Voilà pourquoi je ne suis pas vaccinée

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Gaby Arestegui
Gaby Arestegui
Pemanente d'EHBai
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MaialenArestegui

Conséquence politique d’un système qui compromet notre avenir, la crise du Covid-19 ne peut être résorbée par des mesures d’urgences et des visions court-termistes.

Tout juste un an après avoir découvert le premier cas de Covid-19, les premiers vaccins aux technologies inédites étaient déjà sur le marché. En temps normal, cela nécessiterait presque 10 ans. Une prouesse scientifique qui démontre, encore une fois, que tout est question de priorité. Mais encore faut-il s’accorder à les hiérarchiser au risque d’aggraver la situation. Ne refermons pas le débat trop vite, tout du moins posons-nous sereinement les bonnes questions afin que l’on ressorte plus fort de cette crise et que l’on assure, pour l’avenir, l’intérêt commun le plus durable.

Je crois qu’il existe des raisons et des manières très différentes de s’opposer aux vaccins contre le Covid-19. Pourtant le débat se polarise de manière systématique et manichéenne autour du clan des vaccinés ou des non-vaccinés, souvent amalgamés avec les anti-pass-sanitaires, les anti-vaccins ou les complotistes. Chacun caricature la position de l’autre, ce qui annule toute possibilité de débat serein.

Le corps a ses raisons que la raison…

De façon générale, le manque de recul sur ces vaccins est l’un des premiers arguments avancés pour justifier le fait de ne pas encore être vacciné. Selon l’enquête CoviPreves, les femmes seraient plus hésitantes que les hommes à sauter le pas. Un rapport au corps plus investi pourrait expliquer ce doute majoritairement féminin. Les femmes ont en effet appris à écouter et observer leur corps en raison notamment des cycles menstruels, de la maternité et certainement aidées par un conditionnement social. Ce sont d’ailleurs en majorité les femmes qui ont à charge la santé et le soin des enfants dans un couple. La raison qui explique peut-être, le fait qu’elles soient plus regardantes sur les effets secondaires qui se développeraient dans le temps.

En tant que jeune femme sans enfants, je comprends et partage cette réticence physique et instinctive quant à l’injection de plusieurs doses d’un vaccin-test. Il ne s’agit pas seulement de notre propre corps, mais aussi de la santé d’une potentielle postérité dont on se sent intimement les seules responsables. L’accélération de la mise en place des vaccins s’explique aujourd’hui, en partie, par le manque de résilience du système de santé publique, résultat de politiques de rentabilité. Il s’agit alors pour les décideurs politiques de libérer notre système hospitalier pour faire reprendre l’activité économique au plus vite. Et ce, sans s’attarder sur la véritable cause de l’émergence de cette nouvelle maladie infectieuse.

Conséquence d’un système

Le livre La fabrique des pandémies de Marie- Monique Robin tente d’apporter une réponse à cette question. Le Covid-19 serait la conséquence tout à fait prévisible d’un système, notamment à travers le développement de l’agriculture intensive et la pression exercée par les activités humaines sur la biodiversité. Selon l’OMS, l’émergence de ces maladies infectieuses est en constante progression, passant d’une émergence tous les 10 à 15 ans en 1970, à environ trois par an aujourd’hui. L’épisode de zoonose d’influenza aviaire que nous avons connu en début d’année tend à se banaliser et se généraliser. Le mois dernier, sur décision de l’Etat français, ce sont donc 1600 canards sains et en bonne santé, des races locales, qui ont été abattues à Bidache. Comme le dénonçait le syndicat agricole ELB, c’est cette agriculture intensive basée sur cette même logique productiviste qui est à l’origine de la propagation de ces maladies. Nous réagissons donc dans l’urgence pour solutionner, depuis la même vision court-termiste, une conséquence d’un problème systémique.

Quelles sont nos priorités ?

