L’action en or

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Maryse Cachenaut
Maryse Cachenaut
Paysanne à Itxassou, Présidente de Xapata (producteurs de cerises d'Itxassou), Présidente de Lurrama, Membre de Euskal Herriko Laborantza Ganbara et du syndicat Euskal Herriko Laborarien Batsasuna.
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 AG de Lurzaindia le 4 juin à Ainhice Mongelos dans les locaux de Euskal Herriko Laborantza Ganbara,

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Dans le numéro de mai d’Enbata, j’évoquais la campagne de collecte de fonds que l’organisation Lurzaindia a lancée début mars pour financer deux nouvelles acquisitions de fermes en Iparralde en 2016. Ces deux fermes permettront trois installations. Voici le point sur la collecte et l’avancée du projet.

Avec la nouvelle forme de gouvernance qui pointe (l’EPCI), nous espérons aussi que, dans les prochains mois, on saura accorder une place à l’agriculture et au foncier agricole.

Lurzaindia, qui a pris la suite du GFAM Lurra, s’investit pour préserver la vocation première de la terre. Nous l’écrivions précédemment dans ces colonnes, l’organisation a lancé en mars dernier une campagne de collecte de fonds ambitieuse pour financer deux acquisitions de terres et fermes en Pays Basque en vue d’installer trois jeunes agriculteurs : Amila à Aroue avec des vaches laitières en bio et avec de la transformation fermière, puis Lutxo et Johanne à Ainharp en brebis laitières en bio en vente de lait à la laiterie de Saint-Michel . Il est donc temps de donner des nouvelles concrètes de la campagne. Aujourd’hui à mi-année, grâce à 480 souscripteurs nous arrivons à la somme de 157.301€, soit 39% de notre objectif initial de 400.000€. On peut préciser que c’est la première fois que Lurzaindia (ou le GFA Lurra dans sa forme juridique précédente) mène une campagne aussi ambitieuse ! Cette somme déjà récoltée est donc très encourageante, et nous remercions tous ceux qui ont déjà contribué! Mais elle ne suffit pas pour l’achat des deux fermes. Dans l’immédiat Lurzaindia emprunte la somme nécessaire le temps de réunir les 400.000 euros. Lurzaindia a bien fait d’acheter, nous n’en n’avons jamais douté ! Lorsque ces deux belles exploitations ont été mises en vente et que Lurzaindia en a été informée, nous n’avons pas vraiment hésité et la nécessité de faire le maximum pour les acheter et permettre trois installations s’est imposée. D’une part, les porteurs de projets étaient là, prêts et motivés, avec des projets viables économiquement, et vivables humainement. D’autre part, comme le dit Jean Foirien, le paysan cédant à Ainharp (exploitant mais pas propriétaire), la transmission et l’installation n’auraient pas été possibles sans l’intervention de Lurzaindia, car l’achat des terres aurait été bien trop lourd. Avec Lurzaindia qui fait de la terre un bien commun, Jean Foirien, lui même installé “hors du cadre familial” à son époque voit dans cette transmission “une belle histoire qui continue”.

Lurzainia, locisation des terres acquises

Lurzaindia croyant fermement à son action durable et en l’installation d’Amila Abou- Antoun, de Johanne Foirien et de Lutxo Herrera, a plus que jamais besoin du soutien de chacun d’entre nous !

C’est pourquoi nous voulons rappeler qu’il est possible de prendre des actions à tout moment.

Certes, les actions prises à Lurzaindia ne sont pas un investissement lucratif, au sens financier puisque il n’y a pas de dividende distribué ; cependant il s’agit bien d’actions et non de dons, qui peuvent si besoin être revendues. La valeur ajoutée d’un investissement à Lurzaindia réside davantage dans la satisfaction de participer à un achat collectif de terre agricole à tout jamais sorti du marché spéculatif, et pour laquelle il n’y aura pas de droits de succession à payer à chaque génération. Ce sera le moment aussi pour Lurzaindia de solliciter les acteurs économiques et politiques pour recueillir leurs soutien.

Avec la nouvelle forme de gouvernance qui pointe (l’EPCI), nous espérons aussi que, dans les prochains mois, on saura accorder une place à l’agriculture et au foncier agricole.

Une place ?

Cela pourrait se traduire de différentes manières: la première serait une affirmation de la volonté politique de considérer l’agriculture paysanne locale comme un atout sur le plan de l’alimentation et de l’entretien du paysage, la deuxième enfin une considération en tant que maillon essentiel de l’activité économique.

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