Contre l’autonomie de la Corse, les Jacobins montent au créneau

Un concentré de nationalisme français et de jacobinisme. Seize personnalités parisiennes signent le 20 mars une tribune publiée dans le quotidien conservateur Le Figaro. Ils y dénoncent le projet de révision constitutionnelle relatif au statut d’autonomie de la Corse.
« La notion de communauté, désormais constitutionnalisée, inspirera d’autres revendications communautaristes, ethniques ou religieuses », telle est leur crainte principale. Ils redoutent que le projet de statut « voue les Corses à l’assignation communautaire, au repli identitaire et à l’omerta imposés par certains de leurs féodaux » (...)

« Vous êtes en train de capituler devant les séparatistes »

BIDEOA - Le sénateur Les Républicains (LR) Francis Spizner a ainsi interpellé le 13 mars le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, alors que venait d’être conclu un accord avec les élus de l’île concernant le futur statut d’autonomie de la Corse.
Ce texte « viole les principes républicains, (…) vous venez de déconstruire la République et d’ouvrir la boîte de Pandore. La République est une et indivisible et nous la défendrons», a lâché le sénateur lors de cette passe d’arme. (...)

Le grand patron d’Istara Lactalis soupçonné de fraude fiscale

Une enquête judiciaire révèle les dérives de l’agro-industrie qui, au nom des “agriculteurs”, détruit le monde paysan, en Iparralde aussi.
À Larceveau, les 6.000 tonnes de fromage fabriquées chaque année, ça rapporte gros sur le dos des éleveurs. Pour soutenir « activement le tissu économique local » bien sûr, comme l’indique le site de la société. Au final, pour frauder le fisc, via une filiale financière luxembourgeoise ? (...)

La Corse en mutation

Deux nouvelles organisations politiques apparaissent dans une île gouvernée par les autonomistes et qui peine à « fabriquer des Corses ».
L’arrivée annuelle de 4.000 habitants venus du continent inquiète beaucoup, et le FLNC donne de la voix. La notion de colonie de peuplement et l’abandon de la notion de communauté de destin sont mis en avant. (...)

Core in Fronte : « Sans solution politique en Corse, la violence resurgira »

Le parti de gauche souverainiste Core in Fronte (Coeur en avant) compte depuis 2021 six élus à l’Assemblée territoriale de Corse (12,26% des voix) et fait preuve d’un beau dynamisme militant sur le terrain avec des opérations « coups de poing », en particulier dans le domaine de la spéculation immobilière.
Il compte en ses rangs un militant historique de la Lutte de libération nationale, Paul Quastana. Son leader Paul-Félix Benedetti répond en octobre dernier aux questions du quotidien Corse matin. (...)
Wanda Mastor, constitutionnaliste et professeure agrégée de droit public, connue en Iparralde pour avoir participé aux Universités d’été d’EHBildu.

Wanda Mastor : « L’autonomie législative n’est ni un gros mot, ni un épouvantail »

48 heures après le dîner de Beauvau, Wanda Mastor, constitutionnaliste et professeure agrégée de droit public en délégation à l’Université de Corse, analyse la proposition d’écriture constitutionnelle présentée aux élus par le ministre de l’Intérieur.
Interrogée par Manon Pirelli de Corse net info, elle affiche sa confiance de voir le processus d’autonomie aboutir. (...)

Gérald Darmanin présente son projet d’autonomie corse

Lorsque vous lirez ces lignes, le ministre de l’Intérieur français aura présenté son propre projet d’autonomie aux élus de l’Assemblée de Corse. Il les a invités —convoqués ?— à Paris le lundi 26 février, en prenant prétexte que l’ensemble des élus de l’assemblée de Corse ne s’était pas mis d’accord dans les délais impartis sur un texte commun de statut d’autonomie. C’était la condition demandée par Emmanuel Macron lors de sa visite sur l’île le 28 septembre 2023. En faisant mine d’ignorer que 73 % de cette assemblée avait approuvé un statut le 5 juillet 2023. Sans avoir le choix, le président Gilles Simeoni s’est courageusement attelé à la tâche pour élargir cette majorité déjà considérable. Comme prévu, il a suffi aux élus de droite de bloquer les choses sur le plan des compétences, en particulier législatives. Nous avions en octobre dernier dénoncé cette manœuvre annoncée. Le piège vient de se refermer.
Pour les lecteurs d’Enbata désireux d’approfondir ces questions, voici deux documents de fond: une interview de Gilles Simeoni accordée début janvier à un média corse, et qui présente avec brio sa vision de l’autonomie dans son contexte. Il est accompagné de la «déclaration politique solennelle des élus de la délégation de la Corse», adoptée le 23 février par les élus invités place Beauvau, peu avant la rencontre avec le ministre français. (...)