Le sixième Rapport d’évaluation du GIEC rappelle qu’à moins de réductions immédiates, rapides et massives des émissions de gaz à effet de serre, la limitation du réchauffement aux alentours de 1,5°C, ou même à 2°C, sera hors de portée. Les conséquences du dépassement des 2°C seraient irréversibles et sans commune mesure avec celles du Covid.

Depuis le début de la pandémie, des sacrifices sont exigés de la part des plus jeunes pour l’intérêt général et pour sauver des vies. Nous sommes en droit de nous poser les questions suivantes

• Pourquoi accepter de se faire vacciner contre une maladie qui comporte peu de risques pour nous, si c’est pour retourner au monde d’avant qui nous condamne à un futur invivable ?

• Aujourd’hui (2018) de 81 ans, quelle sera l’espérance de vie dans 30 ans ?

• Quand va-t-on enfin faire preuve de solidarité générationnelle envers les plus jeunes et les générations prochaines ?

• Ne sommes-nous pas en train de manquer ce carrefour historique pour tenter de retrouver le monde d’avant quoiqu’il en coûte ?

155 000 000 000 d’euros, c’est le montant dépensé pour aider les entreprises sur l’année 2020 sans garanties de contreparties écologiques. Aussi longtemps que les solutions de sortie de crise seront motivées par des politiques court-termistes de relance de la croissance, qui ne placent pas l’urgence climatique comme priorité, je ne vois aucun intérêt collectif durable à se faire vacciner.

11 Commentaires

  1. SORHAITS Pierre
    Publié le 13/09/2021 à 21:21 | Permalien

    Je suis un jeune retraité doublement vacciné .
    Ma décision d’accepter ce vaccin s ‘est vu compliquée par le tissu de mensonges proférés par ceux qui nous gouvernent . Quand a choisir parmi les experts certains qui sont grassement payés par les laboratoires n’a pas été rassurant .
    C’est donc avec un brin de lâcheté , lorsque j’ai constaté qu’au bout d’un an très peu de vaccinés mourraient , que j’ai osé prendre le risque .
    Plus jeune , comme Gaby , peut-être aurais je attendu plus longtemps .
    Pour autant je ne pense pas qu’on puisse refuser la vaccination parce que les valeurs écologiques ne sont toujours pas respectées .
    Macron a été élu démocratiquement et le sera très probablement en mai 2022 . Cette éventualité ne m’enchante pas mais il faut faire avec .Il veut bien qu’on s’entasse dans le métro pour aller au boulot .

  2. Frédéric Duhart
    Publié le 13/09/2021 à 23:16 | Permalien

    Vous demandez: « Pourquoi accepter de se faire vacciner contre une maladie qui comporte peu de risques pour nous, si c’est pour retourner au monde d’avant qui nous condamne à un futur invivable ? »
    Une partie de la réponse ne serait-elle pas: « parce qu’il est utile si l’on veut changer le monde d’être capable de penser à l’Autre (en l’occurrence aux personnes âgées, aux diabétiques, aux obèses, etc.).
    « Quand va-t-on enfin faire preuve de solidarité générationnelle envers les plus jeunes et les générations prochaines ? »
    La solidarité générationnelle ne commence-t-elle pas, loin des grands discours idéologiques, en acceptant deux injections de rien du tout quand on est jeune, pour faire que les personnes âgées aient non seulement moins de risques d’être contaminées mais aussi le droit de revenir à une vie normale pour le temps qui leur reste à vivre (avec des sorties sans contrôles sanitaires, des fêtes de Bayonne, etc.)? Pensez aussi aux plus jeunes que vous, je ne supporte plus de voir des bambins obligés de jouer avec des masques, etc. Se faire vacciner pourrait donc être un acte de solidarité.

