Rémi Rivière

Rémi Rivière

Journaliste

La foi sans loi

L'Edito du mensuel Enbata - La visite ce mois d’août de la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, a montré un décalage entre les réflexions de notre territoire et ses propres préconisations. Habitée d’une vision libérale, elle ne souhaite par exemple pas encadrer l’obtention de logements secondaires, ni limiter les loyers, au moins pour les huit prochaines années. Emmanuelle Wargon préfère plutôt assouplir les règles qui contraignent à construire des logements sociaux. On la rappellera quand on n’aura besoin de rien.

Dans cette attente et dans un environnement sans loi, digne du “Far West” déplorait l’élu luzien Peio Etcheverry-Ainchart dans Le Monde, les Basques gardent la foi. L’occupation du terrain Berroeta d’Arbonne, depuis le 23 juin dernier, devient une bataille emblématique et contient tous les germes des combats à mener. (…)


Henri Etcheto, le suffrage de trop

Incapable de rassembler la gauche Bayonnaise, Henri Etcheto vient de perdre une nouvelle fois, sur le fil, une élection qui était acquise.

Depuis 2014, la solidarité et l’écologie attendent le renouvellement de la tête de liste socialiste. (…)


Quelques secondes et une éternité

Le 18 février 2010, le procureur de la Cour d’appel de Pau interroge Mixel Berhocoirigoin sur ses revenus. Il risque jusqu’à un an de prison et 15.000€ d’amende pour prétendre créer une Chambre d’agriculture alternative. La réponse est aussi simple qu’une poignée d’euros, quelques centaines, même pas le SMIC. (...)

Dans l’interstice de ce procès comme dans ce temps éternel, depuis que Mixel nous a quittés ce samedi 8 mai, un matin où des centaines de marcheurs en faveur de la paix gravissaient symboliquement les sommets basques, les images se bousculent à la porte de ce journal dont il était un rédacteur indéfectible et avisé, dans la nécessité, toujours brûlante, d’expliquer. Et dans cet enterrement, aux allures de pastorale, on ne savait plus très bien qui pleurer ni applaudir, du compagnon, du bâtisseur, du militant, du syndicaliste, du faiseur de paix, du meneur de batailles ou de cette foule sans laquelle il n’aurait pas marché d’un pas aussi déterminé. (...)


Sécurité globale, que fait la police ?

Les attaques du ministre français de l’intérieur contre le droit de presse concernent, bien au-delà des seuls journalistes, des libertés fondamentales.

Elles plantent un modèle de société inquiétant qui affranchit les policiers d’un contrôle social salutaire. (...)


La lutte des places

La création d’un discours sécuritaire autour de la présence des SDF en centre-ville de Bayonne et de Biarritz masque les véritables enjeux d’une lutte globale contre les inégalités à l’échelle de tout le territoire.

Il serait salvateur de s’attaquer globalement aux inégalités et de considérer que, parmi près de 300 sans abris sur le BAB, le SDF polonais ou les deux étudiantes en IUT qui dorment sous une tente, sont les victimes d’un même problème, qui est aussi celui du logement ou des jeunes au Pays Basque. Une question de vivre ensemble, y compris avec les gueules cassées de notre époque en conflit. (...)


Qui fera perdre la gauche bayonnaise ?

Dans le confinement général, les trois formations de gauche en lice pour le second tour des élections municipales bayonnaises tentent un rapprochement contre-nature, notamment entre abertzale et jacobins.

Cette stratégie de la carpe et du lapin est vouée à l’échec et prend le risque de profondes divisions. (...)


Le voile qui cache la mosquée

Avec une grande complicité politique et médiatique, le débat se décentre aujourd’hui vers les thèses d’extrême droite, libérant la parole et normalisant un discours qui annihile les valeurs Républicaines. (...)


Alfonso est revenu

Déporté pendant 33 ans sur l’île de Sao Tomé, en vertu de sombres “procédures d’urgence” des autorités françaises dans les années 80,...  

Alfonso Etxegarai vient d’obtenir, grâce à la pugnacité d’un avocat, son passeport de retour pour une nouvelle vie d’après-guerre… (...)


Violence au sommet

Cela devait être dit. Voici une restitution de l’ambiance tendue entre organisateurs et participants du contre-sommet G7 où de nombreux militants ont été pris en tenaille entre tenants ou pas de la non-violence.

La “voie du milieu”, prônée par d’autres, n’est pourtant pas satisfaisante dès lors qu’un camp empiète sur les plates bandes de l’autre. Un malentendu qui a plombé une implication déjà molle. (...)