Le socialiste bayonnais Hervé Pallas vote contre l’Agglo Pays Basque

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Ellande Duny-Pétré
Ellande Duny-Pétré
Educateur. Engagé dans le mouvement abertzale depuis le Procès de Burgos. Responsable de la chronique Hegoalde dans Enbata.
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Pallas

Cliquer sur l’image pour entendre l’intervention complète d’Hervé Pallas, lors du débat du conseil municipal de Bayonne qui eut lieu le 24 mars 2016.

Au conseil municipal de Bayonne, il fait partie du groupe de gauche PS-PC. Aujourd’hui, Hervé Pallas figure en 9e position sur la liste conduite par Henri Etcheto. Voici l’essentiel de son intervention prononcée le 24 mars 2016, lors de la réunion consacrée à la création d’Euskal Hirigune Elkargoa.

L’élu fait part de ses «doutes, de ses réserves, de sa défiance» hier; et aujourd’hui de son «hostilité», malgré le «déploiement de l’ingénierie de l’État pour crédibiliser la démarche» et «le lobbying exercé par ses partisans». Pour Hervé Pallas, la convocation à ce débat est «précipitée» et ne s’explique que «par la volonté d’en tourner la page bayonnaise au regard des divisions et des dissensions qui tenaillent la majorité».

Une telle communauté d’agglomération «n’est pas adaptée à la diversité du territoire Pays Basque et à ses problématiques disparates (…). L’hétérogénéité entre la frange côtière et la zone souletine constituera un handicap majeur». En «terme de bassins de vie ou de territoires vécus, le projet ne revêt aucune rationalité économique et sociale. (…) Le périmètre défini est d’un côté, à l’est, beaucoup trop étendu, de l’autre, au nord, pas assez inclusif. Un département Pays Basque avait peut-être de la pertinence en 1981. Les modes de vie et de déplacement ayant bien changé il n’en a plus aucune aujourd’hui».

Sur le plan financier, Hervé Pallas s’interroge sur le futur montant de la dotation de solidarité communautaire versée à l’ACBA au profit des communes. Et à ses yeux, en matière de gouvernance, le conseil communautaire du futur EPCI avec ses 232 membres, ne permettra pas «d’assurer le débat et d’y dégager des majorités avec des intérêts aussi divergents, une représentation démocratique aussi mal assurée avec la sur-représentation des secteurs ruraux et la sous-représentation des villes». Les «égoïsmes locaux ont la vie dure et l’action publique risque d’être souvent paralysée». L’élu municipal illustre son propos par le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), une compétence que l’EPCI devait exercer. Or, un comité interministériel récent accorde aux maires le droit de s’y opposer, via une minorité de blocage. Cette dérogation applicable jusqu’en 2022 lui apparaît comme un «premier reniement» qui le rend «sceptique sur la capacité à faire émerger un projet partagé à l’échelle d’un territoire aussi vaste». Mais «peu importent les concessions, du moment que l’on peut entériner les frontières de la Communauté d’Agglomération Pays Basque», ajoute ironiquement Hervé Pallas, sans doute à l’adresse des abertzale et de leurs compagnons de route.

En s’appuyant sur les retours d’expériences sur le fonctionnement des intercommunalités, publié par l’Assemblée des Communautés de France, Hervé Pallas considère «qu’il y a un seuil critique à ne pas dépasser pour que cela fonctionne et que le service rendu à la population soit satisfaisant». Ce seuil se situe autour de plus ou moins 70 communes. «Au-delà, des dysfonctionnements sont pointés: dépossession du politique, main-mise de la technostructure, dilution de la démocratie, paralysie de l’action politique, éloignement du citoyen de la prise de décision». Et l’élu socialiste d’évoquer le mille-feuilles des collectivités où le citoyen va se perdre.

Dans ce débat confisqué par les experts, l’homme de gauche a une pensée pour les agents territoriaux qui en sont les grands absents, tant il est «concentré autour d’un mécano institutionnel et juridique».

Dans sa conclusion, Hervé Pallas est convaincu que «l’objectif a été dévoyé: l’intercommunalité n’est pas conçue pour créer un département-bis (…), source de tensions. Sauf à constituer pour certains un moyen de satisfaire une vieille revendication identitaire, que je peux comprendre, même si je ne la partage pas». Il fustige «le gigantisme de cette Communauté d’Agglomération Pays Basque (…), sa naissance aux forceps [en fera] un colosse aux pieds d’argile».

Pallas1

Cliquer sur l’image pour entendre l’intervention complète d’Hervé Pallas, lors du débat du conseil municipal de Bayonne qui eut lieu le 24 mars 2016.

Hervé Pallas vote contre.