  3. ANTTON B
    Publié le 14/09/2021 à 23:54 | Permalien

    Voila un discours qui frôle le complotisme .
    Comment peut on parler de vaccin-test alors que les premier vaccins a technologie ARN aurai due sortir dans les année 2022 – 2023 et que des scientifiques travaillent sur sa depuis 20 a 30 ans . Que depuis 2016 des travaux pour crées des vaccins contre les rhumes classiques a coronavirus avais été entrepris et que cela a montrer de bon résultats sur les singes . Que en 2003 , au moment de l’épidémie de SRAS-covid un vaccins été en cour de fabrication mais il n’a jamais été mis sur le marché pour la simple raison que l’épidémie avait été controler par les quarantaines . Et puis il faut rappeler que chaque année le vaccin anti-grippe est réactualiser et que sa production ne prend que 6 mois !
    Alors oui ont a le droit d’avoir peur d’une piqûre , mais faire passer cela pour un acte politique et militant contre le patronat qui veut remettre le peuple au travail . En un acte anti-capitaliste et écologiste avec une pointe de féminisme . C’est un peu gros !!
    Mon soucie c’est que il est écrit en haut de l’article  » permanent EHBai  » . Et par malheur on vie a une époque ou les gens doutes de tout ! Ou les gens sont complétement perdu ! Et EHBai est un phare dans dans une nuit sombre , un espoir . Un parti qui est écouté et qui dit la vérité dans un océan de mensonges .
    Le covid 19 est une saloperie qui va se cacher au plus profond des poumons et qui provoquent des nécroses ( ou pourrissement ) des alvéoles pulmonaires et le seul remède c’est la vaccination !

    • Alkisala
      Publié le 15/09/2021 à 11:23 | Permalien

      @ antton
      non Monsieur, le seul remède n’est pas la vaccination car elle ne sert à rien, et le vaccin ne protège pas ! Les médicaments proposés par le Pr Raoult étaient les bons, mais si peu chers, qu’on dit qu’ils ne sont pas efficaces (après 50 ans sur le marché…)
      Demandez vous qui a lancé le virus, et pourquoi ? et les grosses entreprises pharmaceutiques qui se font la guerre du vaccin, l’obligation pour un virus qui tue moins qu’une grippe…
      Je vous laisse réfléchir.

      • ANTTON B
        Publié le 15/09/2021 à 23:11 | Permalien

        Le Pr Raoult n’est rien de plus que un charlatan . Et un pays de sciences comme la était la France c’est totalement ridiculiser aux yeux du monde avec se genre de personnage . Le fameux hidroxicloroquine qu’il a voulu vendre a autant d’efficacité que de la pisse de chameaux .
        Vous prenez les autorités Chinoises pour des imbéciles ou quoi ?
        Au début de l’épidémie les chinois on testés de centaines de molécules ( anti grippe , anti VIH , anti virale dérnieres générations contre Ebola , anti paludisme dont l’Hidroxicloroquine ) et rien n’a marché . Et en Chine ont ne demande pas l’autorisation a la famille du malade pour savoir si il veut étre cobayes ou pas !
        Donc les Chinois ont utiliser la maniére forte , confinées 50 millions d’habitant de Wuhan et de sa région , clouer les portes des gens qui été contaminer et parfois les laisser mourir chez eux ! Pendants 2 mois la Chine été a l’arrét .
        Et aujourd’hui encore quand un seul cas apparait il sont capables de confiner un quartier de 100 000 habitants .
        Le Président Xi Jinping n’a pas peur de la grippe , par contre le covid 19 lui donne des sueurs froides . Pourquoi donc ?
        Je vous laisse réfléchir.

