“Baiona mugimenduan” reçue officiellement à Pampelune

Joseba Asirón, maire de Pampelune, et Jean-Claude Iriart, tête de liste, lors de la réception officielle d’une délégation de la liste « Bayonne en mouvement – Baiona mugimenduan » en mairie de Pampelune, le 23 février 2026.

Le 23 février dernier, une délégation de « Bayonne en mouvement / Baiona mugimenduan » a été reçue officiellement à la mairie de Pampelune par le maire Joseba Asirón, en présence notamment de la première adjointe Garbiñe Bueno. Au menu des entretiens : comment repenser le jumelage entre les deux villes pour une véritable dynamique d’échanges visant à s’enrichir mutuellement des approches et expériences respectives dans différents domaines.

Enbata: Quel était l’objectif principal de cette visite à Pampelune et pourquoi avoir choisi de vous en inspirer aujourd’hui ?

Jean-Claude Iriart : Tout d’abord parce qu’il est important pour nous de repenser la fonction de ce jumelage, d’en faire une politique structurante pour la ville et un véritable moteur pour des échanges institutionnels, culturels, sportifs, linguistiques dont l’euskara. Il s’agit de nous enrichir mutuellement d’approches différentes pour répondre à des défis communs en matière de logement, de mobilité, de politique linguistique, de transition écologique, de sécurité…
La configuration politique à Pampelune résonne également avec celle de Bayonne. Nous avons monté une liste d’union de la gauche bâtie autour d’un projet capable de rassembler des sensibilités très variées et de proposer une alternance après 60 ans de gouvernance de droite. Nos amis de Pampelune nous ont en quelque sorte montré la voie à suivre ! Ce sont des accords entre différentes forces de gauche (abertzale, socialistes, écologistes, entre autres) qui ont permis de l’emporter sur une droite traditionnellement hégémonique, sur la ville de Pampelune et la communauté forale de Navarre, et de mettre en place une politique extrêmement novatrice au service de la population.

Quelles initiatives ou réalisations vous ont particulièrement marqués lors de vos échanges avec les élus et les services municipaux ?

Nous avons bien sûr discuté de la manière de donner corps au jumelage entre nos deux villes. Si les Bayonnais.e.s nous font confiance, c’est une initiative que nous prendrons dès le début du mandat. Le maire Joseba Asirón et sa majorité nous ont confirmé partager cette volonté. Lors de cette visite, nous avons approfondi quatre sujets : la sécurité, la gestion des fêtes, la politique d’égalité femmes-hommes et l’accompagnement du vieillissement de la population.
Sur tous ces sujets, je tiens à souligner que les méthodes de travail qu’ils mettent en œuvre font vraiment écho avec celles que nous envisageons : diagnostics partagés avec les acteurs de la ville, élaboration de plans pluriannuels budgétisés fixant des objectifs, évaluation régulière des avancées, concertation permanente avec les citoyens à toutes les étapes… Autant d’outils mis au service d’une volonté politique profondément réformatrice.
Selon vous, qu’est-ce qui pourrait être adapté ou transposé concrètement à Bayonne, à court ou moyen terme ?
Plusieurs points car nous partageons une même philosophie visant à articuler au mieux le travail des institutions, du monde socio-économique et de la société civile.

Nous partageons une même philosophie visant à articuler au mieux le travail des institutions, du monde socio-économique et de la société civile.

En matière de violences sexistes et sexuelles, par exemple, la municipalité et les associations féministes font corps autour de protocoles communs élaborés en étroite concertation. Les rôles respectifs de l’institution et des associations sont clairement définis au service d’un même objectif, et les prérogatives des associations sont pleinement respectées. Les avancées dans ce domaine sont de fait plus efficaces, elles ont un impact plus fort sur la population et s’inscrivent davantage dans la pérennité.
Autre exemple, la sécurité. La municipalité de Pampelune a déployé des agents de médiation de la police municipale dans tous les quartiers. Une évaluation rigoureuse a permis de mettre en évidence que ce dispositif avait généré en une année une diminution conséquente du sentiment d’insécurité. C’est tout l’esprit du dispositif que nous envisageons pour Bayonne : des agents de médiation référents, au plus près des quartiers, garantissant une présence humaine sur le terrain et assurant une fonction de prévention de proximité.

Et vous avez également discuté du modèle des fêtes de Bayonne ?

Oui. Tout comme nous, ils ont été confrontés au problème de la surfréquentation et des dérives que nous connaissons malheureusement à Bayonne. Comme ici, les habitants de Pampelune partaient de plus en plus pendant les fêtes, car c’était invivable.
Sur ce sujet également, nos approches convergent. Ils ont créé de véritables espaces de participation pour les collectifs, les associations et les habitants, et redéfini la programmation de journée pour l’orienter vers des publics cibles trop longtemps oubliés : enfants, adolescents et familles. Et la fête est présente dans tous les quartiers !

Au-delà des projets, qu’avez-vous retenu de la manière de travailler ou de collaborer entre les communes du Pays Basque de part et d’autre de la frontière ?

Nos relations avec la Navarre et la Communauté Autonome Basque ont beaucoup pâti de la crise du Covid et de la fermeture de plusieurs postes frontières entre 2021 et 2024. Il est plus que temps de renouer ces relations. Dans de nombreux domaines comme l’accompagnement des seniors, les mobilités, les politiques femmes-hommes par exemple, de nombreuses villes du Pays Basque Sud développent des initiatives innovantes au regard de ce qui se pratique ici. Les différences en matière de cadre légal et réglementaire ne sont pas des obstacles, bien au contraire, elles génèrent des idées et des pistes de travail inspirantes, de part et d’autre. Et quelle richesse en matière linguistique, avec un croisement des langues qui donne aussi à l’usage de l’euskara l’opportunité de prospérer en tant que langue d’échange naturelle entre premiers voisins !

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