6 Commentaires

  1. Antton
    Publié le 20/04/2020 à 16:49 | Permalien

    C’est avec eux que certains membres de Bayonne Verte et Solidaire veulent s’allier pour le second tour ???

  2. xipri
    Publié le 21/04/2020 à 11:26 | Permalien

    Seuls coupables : les socialistes
    Ca y et ! Ils veulent nous culpabiliser! Non ! Ce n’est pas à cause des abertzale que le maire de Bayonne n’est pas socialiste. C’est par la faute des socialistes eux-mêmes. Ne faisons pas un complexe de culpabilté ! S’imaginaient-il sérieusement que nous allions nous renier et voter Etcheto, un de nos adversaires les plus résolus? Lui maire, nous n’aurions aujourd’hui ni Lycée Etxepare, ni collège Estitxu au nom de la loi Falloux votée sous l’empereur Napoleon III, célèbre pour ses vues socialistes. Pas d’accueil des émigrés : Macron, créature des socialistes, y était opposé. Pas plus de collectivité territoriale, de désarmemement ou de paix. Pas de Chambre d’Agriculture du Pays Basque non plus, car pour Etcheto ELB est de droite. Tout cela ne fait pas partie de son monde. Et on nous demande de renier tout cela pour aller avec Etcheto ? Qu’avons-nous en commun ? Vous allez vers un nouvel échec pour les mêmes raisons que la fois d’avant. Ce n’est pas parce que la majorité de l’AG est pour l’alliance avec Etcheto que les électeurs vont lui obéir le doigt sur le pli du pantalon. Elle ne représente que quelques dizaines de voix.
    Le PS nous prend-il pour des imbéciles? Il ont des gens aussi valables et aussi socialistes qu’Etcheto qui ont des façons de voir compatibles avec les nôtres. Les abertzale n’ont-ils pas voté Ecenarro à Hendaye ? Pourquoi avoir écarté à Bayonne les abertzale-compatibles si ce n’est justement, parce qu’en fait, ils veulent appliquer une politique antibasque? Nous aurons droit à de belles paroles pendant la campagne. Etcheto maire, nous entrerions dans une sombre période de régression après des dizaines d’années de progrès : naissance du Batua avec Euskal Idazkaritza, des ikastaldi avec Mende Berri, de Goiztiri, d’UEU, des Editions Elkar, d’Ikas, de Fededunak, de Seaska, des ikastola, de la radio Gure Irratia, de la revue Maiatz, Kantaldi, bertsolari et théâtre en Basque au théâtre municpal etc… Le reste, c’est de la littérature.
    Quand la maison est brûlée, on ne s’en prend pas aux pompiers qui n’ont pas réussi à éteindre le feu. On s’en prend aux incendiaires qui ont allumé le feu.

    • Alexandre
      Publié le 21/04/2020 à 16:13 | Permalien

      Je pense qu’il faut parler de NPS : Nouveau Parti Socialiste, qui ne regroupe que les niveleurs. Les socialistes autres en sont partis.

      Mais il faut aller plus loin maintenant : pourquoi certains bureaux de vote à Bayonne enregistrent près de 50% de voix pour Etxetto ? Notamment les bureaux d’Aristide Briand, Albizzia, Place des Gascons, École Malégarie, bref, les quartiers Saint Etienne et Saint Esprit. Il est vrai que BVO a eu une campagne particulièrement agressive sur ces quartiers, mais cela n’explique pas tout. La sociologie de ces quartier est à prendre en compte. Par exemple : où habitent les classes populaires à la retraite ? Dans quels quartiers s’installent nes nouveaux arrivants ?

      NBureauBTTABVOBBBVSBP/1Hotel de ville Gd Salon11%22%5%47%16%/2Hotel de ville RDC14%28%4%34%19%/3Salle Gramont18%27%4%31%20%/4Ecole Mat Petit Bay17%25%2%37%19%/5Ecole Mat J Ferry16%23%4%38%19%/6Ecole Primaire J Ferry16%27%7%36%15%/7Réfectoir primaire J Ferry17%28%5%31%19%/8Ecole Mat Lahubiague14%26%6%40%13%/9Lahubiague salle de jeu11%32%7%36%14%/10Ecole mat Ohana15%23%8%41%13%/11Classe école Ohana13%25%9%41%13%/12Ecole mat J Moulin10%29%4%43%12%/13Classe J Moulin11%39%4%35%12%/14Ecole prim J Moulin13%22%6%45%14%/15Maison des asso Glain5%32%5%44%13%/16Ecole mat Petit Bayonne13%33%3%31%20%/17Ecole prim Arenes12%34%5%40%10%/18Ecole Arenes Réfectoire10%19%7%54%10%/19Ecole mat Arenes8%18%8%58%8%/20Classe mat Arenes10%19%6%55%10%/21Ecole Marie Curie8%30%9%41%12%/22Citadelle mat12%33%8%34%13%/23Aristide Briand10%35%6%37%11%/24Aristide Briand réf 16%41%5%37%10%/25Aristide Briand réf 210%42%4%35%9%/26Albizzia7%40%3%40%9%/27Place des Gascons CCAS7%49%5%31%7%/28Ecole mat Malégarie5%50%4%35%5%/29Arrousset 19%34%5%37%16%/30Arrousset 26%27%6%49%11%/