  4. Bernard
    Publié le 15/09/2021 à 11:11 | Permalien

    Voilà des propos pleins de bon sens, exprimés sur un ton qui nous change. Bravo à Gaby d’avoir osé, en ces temps noirs pour la libre expression, expliquer sa position. Mais, elle aurait aussi pu aller beaucoup plus loin. Elle aurait pu rappeler que ces vaccins sont expérimentaux. Que ceux qu’on baptise avec mépris d’antivax, ne sont pas, et loin de là contre tous les vaccins. Ils sont contre CES vaccins. Et ils ont leurs raisons. Mais ont-ils le droit de les expliciter ?
    Nous avons connu un référendum sur l’Europe, piétiné par Sarkozy. Et l’on a taxé les français d’anti-Europe. C’était faux. Les français étaient contre l’Europe qu’on leur proposait. Et, avec le recul, avaient-ils vraiment tort? Aujourd’hui ceux qui doutent du vaccin ne sont pas majoritairement des antivax, seulement des personnes inquiètes sur les conséquences possibles de CES injections. Il est quand même extraordinaire que seule la santé soit exclue du principe de précaution !
    Au surplus, les dernières études montrent de façon éclatante que la vaccination ne sert à rien pour protéger du virus. Les vaccinés sont porteurs comme les autres. Tout aussi dangereux que les autres pour leur entourage, y compris et surtout les seniors. Peut-être même plus dangereux dans la mesure où, vaccinés, ils sont persuadés ne pas être dangereux.
    La vaccination ne permet en aucun cas le retour à ce qu’on appelle la vie normale (si tant est que la vie normale se limite au superficiel : aller au restaurant !). Les exemples étrangers comme Israël sont là pour le prouver. La vaccination est, au mieux, une tentative très incertaine d’enrayer une épidémie beaucoup moins dramatique qu’on veut nous le faire croire quand on analyse de près les chiffres, même officiels, de la mortalité.
    Quant aux masques ! on pourrait gloser des heures sur leur réelle efficacité.
    Je suis un senior. Je ne suis pas vacciné et je ne le serai pas (on verra bien jusqu’où la tyrannie sanitaire de notre gouvernement osera aller). Je suis solidaire, moi senior, des jeunes générations. Je ne souhaite pas que leur vie soit un jour aggravée, voire détruite, en raison d’une expérimentation de masse. Je me battrai pour que mes sept petits-enfants ne soient pas obligés de le faire. J’ai vécu ma vie, de quel droit priverai-je mes enfants et mes petits-enfants de la leur, au nom d’un très hypothétique amélioration de la situation avec deux injections qui sont tout sauf deux injections de rien du tout. Bien mieux, il est désormais dépassé de parler de deux injections, on veut nous en imposer trois, et bientôt quatre, à terme, sans doute, plusieurs fois par an….
    Depuis le début de cette crise, des voix de spécialistes du monde entier (qui ne sont pas marqués du sceau du conflit d’intérêt) alertent sur ces points. Ils ne sont pas sur les plateaux de télévision, ils ne sont pas dans la presse. Dès lors qu’ils expriment le moindre scepticisme (pas même une position opposée à…), ils sont éjectés de tous les réseaux de communication. Et s’ils avaient eu raison depuis le début ? Que diraient alors ceux qui poussent par la force ou autrement à la vaccination ? Dans tous les cas, qu’ils ne disent jamais « nous ne savions pas ».

    • Alkisala
      Publié le 15/09/2021 à 11:24 | Permalien

      parfaitement d’accord avec vous Bernard

    • David L
      Publié le 15/09/2021 à 21:24 | Permalien

      Que ceux qu’on baptise avec mépris d’antivax, ne sont pas, et loin de là contre tous les vaccins. Ils sont contre CES vaccins. Et ils ont leurs raisons. Mais ont-ils le droit de les expliciter ?

      - Oui, il le font d’ailleurs assez largement,

      Nous avons connu un référendum sur l’Europe, piétiné par Sarkozy. Et l’on a taxé les français d’anti-Europe. C’était faux. Les français étaient contre l’Europe qu’on leur proposait. Et, avec le recul, avaient-ils vraiment tort?

      - Je ne suis pas en désaccord, mais c’est sans rapport avec la problématique du vaccin

      Aujourd’hui ceux qui doutent du vaccin ne sont pas majoritairement des antivax, seulement des personnes inquiètes sur les conséquences possibles de CES injections. Il est quand même extraordinaire que seule la santé soit exclue du principe de précaution !

