Dérives par Jean Haritschelhar

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On vient de vivre une époque spéciale d’une année entière. Elle a commencé avec le choix hautement médiatisé du candidat socialiste à l’élection présidentielle, elle s’est poursuivie par les deux tours à la dite élection, elle se termine enfin par les législatives et deux votes consécutifs en une semaine. Ouf! Enfin un peu de calme!
Passons sur les péripéties qui ont vu la confirmation de François Hollande et, bien sûr, la focalisation des instruments de communication de masse sur Dominique Strauss-Kahn, la lamentable affaire du Sofitel de New-York, le procès au pénal suivi du procès au civil. ça suffit!
Le premier tour des présidentielles ne laissaient pas de doute sur la présence des représentants de l’UMP et du PS au second tour, mais, dès lors, les médias se sont orientés sur le troisième homme (ou femme) le duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sans toutefois oublier François Bayrou à cause de son score en 2007.
On nous a cassé les oreilles avec le duel entre Sarkozy et Hollande et, cela, pendant quinze jours, culminant au débat du jeudi et le “suspense” dans l’attente du grand soir du 6 mai 2012 et l’annonce à 20 heures du gagnant. C’est là que l’on frise le ridicule car bien d’autres tout comme moi savaient dès 19h30 quel serait le président de la République. On n’arrête pas le progrès dû à Internet, mais il serait bon que l’heure de la clôture des votes soit la même dans toute la France et que l’on ne navigue pas entre 18 et 20 heures.
Viennent enfin les législatives et l’hégémonie du “suspense” organisé. Combien de triangulaires? Combien de duels entre la gauche ou la droite et le Front national? Quel majorité se dégagera? Sur les 541 élections (36 ayant été acquises au premier tour) il semblait que tout se résumait à deux duels, les 539 autres n’ayant que peu d’intérêt. Par le choix des mass media tout se concentrait sur Henin-Beaumont et La Rochelle. Certes, on s’inquiétait du sort de quelques personnalités, celui de Jean-François Copé, Xavier Bertrand, N. K. M. à Longjumeau, Nadine Morano, ainsi que celui des ministres qui ne seraient pas reconduits en cas de défaite, un sort particulier était réservé à François Bayrou. L’essentiel auquel on ne pouvait échapper se résumait aux deux duels, Marine Le Pen et le troisième homme soutenu par Mélenchon et, à La Rochelle, Ségolène Royal et le socialiste dissident Falorni. On en connaît le résultat: celles qui ont le plus mobilisé les télévisions, Ségolène Royal et Marine Le Pen sont finalement éliminées. Le point d’orgue et, à mon sens, la dérive majeure en est que les mass media aient pu accepter le réquisitoire de Ségolène Royal contre son adversaire un quart d’heure avant le fameux 20 heures, bravant toute interdiction. Messieurs les journalistes, le droit de refus existe et la recherche du scoop ne doit pas conduire à la soumission. Basta! Aski! ça suffit!
Par contre, j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt l’émission de Serge Moati sur France 3 le mardi 19 juin à 22h45, émission intitulée “Législatives 2012, la vraie campagne”. Serge Moati a suivi quelques candidats qui n’ont pas fait la une dans diverses circonscriptions aussi bien à Meaux qu’en Indre et Loire entre autres, dans leur quête des suffrages dans des salles ou sur les marchés ou au cours de réunions de militants prêts à aider et à mettre la main à la pâte. Rien sur La Rochelle, à peine une allusion à Hénin-Beaumont lorsque Jean-Marie Le Pen, venu saluer la victoire de sa petite-fille à Carpentras, reçoit un coup de téléphone de sa fille qu’il console très paternellement. De la vraie télévision pour une vraie campagne. Merci Monsieur Moati!

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