      • Alexandre
        Publié le 21/04/2020 à 16:34 | Permalien


        N|Bureau |BTTA|BVO |BVS |BB |BP |
        1|Hotel de ville Gd Salon |47 %|22 %|16 %|11 %|05 %|
        2|Hotel de ville RDC |34 %|28 %|19 %|14 %|04 %|
        3|Salle Gramont |31 %|27 %|20 %|18 %|04 %|
        4|Ecole Mat Petit Bay |37 %|25 %|19 %|17 %|02 %|
        5|Ecole Mat J Ferry |38 %|23 %|19 %|16 %|04 %|
        6|Ecole Primaire J Ferry |36 %|27 %|15 %|16 %|07 %|
        7|Réfectoir primaire J Ferry |31 %|28 %|19 %|17 %|05 %|
        8|Ecole Mat Lahubiague |40 %|26 %|13 %|14 %|06 %|
        9|Lahubiague salle de jeu |36 %|32 %|14 %|11 %|07 %|
        10|Ecole mat Ohana |41 %|23 %|13 %|15 %|08 %|
        11|Classe école Ohana |41 %|25 %|13 %|13 %|09 %|
        12|Ecole mat J Moulin |43 %|29 %|12 %|10 %|04 %|
        13|Classe J Moulin |35 %|39 %|12 %|11 %|04 %|
        14|Ecole prim J Moulin |45 %|22 %|14 %|13 %|06 %|
        15|Maison des asso Glain |44 %|32 %|13 %|05 %|05 %|
        16|Ecole mat Petit Bayonne |31 %|33 %|20 %|13 %|03 %|
        17|Ecole prim Arenes |40 %|34 %|10 %|12 %|05 %|
        18|Ecole Arenes Réfectoire |54 %|19 %|10 %|10 %|07 %|
        19|Ecole mat Arenes |58 %|18 %|08 %|08 %|08 %|
        20|Classe mat Arenes |55 %|19 %|10 %|10 %|06 %|
        21|Ecole Marie Curie |41 %|30 %|12 %|08 %|09 %|
        22|Citadelle mat |34 %|33 %|13 %|12 %|08 %|
        23|Aristide Briand |37 %|35 %|11 %|10 %|06 %|
        24|Aristide Briand réf 1 |37 %|41 %|10 %|06 %|05 %|
        25|Aristide Briand réf 2 |35 %|42 %|09 %|10 %|04 %|
        26|Albizzia |40 %|40 %|09 %|07 %|03 %|
        27|Place des Gascons CCAS |31 %|49 %|07 %|07 %|05 %|
        28|Ecole mat Malégarie |35 %|50 %|05 %|05 %|04 %|
        29|Arrousset 1 |37 %|34 %|16 %|09 %|05 %|
        30|Arrousset 2 |49 %|27 %|11 %|06 %|06 %|

        • Antton
          Publié le 21/04/2020 à 19:38 | Permalien

          Oui, il faudra évidemment essayer de prendre en compte la sociologie de ces quartiers, c’est vrai.
          Mais pour l’heure, il s’agit avant tout de faire barrage au Valls local.

    • Piarres
      Publié le 22/04/2020 à 14:13 | Permalien

      Lorsque les Etcheto, Duzert et autres Pallas ont fait ces déclarations au conseil municipal de Bayonne et voté contre la création de la Communauté d’agglo Pays Basque, contre le financement des travaux du collège Estitxu, contre la statue du processus de paix, la plupart des observateurs ont souligné une chose. En agissant ainsi, la gauche bayonnaise jetait elle-même dans la Nive les clefs lui donnant accès à la gestion de la mairie en 2020. Les élections de 2014 avaient démontré que seul l’apport des abertzale offrait cette possibilité à la gauche. Cette dernière a disposé de six années pour envoyer des signes, arrondir les angles, préparer le terrain et effectuer en douceur un rapprochement. En d’autres termes, se rendre abertzale-compatible. La gauche socialiste et communiste a fait très exactement de contraire. Elle n’a fait que creuser le fossé qui nous sépare d’elle, elle en a fait un gouffre. Demain, pas une seule voix abertzale n’ira en faveur d’une liste conduite par Henri Etcheto. Désormais à Bayonne, les jeux sont déjà faits.

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