      - Pour rappel le principe de précaution « expose que malgré l’absence de certitudes, à un moment donné, dues à un manque de connaissances techniques, scientifiques ou économiques, il convient de prendre des mesures anticipatives de gestion de risques eu égard aux dommages potentiels immédiats et futurs sur l’environnement et la santé » (Wikipedia). Le consensus scientifique est tellement en faveur de la vaccination (voir par la recension du résultats d’études sur le site de la CDC https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/science/science-briefs/fully-vaccinated-people.html) que le principe de précaution impose justement la vaccination en termes de gestion des risques potentiels sur la santé. Le principe de précaution doit s’appliquer en premier lieu au virus lui-même, dont les dégâts ne sont malheureusement plus à démontrer.

      Au surplus, les dernières études montrent de façon éclatante que la vaccination ne sert à rien pour protéger du virus.

      - Lesquelles ? Ce récent article de synthèse sur la question de Nature n’en fait pas état : https://www.nature.com/articles/d41586-021-02187-1

      Les vaccinés sont porteurs comme les autres. Tout aussi dangereux que les autres pour leur entourage, y compris et surtout les seniors. Peut-être même plus dangereux dans la mesure où, vaccinés, ils sont persuadés ne pas être dangereux.

      - Encore une fois, qu’est-ce qui vous permet de dire cela ? Il ressort de la référence précédente plusieurs études ont indiqué que la charge virale chez les vaccinés infectés pouvait atteindre un niveau équivalent à celui des non vaccinés, mais sur une durée plus courte, ce qui baisse donc leur contagiosité globale. Une récente étude massive sur 100000 personnes choisies au hasard permet de prendre en compte des asymptomatiques et conclut à une charge virale inférieure chez les vaccinés. Dans le modèle actuellement utilisé par l’Institut Pasteur (https://modelisation-covid19.pasteur.fr/evaluate-control-measures/impact-partially-vaccinated-population/), le risque de transmission si une personne vaccinée est infectée est deux fois plus faible que pour une personne non vaccinée. Par contre, oui, le fait d’être vacciné n’exonère pas de prendre des précautions vis-à-vis de la transmission !

      La vaccination ne permet en aucun cas le retour à ce qu’on appelle la vie normale (si tant est que la vie normale se limite au superficiel : aller au restaurant !).

      - On peut probablement s’accorder que le Covid sera devenu une nuisance « acceptable » une fois qu’il aura disparu, ou que ses manifestations seront suffisamment bénignes pour ne pas saturer le système de santé. Si l’on veut que le virus disparaisse, il faut que son taux de reproduction effectif (noté R, en gros le nombre de personnes que chaque personne infectée contamine sur la période où elle est contagieuse) soit plus petit que 1. Si l’on ne prend aucune mesure, ce taux (noté R0, alors appelé taux de reproduction basique) est estimé pour le variant delta à R0=6,6. Pour passer d’un tel R0 a un R inférieur à 1. On peut relier les deux par la formule R=sR0, où s est donc la proportion de la population susceptible d’attraper la maladie. Le but est donc de faire baisser cette proportion, et pour cela deux moyens : l’immunité (par infection naturelle ou vaccination) et les mesures de distanciations sociales. Première option : on choisit de rechercher l’immunité collective. Doit-on alors la rechercher via l’infection naturelle ou par vaccination ? Réponse : la vaccination, sans le moindre doute possible (voir par exemple cette infographie de la British Society for Immunology https://www.immunology.org/coronavirus/connect-coronavirus-public-engagement-resources/covid-immunity-natural-infection-vaccine), à moins d’être prêt à assumer des dizaines de morts inutiles. Deuxième option : on privilégie les mesures de distanciation sociale de type confinement. Ce n’est pas une option qui m’attire particulièrement ! Le fait est qu’aucune de ces deux options ne peut fonctionner à elle seule : le R0 élévé du variant delta, combiné à l’efficacité partielle (même si elle reste très bonne) des vaccins font que l’immunité collective ne pourra pas être atteinte par la seule vaccination, et qu’il faudra donc pour faire atteindre un R inférieur à 1 prendre des mesures de distanciation sociale. Ces mesures de distanciations sociales seront d’autant plus strictes que la proportion de non vaccinés sera élevée. On trouvera peut-être -espérons-le- des traitements efficaces contre le Covid et qui permettront de vivre avec, ce qui ouvrira d’autres options, mais à ma connaissance ce n’est aujourd’hui pas le cas. En attendant, la vaccination reste le meilleur moyen de se rapprocher d’une « vie normale ».

