables rwandais. Les autorités en place à Kigali étaient ainsi désignées comme les responsables de l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais Habyarimana, qui a donné le signal du génocide des Tutsi. En réponse, le Rwanda a rompu immédiatement ses relations diplomatiques avec la France.
Depuis lors, l’indépendance de la justice a régulièrement été mise en avant par les diplomates français pour nier toute responsabilité dans cette mise en accusation de personnalités rwandaises.
Les confidences faites par Jean-Louis Bruguière à l’ambassade des Etats-Unis, à Paris, reflètent une réalité plus complexe. Classé “secret”, un télégramme du 26 janvier 2007 —date située entre la rupture des relations franco-rwandaises et l’élection de Nicolas Sarkozy— rapporte les propos de M. Bruguière.
“Il [nous] a déclaré, indiquent les diplomates américains, qu’il avait présenté sa décision [de délivrer des mandats d'arrêt visant des dirigeants rwandais] à des responsables français y compris au Président Chirac, comme relevant de sa décision de magistrat indépendant, mais a choisi de les consulter parce qu’il était convaincu du besoin de coordonner son calendrier avec le gouvernement”.
Le juge a ajouté qu’”[il n'a] pas été surpris par la réaction officielle du Rwanda” et que “le gouvernement français était préparé à ce qui était attendu comme une réponse violente contre les ressortissants français”. Le juge annonce alors aux Américains qu’il va briguer un mandat de député (il sera candidat malheureux aux législatives de 2007).
“En passant, Bruguière a mentionné que le poste de ministre de la Justice serait son premier choix [après l'élection de Nicolas Sarkozy]”, précisent les diplomates américains.
A propos du dossier rwandais, le “mémo” croit entrevoir des arrière-pensées chez le juge: “Bruguière a présenté son dossier d’une façon très professionnelle, mais il n’a pas caché son désir personnel de voir le gouvernement de Kagamé isolé. Il a averti que le resserrement des liens des Etats-Unis avec le Rwanda serait une erreur”.

Représailles rwandaises
D’autres confidences, faites à la même époque par un haut diplomate français, ap-portent un éclairage encore plus cru. Ce responsable du Quai d’Orsay “a confié que le gouvernement français avait donné à Bruguière le feu vert pour rendre son rapport [les mandats d'arrêt] [et] que la France avait voulu riposter à la décision du Rwanda de mener une enquête sur l’implication de la France dans le génocide de 1994 et ses conséquences”. Selon ce diplomate, le gouvernement français “a fait un mauvais calcul en n’anticipant pas les lourdes mesures que le Rwanda prendrait en représailles”.
(…) A quelle conclusion aboutira l’enquête sur l’attentat de 1994? Les Américains ne sont “pas certains que le juge [Trévidic, successeur du juge Bruguière]” mène l’enquête d’une autre façon et annule les mandats d’arrêt, “étant donnée l’indépendance revendiquée par la justice française”.

Philippe Bernard,
paru dans Le Monde
du samedi 11 décembre 2010
J. M. Aznar, en mentant effrontement sur l’identité des responsables de l’attentat de la gare de Madrid qu’il voulait attribuer à ETA, a perdu les élections et donc le pouvoir. WikiLeaks révèle les illusions américaines
sur le retrait des troupes espagnoles en Irak annoncé par le nouveau chef du gouvernement, J. L. Rodriguez Zapatero. Cela éclaire un pan de l’histoire basque.

Les Etats-Unis ont espéré
que M. Zapatero ne retirerait pas les soldats espagnols d’Irak

Après avoir écarté la possibilité d’une victoire des socialistes aux élections de 2004, la diplomatie américaine a cru jusqu’au bout à un revirement.

