Vrais-faux dossiers policiers contre les souverainistes catalans

Le commissaire José Manuel Villarejo connu pour ses méthodes de barbouze.

Le commissaire José Manuel Villarejo en poste de 1993 à 2017, est l’homme de l’intox et des coups tordus. Spécialisé dans les écoutes illégales, il fut chargé par Jorge Fernandez Diaz, ministre de l’Intérieur du gouvernement PP de Mariano Rajoy, de discréditer des personnalités indépendantistes catalanes, pendant la période des référendums d’autodétermination. Tous ses rapports aussi confidentiels qu’anonymes —telles les fameuses « notes blanches » des services de renseignement français— atterrissaient sur le bureau du premier ministre qui en était très friand. Certaines infos faisaient l’objet de fuites dans la presse de droite.

Tout y est passé : le compte en Suisse de 13 millions d’euros appartenant à Xavier Trias (Junts), maire de Barcelone; le nom du fils de l’ex-président catalan Jordi Pujol sur la « liste Falciani » de titulaires de comptes en Suisse à la banque HSBC ; la fille illégitime supposée du président Artur Mas et ses fonds déposés dans des paradis fiscaux ; l’implication dans un réseau de trafic de drogue du patron de la police catalane Josep Lluís Trapero ; l’envoi en prison d’un de ses adjoints Josep Ranea et pendant un an sa suspension sans solde; un dossier de destitution de Rodriguez Sol, procureur général de Catalunya, dès qu’il s’est montré partisan de trouver une formule de consultation des citoyens proche de la voie référendaire ; les commissions dont aurait bénéficié l’ex-président Artur Mas lors de la construction du Palais de la musique catalane et pour la privatisation d’une entreprise publique ; un projet de fuite en Nouvelle-Zélande de l’épouse de Jordi Pujol, ce pays n’ayant pas signé d’accord d’extradition ; la fraude fiscale de la cheffe d’entreprise Sol Dorella, actionnaire principale de Coca-cola, une des plus grandes fortunes de Catalogne, etc.

Le rôle d’un directeur des douanes français

Le hic est que les enquêtes du commissaire reposaient sur des rumeurs et la fabrication de fausses preuves. Concoctées avec l’aide d’un directeur des douanes français, Jean-Michel Pillon, qui « aurait été missionné » en août 2014 pour rassembler des preuves en matière d’évasion fiscale et aurait été payé à hauteur de 25.000 euros prélevés sur les fonds secrets du gouvernement espagnol. Cela rappellera quelques souvenirs aux lecteurs d’Enbata lorsque nous fûmes victimes des agissements d’un autre commissaire de sinistre mémoire… Le rôle de Jean-Michel Pillon a été révélé fin janvier par le prestigieux quotidien de Barcelone La Vanguardia et la radio RAC1.
Lorsque la justice s’est emparée de ces dossiers, ils n’ont abouti qu’à des non-lieux. Mais cela a suffi pour empoisonner la vie de nombreuses personnalités souverainistes et plomber leur quotidien, selon le vieil adage de Francis Bacon : « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». L’action du commissaire Villarejo, lié aux milieux PP et Ciudadanos, s’inscrit dans l’Opération Catalunya qui fut le grand dispositif politique, policier et judiciaire mis en place par le gouvernement Rajoy pour contenir les revendications catalanes. Ces opérations spéciales ne se sont jamais embrassées d’un quelconque respect de la légalité. Pilotées par le ministre de l’Intérieur Jorge Fernández Díaz, elles font aujourd’hui l’objet d’enquêtes judiciaires dans ce que le PSOE appelle aujourd’hui le « Watergate du gouvernement Rajoy ». Ce dernier réplique qu’il est à présent « victime » du pacte signé entre Junts et PSOE, alors que le parlement crée trois commissions chargées d’enquêter sur l’Opération Catalunya. S’ouvrent aujourd’hui les « cloaques de la raison d’Etat » que les responsables politiques de droite osent parer des vertus de la démocratie.
Dans les luttes de libération nationale où tous les coups sont permis, ce type de pratiques survient, avec en première ligne des personnages sulfureux, exécuteurs des basses oeuvres. Les exemples historiques abondent, de l’Occupant allemand luttant contre la Résistance aux « évènements » d’Algérie, en passant par la guerre d’Indochine ou la si peu connue guerre du Cameroun (1). Dans le soi-disant Etat de droit, la fin justifie les moyens.

(1) Cette guerre fit écrire au Premier ministre Pierre Messmer : « Nous avons accordé l’indépendance à ceux qui la demandaient le moins, après avoir éliminé politiquement et militairement ceux qui la demandaient avec le plus d’intransigeance ».

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Une réflexion sur « Vrais-faux dossiers policiers contre les souverainistes catalans »

  1. Hemizikloetan demokraziaren usaia duen politika bat egiten omen du Espainiako gobernu post frankistak, baina itxurazkoa dugu hori . Benetakoa estoldetan egiten du, GALena bezala.

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