      Les exemples étrangers comme Israël sont là pour le prouver. La vaccination est, au mieux, une tentative très incertaine d’enrayer une épidémie beaucoup moins dramatique qu’on veut nous le faire croire quand on analyse de près les chiffres, même officiels, de la mortalité.

      - Je ne vois pas ce que l’exemple d’Israël « prouve » si ce n’est que le fait que 60% de personnes hospitalisées sont complètement vaccinées est parfaitement complètement compatible avec une efficacité du vaccin de 85%-95% contre les formes graves.

      Quant aux masques ! on pourrait gloser des heures sur leur réelle efficacité.

      - Oui mais ça ne servirait pas à grand-chose. Pour ma part, je n’ai pas d’élément pour remettre en cause ce qui me semble être un consensus scientifique sur l’efficacité des masques (voir par exemple https://www.pnas.org/content/118/4/e2014564118 ou plus récemment https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34490465/) – étant entendu bien sûr, que comme les vaccins, ils ne sont pas efficaces à 100%. C’est l’une des mesures de distanciation sociale qui font baisser le coefficient s dont j’ai parlé plus haut.

      Je suis un senior. Je ne suis pas vacciné et je ne le serai pas (on verra bien jusqu’où la tyrannie sanitaire de notre gouvernement osera aller). Je suis solidaire, moi senior, des jeunes générations. Je ne souhaite pas que leur vie soit un jour aggravée, voire détruite, en raison d’une expérimentation de masse.

      - Comme je l’ai expliqué plus haut, faire le choix de la non-vaccination impose de devoir prendre des mesures de distanciation sociale plus strictes, et qui me semblent être bien délétère pour l’avenir des jeunes génération qu’une piqure dans le bras. Par ailleurs, le terme d’expérimentation de masse me semble inadapté. Aux Etats-Unis par exemple, au vu de la recrudescence des cas de Covid chez les enfants (dont des cas mortels), l’Académie de Pédiatrie Américaine demande à la FDA d’autoriser la vaccination des 5-11 ans (https://downloads.aap.org/DOFA/AAP%20Letter%20to%20FDA%20on%20Timeline%20for%20Authorization%20of%20COVID-19%20Vaccine%20for%20Children_08_05_21.pdf). La FDA refuse de donner cette autorisation tant qu’elle n’aura pas mené à termes les essais cliniques nécessaires, et recommande : « tant que nous n’avons pas autorisé ou approuvé un vaccin pour la population la plus jeune, il est specialement important que les parents et ceux qui interagissent de près avec des enfants de moins de 12 ans se vaccinent, portent des masques et suivent les autres précautions recommandées » (https://www.fda.gov/news-events/press-announcements/fda-will-follow-science-covid-19-vaccines-young-children).

      Je me battrai pour que mes sept petits-enfants ne soient pas obligés de le faire. J’ai vécu ma vie, de quel droit priverai-je mes enfants et mes petits-enfants de la leur, au nom d’un très hypothétique amélioration de la situation avec deux injections qui sont tout sauf deux injections de rien du tout.

      - Encore une fois, sur quoi vous basez-vous ? L’ANSM n’a à ce jour reporté aucun décès en France imputable aux vaccins, alors que le Covid en a causé 116000. Quant aux effets secondaires du vaccin, ils sont complètement négligeables si on les compare à ceux du Covid.