Le 18 avril 2004, José Luis Rodriguez Zapatero, investi deux jours auparavant président du gouvernement espagnol, annonce le retrait d’Irak du contingent militaire envoyé par son prédécesseur, le conservateur José Maria Aznar. Les câbles diplomatiques de l’ambassade américaine de Madrid, obtenus par WikiLeaks et révélés par Le Monde, confirment que cette décision, très inoportune pour l’administration Bush, a pris totalement au dépourvue la diplomatie américaine.
Bien sûr, l’ambassade américaine a dûment averti Washington, pendant la campagne qui a précédé les élections législatives du 14 mars, des intentions du chef de file des socialistes en cas de victoire du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) au Congrès des députés M. Zapatero retirerait les mille trois cents soldats espagnols stationnés en Irak si, entre-temps, les Nations unies ne se voyaient pas confier un rôle dans la situation politique et militaire dans le pays.
Dans un premier temps, cette perspective ne préoccupe pas outre mesure les diplomates en poste dans la capitale espagnole, car ils ne croient pas aux chances de victoire de M. Zapatero. Un mois avant le scrutin, le 13 février, l’ambassadeur américain, George Argyros, décrit un chef de file socialiste qui ne perd pas une occasion de qualifier la guerre d’Irak d’“immorale et illégale” et cherche un nouveau souffle en “exploitant la controverse sur les armes de destruction massive en Irak et en critiquant Aznar, pour s’être joint à la coalition en Irak”.
Mais, aux yeux des Américains, “Zapatero n’a pas été en mesure de transformer l’opposition populaire à la politique d’Aznar en Irak [qui a conduit des millions d'Espagnols dans les rues en février et mars 2003] en soutien à sa candidature”. A moins d’une semaine du scrutin, le 5 mars, l’ambassade estime encore que les conservateurs du Parti populaire sont en tête et que le scrutin ne se jouera pas sur l’Irak mais sur l’ETA, “les tendances sécessionnistes au Pays Basque et en Catalogne et l’économie”.
Le 15 mars, le lendemain de la victoire so-cialiste, l’ambassadeur ne peut que le cons-tater: les attentats terroristes qui font 191 morts dans plusieurs trains de la banlieue de Madrid, le 11 mars, et que le gouvernement de José Maria Aznar tente, pendant deux jours, d’attribuer à l’organisation séparatiste basque ETA “ont changé tous les calculs”.
La diplomatie américaine a-t-elle cru que M. Zapatero mettrait en œuvre sa promesse de campagne? Washington élabore en ca-tastrophe une stratégie à l’égard du nouveau chef de l’exécutif espagnol. Dans une note du 18 mars, l’ambassadeur George Argyros le décrit comme “un partenaire inexpérimenté mais probablement mani-able”. Il relève son manque d’expérience internationale et estime qu’il incarne une gauche au mieux sceptique à l’égard des Etats-Unis, au pire anti-américaine.
Le diplomate juge que la victoire a constitué une surprise aussi pour les socialistes et que M. Zapatero a fait un certain nombre de déclarations “qui auraient été différentes s’il avait pensé qu’il avait une chance réelle“ de l’emporter. Il calcule que le nouveau pouvoir, composé en grande partie de politiques néophytes, a besoin d’une période d’adaptation avant de prendre la mesure des réalités. Il croit d’ailleurs percevoir une “marge de manœuvre” dans les premières déclarations de la nouvelle majorité sur l’Irak.
“Si d’ici mai, nous commençons à négocier une résolution et si la France et l’Allemagne s’y rallient, Zapatero pourrait accepter de laisser les troupes en Irak”, écrit-il. En outre, ajoute le diplomate, M. Zapatero devra combattre le sentiment qu’il a été “élu par Al-Qaida” (les attentats du 11 mars ont été commis par une cellule djihadiste) et “calibrer ses décisions pour éviter l’impression que les terroristes peuvent influencer sa politique étrangère”.
Le 30 mars, l’ambassadeur rapporte au département d’Etat qu’au sujet de l’Irak, et à la demande de M. Zapatero, José Bono, le futur ministre de la Défense espagnol, souhaite s’entretenir directement avec Do-nald Rumsfeld, le secrétaire américain à la défense, sans dévoiler ses intentions au préalable. Dans une note du 7 avril, les diplomates de l’ambassade jugent encore qu’il existe une possibilité pour que M. Zapatero renonce à retirer le contingent espagnol d’Irak dans le cas d’une nouvelle résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, mais ils relèvent que quelques-uns des hommes de confiance de M. Zapatero au sein du PSOE sont nettement plus réservés.
Onze jours plus tard, sans attendre d’éventuelles initiatives aux Nations Unies, M. Zapatero annonce le retrait des troupes espagnoles d’Irak. Cette décision pèsera longtemps sur ses relations avec l’administration de George Bush.

