
Les urnes ont rendu leur verdict et nous connaissons désormais la composition des assemblées municipales des 158 communes d’Iparralde.
Le second tour du dimanche 22 mars est venu confirmer les résultats du premier tour : sur les 11 communes encore indécises, ce sont les candidats arrivés en tête le 15 mars qui ont obtenu la majorité. Concernant les abertzale, la perte d’Urruña est une défaite à analyser. Dans le même temps, la liste Vivons Boucau qui comporte des abertzale, sera en gestion municipale pour les sept (1) prochaines années.
Globalement, ces élections municipales sont une réussite pour le mouvement abertzale de gauche qui progresse à travers le territoire. Le projet abertzale, de gauche, écologiste et féministe convainc et la capacité des militant·es impliqué·es dans les alternatives territoriales et le tissu associatif à porter dans le champ institutionnel les luttes sociales et batailles du quotidien, est de plus en plus évidente. De 15 maires EHBai ou apparentés lors du mandat 2020-2026, on en compte cette fois un peu plus de 20. Au-delà des communes historiquement acquises, la présence abertzale progresse également dans les principales villes du BAB, marquant un changement d’échelle dans leur implantation (2).
Le mandat qui s’ouvre présente des enjeux majeurs en matière de logement, de lutte contre le dérèglement climatique, de développement linguistique en faveur de l’euskara ou encore de politiques sociales qui assurent à toutes et tous des conditions de vie dignes. Dans ce contexte, la ligne dure des Républicains, incarnée notamment par Max Brisson et ses prises de position virulentes contre Alda ou EHBai, n’a pas permis de maintenir une commune LR comme Biarritz. Cette dernière renoue avec une majorité multicolore (bien que le point d’équilibre se trouve plutôt au centre droit) autour de la personnalité de Serge Blanco, comme cela a pu être le cas par le passé avec Didier Borotra ou Michel Veunac. A Baiona, si les abertzale ont conclu un accord avec la liste d’Henri Etcheto afin de rendre possible l’élection d’un maire abertzale et ainsi proposer une alternance, force est de constater que les électrices et électeurs n’ont pas saisi cette opportunité : Jean-René Etchegaray est réélu avec une avance très nette pour son troisième mandat. Hendaia et Maule, de leur côté, ont maintenu des maires de gauche face aux listes abertzale.
Cependant, les listes de rassemblement autour des abertzale, lorsqu’elles ne sont pas en gestion, constituent souvent une force d’opposition de premier rang qui devrait permettre de travailler les dossiers, porter la voix alternative au sein du conseil municipal et ainsi préparer les futures échéances électorales.
Enfin, si l’on peut se réjouir que l’extrême droite n’ait réussi à constituer une liste que sur la seule commune de Baiona, le score de Pascal Lessellier lui permet d’accéder au conseil municipal ainsi qu’au conseil communautaire.
Les regards tournés vers l’avenue Foch
Ce week-end, pendant que 11 communes procédaient au second tour, dans les autres communes, les conseils municipaux étaient installés officiellement. Entre vendredi et dimanche prochains, ce sont les communes désignées au second tour qui vont définir leurs représentants à la CAPB. Sachant que pour les communes de 1000 habitants et plus, le fléchage permet d’avoir déjà une idée précise des délégués communautaires.
Les élections municipales sont terminées mais l’attention se porte désormais sur la CAPB dont le conseil communautaire devrait être installé autour du 10 avril. C’est la première séance qui verra l’élection du futur ou de la future président·e. Les 10 pôles territoriaux se réuniront pour élire une liste de prétendants à la commission permanente et au conseil exécutif. Le président fraîchement élu pourra alors composer l’exécutif en piochant dans les noms qui émergent des pôles territoriaux.
S’il ne fait que peu de doute que Jean-René Etchegaray pourrait briguer un nouveau mandat, Peio Etxeleku n’a jamais caché ses intentions communautaires. Le camp abertzale de gauche, dont la représentation progresse aussi, aura à décider de présenter ou pas un candidat.
Les trois prochaines semaines décideront des équilibres politiques qui mèneront les 21 politiques publiques intercommunales pour le mandat 2026-2033.
(1) Le mandat des élus municipaux sera probablement prolongé d’un an, de 2032 à 2033, pour éviter que les prochaines élections municipales aient lieu la même année que l’élection présidentielle de 2032.
(2) Retrouvez ici l’analyse des résultats du premier tour : https://www.enbata.info/articles/municipales-les-abertzale-confirment-leur-implantation/

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