      Bien mieux, il est désormais dépassé de parler de deux injections, on veut nous en imposer trois, et bientôt quatre, à terme, sans doute, plusieurs fois par an….

      - Que je sache, il n’est pas question « d’imposer » une troisième dose dans l’Etat français. Cette troisième dose est actuellement recommandée à certaines catégories de la population, mais n’est pas nécessaire pour disposer du passe sanitaire. La pertinence d’une troisième dose pour l’ensemble de la population fait clairement débat, mais elle n’est pas à l’ordre du jour.

      Depuis le début de cette crise, des voix de spécialistes du monde entier (qui ne sont pas marqués du sceau du conflit d’intérêt) alertent sur ces points. Ils ne sont pas sur les plateaux de télévision, ils ne sont pas dans la presse. Dès lors qu’ils expriment le moindre scepticisme (pas même une position opposée à…), ils sont éjectés de tous les réseaux de communication. Et s’ils avaient eu raison depuis le début ? Que diraient alors ceux qui poussent par la force ou autrement à la vaccination ? Dans tous les cas, qu’ils ne disent jamais « nous ne savions pas ».

      - Euh… Ils me semblent quant à moi sur-représentés dans les medias par rapport à ce qu’ils représentent dans la communauté scientifique. Sur un autre domaine, combien de fois a-t-on vu par exemple Claude Allègre énumérer erreurs et mal-compréhensions du fonctionnement atmosphérique sur les plateaux télé ou dans ses interviews ? Aujourd’hui on ne l’entend plus et plus grand monde ne doute de l’origine industrielle du réchauffement climatique, mais il avait eu le temps de faire du dégât et de freiner la prise de conscience du problème. C’est le même phénomène que je vois à l’œuvre chez les semeurs de doute.

  5. Fabre
    Publié le 15/09/2021 à 11:57 | Permalien

    Confusionnisme volontaire ou non, absence totale de culture scientifique, -évidemment pour l’acquérir il faut se donner un peu de mal- ignorance délibérée -ou non, soyons bienveillante- de tout ce qui ne va pas dans le sens souhaité, ( par exemple le nombre de morts du COVID, le fait que dès les années soixante la technique de l’ARN messager était connue de l’Institut Pasteur, qu’il y a plus de trois milliards de vaccinés dans le monde, -ce qui donne tout de même un certain recul- que les effets secondaires sont bien connus et minimes, sans rapport avec les séquelles importantes et durables de cette maladie, la décrue du taux d’incidence corrélée à la vaccination, etc…) l’argumentation indigente de l’auteur de l’article fait feu de tout bois (comme si refuser de se faire vacciner faisait avancer en quoi que ce soit la cause écologique et anti capitaliste par exemple) avec le complotisme en arrière-plan. Inutile d’opposer des arguments raisonnables (faire face à l’urgence, préserver sa santé, sauver des vies, être solidaire) à un choix dont les motivations sont profondément irrationnelles, comme l’organisation de plusieurs débats sur le sujet m’en ont convaincue.
    Tout au long de l’histoire les épidémies ont été propices à l’obscurantisme. Heureusement il s’agit de plus en plus de propos d’arrière-garde.