Cécile Chambraud,
paru dans Le Monde
du mercredi 8 décembre 2011

Une banque américaine
serait la
prochaine cible

Le fondateur du site WikiLeaks, spécialisé dans la divulgation de documents confidentiels, promet de publier en janvier des dizaines de milliers de documents internes d’une grande banque américaine, a rapporté le site du magazine Forbes lundi 29 novembre. Interrogé, Julian Assange refuse de donner le nom de cet établissement, toujours en activité, mais dit s’attendre à ce que cette divulgation conduise à des enquêtes. “Nous avons du matériel relatif à une banque, c’est une « méga fuite ». Ce sont des dizaines ou des centaines de milliers de documents, selon la manière dont vous les définissez”, a expliqué Julian Assange.

Repères WikiLeaks

Création
WikiLeaks a été créé fin 2006 par Julian Assange, un Australien qui se définit à la fois comme “militant des droits de l’homme, journaliste et programmeur informatique”. Julian Assange a réussi à rassembler autour de lui une petite armée de militants bénévoles éparpillés dans plusieurs pays (surtout des informaticiens et des journalistes), qui l’ont aidé à mettre en place un réseau international de serveurs anonymes et sécurisés, capable de déjouer les tentatives d’intrusion et de surveillance.
Objectif
Le site s’est donné pour mission de publier des documents secrets dévoilant des crimes ou des affaires de corruption. WikiLeaks ne re-cherche pas lui-même de documents.
Révélations
Depuis 2007, WikiLeaks a dévoilé des milliers de crimes et de scandales dans de nombreux pays. Il est devenu célèbre en avril 2010 avec la diffusion d’une vidéo, tournée à Bagdad, montrant un hélicoptère américain massacrer des civils à la mitrailleuse. En juillet, il a publié 77.000 documents confidentiels rédigés par des officiers américains en Afghanistan et, en octobre, 400.000 autres documents militaires américains sur la guerre en Irak. Depuis, les Etats-Unis considèrent Julian Assange comme un ennemi.
Sonneur d’alarme
Un whistleblower (sonneur d’alarme) est une personne qui veut dénoncer des actes illégaux ou immoraux commis par son patron, son supérieur hiérarchique, ou par un responsable politique ou administratif, et qui possède des documents prouvant ses accusations, mais qui souhaite rester anonyme par peur des représailles.
Les télégrammes diplomatiques
Le dossier contient 251.287 télégrammes diplomatiques du département d’Etat américain. Les télégrammes sont classifiés “Secret” (16.652 mémos), “Confidentiel”, ou sont “Non classifié” (aucun mémo n’est “Top secret”, le plus haut degré de classification aux Etats-Unis). 90% des câbles concernent les années 2004-2010.
L’accord entre les cinq journaux
et WikiLeaks
Cinq journaux (Le Monde, The New York Times, The Guardian, Der Spiegel et El Pais) ont reçu de WikiLeaks la totalité des télégram-mes américains. Plus de 120 journalistes ont lu et analysé les mémos. Les journaux décident au fur et à mesure de la publication de leurs articles, de la sélection de mémos publiés par leurs cinq sites Internet et par WikiLeaks. Les cinq journaux éditent ensemble les mémos destinés à être publiés afin de protéger les identités des individus qui pourraient être menacés. WikiLeaks s’est engagé à ne publier les câbles qui ne seront pas utilisés par les cinq journaux qu’ultérieurement, une fois toutes les identités protégées par ses soins.