
Le samedi 11 avril dernier, Alain Iriart a été élu président de la Communauté d’Agglomération Pays Basque à la majorité absolue. Il détaille pour Enbata les circonstances de son élection et ses projets pour la CAPB.
Enbata : Egun on Alain. Tu as été élu à la présidence de la CAPB, tu as paru surpris. Raconte-nous cette élection.
Alain Iriart : Certes, je n’étais pas favori sur la ligne de départ mais j’avais senti durant mes échanges dans les pôles que le projet et la méthode de travail proposés correspondaient aux attentes de beaucoup d’élus. Mon expérience d’élu de terrain, le fait que je me consacre à l’Agglomération, mon discours de présentation au début de l’assemblée, qui a été très apprécié, m’a-t-on dit, tout ceci m’a permis de faire un bon score au premier tour. Et cette confiance accordée au premier tour s’est confirmée au second. C’est une confiance qui m’a procuré de l’émotion et qui surtout m’engage.
Certains articles de presse parlent d’un accord avec Peio Etxeleku. Peux-tu préciser comment s’est passée la suspension de séance ?
J’ai demandé une suspension de séance pour discuter avec quelques élus proches pour évoquer le deuxième tour. C’était prévu. La décision est rapide, je suis second et me maintiens. Je vais voir Jean-René Etchegaray, et lui dis mon intention et que, quel que soit le résultat, il faudra travailler ensemble. J’ai vu Peio Etxeleku à qui j’ai dit la même chose. Peio Etxeleku a pris ses responsabilités en appelant à titre personnel à voter pour moi. Je le remercie vivement de son soutien. Par contre, je ne savais pas si les élus se positionneraient en ma faveur. À mon sens, ce fut le cas car certains points nous étaient communs, comme par exemple celui de la mise en responsabilité des élus ou encore la question relative aux missions attribuées aux pôles territoriaux. Il me semble que ce vote a été l’expression d’une volonté de changement qui s’est exprimée démocratiquement.
Quels sont les enjeux de la présidence de la CAPB ?
Les enjeux du président sont les enjeux de l’institution. Les plus forts se situent sur les thèmes du logement accessible et social, des mobilités douces et des transports en commun, de la transition écologique, des langues basque et gasconne, de l’agriculture, de l’économie ou encore de l’emploi bien évidemment.
« Les enjeux les plus forts se situent sur les thèmes du logement accessible et social, des mobilités douces et des transports en commun, de la transition écologique, des langues basque et gasconne, de l’agriculture, de l’économie ou encore de l’emploi bien évidemment. »
Ils sont identifiés dans le Projet de territoire Pays Basque et déclinés en politiques publiques pour répondre aux besoins essentiels des habitants. Plus précisément, ils nous amènent à aménager le territoire en enclenchant un nouvel équilibre littoral-intérieur sans oublier les communes du rétro-littoral : apaiser la côte, dynamiser l’intérieur, ajuster le rétro-littoral, tout ceci en fonction des besoins sociaux. Le président doit faire partager le projet et travailler à sa mise en œuvre.
Cette institution, sans suffrage direct, est une émanation des communes plus qu’une représentation politique comme le Département ou la Région. Qu’est-ce que cela implique pour l’exercice de la présidence ?
Je répondrai encore que quel que soit le mode d’élection, l’exercice du président et celui de tous les élus est de réaliser le projet politique pour répondre aux besoins. L’oublier en route signifierait à terme l’échec de la démarche. Il nous faut donc travailler ensemble pour le mettre en œuvre tout en étant vigilants sur les nouveaux défis à relever.
« Je propose à tous d’être en responsabilité, en situation de choix et d’arbitrage, que ce soit en exécutif sur les orientations stratégiques comme en pôle sur les compétences de proximité. »
La CAPB fonctionne avec une forte dose de consensus. En 2020, un seul candidat s’était présenté, cette fois quatre. Que voudrait dire le nouveau président aux maires et conseillers communautaires qui n’ont pas voté pour lui ?
Je propose à tous d’être en responsabilité, en situation de choix et d’arbitrage, que ce soit en exécutif sur les orientations stratégiques comme en pôle sur les compétences de proximité. À ceux qui hésitent, je leur dis de saisir cette belle opportunité d’action collective.
La gouvernance de l’institution a souvent été montrée du doigt. Au-delà des déclarations d’intention, quels leviers faut-il activer pour en améliorer le fonctionnement ?
Ce que je viens de dire sur la déclinaison des responsabilités en exécutif et en pôle ne sont pas des intentions mais une organisation, des missions et des tâches concrètes des élus. Les élus doivent être au cœur des institutions pour choisir, orienter, corriger. La nouvelle organisation sera élaborée, débattue, expérimentée et mise en œuvre. Nous répondrons ensemble à cette forte attente.
Tu as décidé de laisser le fauteuil de maire d’Hiriburu pour te consacrer à la CAPB, pourquoi ce choix ?
Ce n’est pas la première fois que je décide de me consacrer pleinement à une tâche et de privilégier un mandat en renonçant à un autre (en 2017, à la création de la CAPB, j’avais démissionné du Département pour me consacrer à mon poste de vice-président). C’est une décision essentielle pour permettre d’atteindre dans des conditions optimum les objectifs du projet. Le temps passe vite et l’énergie doit être à son maximum, la capacité de travail excellente. Et comme nous ne sommes que des humains, je considère que c’est une bonne décision à la fois pour la commune et pour la CAPB.
Quels sont les dossiers prioritaires du mandat qui s’ouvre ?
Les dossiers urgents qui sont sur la table sont : la réorganisation du contrat de la RATP et ses conséquences politiques et financières; les choix politiques et modes de gestion de l’eau; le logement accessible et social à privilégier; la transition écologique à accélérer.
Le dossier de l’euskara fait face à des freins importants. Quel rôle entends-tu jouer à la tête de la CAPB ces prochaines années ?
L’euskara et le gascon font partie des enjeux importants. La CAPB doit poursuivre son action déterminée au sein de l’OPLB, convaincre ses partenaires, et en tout premier lieu l’État, qui a une responsabilité capitale pour assurer l’existence et le développement de l’euskara aux côtés de tous les acteurs, en œuvrant dans le domaine de la langue, de la culture, de la communication.
Sur la question du logement, l’Agglomération a montré être l’échelle pertinente pour avancer des dossiers comme la compensation par exemple. Comment aller plus loin sur le sujet ?
La mesure de compensation, l’encadrement des loyers, le logement accessible, le logement social, la maîtrise financière constituent tous les maillons essentiels d’une politique de logement permanent plutôt que secondaire, et de logement social pour les plus en difficulté d’entre nous.
Et le thème de l’Office de l’agriculture et de l’alimentation ?
Pour l’Office de l’agriculture et de l’alimentation mais également pour les questions essentielles de la transmission, des revenus agricoles, du foncier agricole, des aides financières, la CAPB doit veiller à répondre à l’ensemble des demandes des acteurs pour être efficace. L’attente est forte dans le monde agricole et le partenariat, le dialogue, sont absolument nécessaires.
Tous ces sujets peuvent éventuellement trouver un nouveau souffle en cas d’évolution institutionnelle. Comment avancer sur cette voie ?
Sur cette question comme sur les autres, je vous dirai qu’il faut se mettre au travail, explorer toutes les pistes, les expertiser, les tester, dialoguer avec tous les acteurs : État, Département, Région, pour optimiser les politiques publiques. Lana eta elgarrizketa, ez dut beste biderik ikusten.

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