  6. David L
    Publié le 15/09/2021 à 21:26 | Permalien

    Egun on Gabi,
    je partage ton écœurement face à l’inaction générale devant la menace climatique et comme toi je pense que ce manque de « solidarité générationnelle envers les plus jeunes et les générations prochaines » est proprement criminel. Je ne partage par contre pas du tout le raisonnement qui te fait partir de ce constat pour arriver à un refus du vaccin, mais c’est la première fois que je l’entends et j’avoue qu’il m’a un peu interpelé.
    En gros :
    1) On demande aux jeunes de prendre le risque de se faire vacciner par solidarité avec les plus vieux (alors que les jeunes courent peu de risques et qu’au vu de la dégradation prévisible de la vie sur terre il est peu probable qu’ils atteignent un jour l’âge des seniors d’aujourd’hui).
    2) Cette solidarité est univoque puisque les générations actuellement aux postes de responsabilités abandonnent les plus jeunes à un avenir désespérant en se montrant sourds aux alertes répétées des scientifiques et de la nature sur les impacts du réchauffement climatique et de la chute de la biodiversité.
    3) Le vaccin permettra peut-être de sortir de la crise sanitaire actuelle assez rapidement, mais pour mieux repartir tête baissée dans une logique de croissance qui nous mène vers une catastrophe de bien plus grande envergure encore.
    4) Ne pas se vacciner, c’est refuser de participer à cette logique et se donner un moyen de pression pour exiger en contrepartie de placer l’urgence climatique comme priorité des politiques de relance.

    J’ai expliqué dans un autre post pourquoi je suis en total désaccord avec toi sur le fait de se vacciner. Je voudrais juste revenir sur ton argumentation basée, si je l’ai bien comprise, sur un calcul bénéfices/risques un peu original : en refusant le vaccin aujourd’hui, il y aura certes des morts évitables, mais si cela peut conduire à une prise de conscience sur les enjeux écologiques, alors le jeu en vaut la chandelle car cela évitera bien plus de souffrances encore. Il faut quand même être sacrément sûre de son coup pour faire une telle proposition ! Je ne vois pour ma part aucune raison de l’être, bien au contraire :
    - J’ai entendu plusieurs interventions d’opposants au vaccin nier le réchauffement climatique, et aucune allant dans ton sens. Il n’y a à mon avis aucune chance qu’un faible taux de vaccination chez les jeunes soit interprété comme une revendication à prendre des mesures écologiques radicales !
    - Tu t’en prends à la « vieille génération » de manière un peu indiscriminée ; les plus riches sont bien plus responsables du réchauffement climatique que les plus pauvres, or ce sont aussi les mieux vaccinés et donc les plus indifférents à la « menace » que les plus jeunes pourraient faire peser sur eux en laissant courir la pandémie.
    - C’est une très mauvaise idée de commencer à négocier sa solidarité. On a tout à y perdre ! En adaptant à peine ton argument, on pourrait dire que vu que les jeunes ne bénéficieront probablement pas du système de retraite, il faut soutenir le gouvernement Macron dans son offensive contre le système par répartition, tant que les « vieux » ne prendront pas de mesures fortes pour l’environnement. Je pense que tu es d’accord pour dire que ça ne serait pas très malin.

    Je ne vais pas m’étendre mais voudrais juste terminer par un argument de plus pour la vaccination : cela nous permettrait de passer à autre chose et de se mobiliser de nouveau ensemble contre le menace climatique. Le rapport sorti par le GIEC le 9 août dernier a eu beaucoup moins de couverture médiatique que les manifestations anti passe/vax, est-ce une bonne chose ? Et nous n’avons rien pu faire ou presque pendant plus d’un an, et maintenant que nous le pouvons, nous perdons notre énergie avec ces polémiques autour du vaccin. Depuis des années, la science est notre meilleure alliée dans la cause climatique, et nous a permis d’avancer dans la prise de conscience de l’urgence, malgré les efforts des lobby pétroliers et autres climato-sceptiques. Je ne comprends pas pourquoi nous sombrons dans l’irrationalité dès lors que l’on parle de vaccin…

  7. Euskalion
    Publié le 16/09/2021 à 12:51 | Permalien

    Bravo Gaby pour cette intervention. Je désespérais depuis un an et demi que la question du Covid-19 dont on nous rebat les oreilles toute la journée dans les médias n’apparaisse sur Enbata. J’aurais volontiers accueilli tout article sur le sujet, quelque soit son engagement, pourvu qu’il soit autorisé un débat équitable autour.
    Votre intervention apporte apporte un peu de baume sur plaie intellectuelle demeurée béante.

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