Euskaltzaindia (VII) par Jean Haritschelhar

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Lorsque en 1968 au Congrès d’A-rantzazu Euskaltzaindia a exploré la nécessité d’une langue commune pour les Basques, “l’euskara batua”, il est évident que tous les regards étaient tournés vers l’avenir. Il était loisible d’imaginer qu’un jour la période franquiste se terminerait, qu’un autre système politique naîtrait, qu’une ère de démocratie verrait le jour.
En cette deuxième partie du XXe siècle le monde a singulièrement changé: la presse et l’édition en général ont pris un essor important, l’éducation se développe et occupe une place de premier plan avec, y compris en Pays-Basque, la renaissance des ikastolas en Hegoalde et, en 1969, la naissance de la première ikastola en Iparralde, la radio, encore timide dans la première moitié du siècle, pénètre pratiquement dans tous les foyers, la télévision aspire à un développement dans toutes les classes de la société et le cinéma captive tous les pu-blics.
Toutes ces nouveautés du XXe siècle sont servies par une langue, instrument de communication incontournable —et encore personne, du moins en Europe, n’imagine le nouvel instrument que sera Internet— et donc, si l’on veut que l’euskara continue à vivre, il faut, afin qu’il occupe tous ces es-paces dans l’ensemble des sept provinces que naisse cette langue commune comprise par tous les euskalduns, cet “euskara batua” qui se nourrit de tous les dialectes couramment utilisés.
En 1978, un vent nouveau souffle sur la péninsule et “Euskaltzaindia” devenue “Real Academia de la lengua vasca” depuis deux ans par le décret royal du 26 février 1976, fait le bilan de la décennie précédente (1968-1978) dans son Congrès de Vergara et se structure dans le domaine de la recherche en diverses commissions dont celle d’onomastique.
Vaste programme qui s’occupe des noms de lieux (toponymie) et des noms de personnes (anthroponymie) en ce qui concerne le Pays-Basque en premier, le monde entier par la suite, à travers un groupe de travail intitulé “exonomastika”. Ce travail de désignation en langue basque est d’autant plus une nécessité absolue que le Pays-Basque est désormais riche d’une presse abondante (quotidiens, hebdomadaires, revues de toute sorte), de nombreuses ra-dios émettant en basque aussi bien au Nord qu’au Sud et d’une chaîne de télévision, Euskal Telebixta, sans compter les nombreux sites Internet et blogs de tout genre.
Or, dans cet ensemble de communications de masse, ce n’est pas seulement le Pays-Basque qui est représenté, mais le monde dans son entier.
Le seul moyen d’obtenir une unité de langage c’est d’appliquer les désignations écrites et orales proposées par la commission d’anomastique et avalisées par l’Académie.
Parmi les travaux réalisés figurent l’Euskal Herri dans son ensemble avec sa toponymie: villes, villages, quartiers, montagnes, fleuves et rivières, canaux, lacs, mers, golfes, îles, caps… et l’anthroponymie: prénoms, basquisation orthographique des noms pro-pres acceptée au Sud. Le travail s’est prolongé ensuite à l’Espagne et à la France sur le plan de la toponymie de même qu’ont été étudiés et publiés les noms des Etats du monde entier, des citoyens de chaque Etat, les noms de leur capitale et de leurs habitants, de même que celui de la langue officielle utilisée. Les travaux actuels portent sur les montagnes et cordillères, fleuves, mers et océans ainsi que les îles principales que l’on connaît sur notre vaste planète.
Certes, il reste encore beaucoup à faire, surtout en ce qui concerne, l’Asie, l’A-frique, l’Amérique et l’Océanie ainsi que dans le domaine de l’astronomie, mais le courage ne manque pas, pas plus que la qualité des chercheurs spécialisés. On conçoit aisèment l’importance de cette commission dans la marche vers l’unité de la langue basque.

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