Bayonne : l’appel du pied d’Henri Etcheto

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Je suis tombé des nues en lisant la déclaration de candidature à la mairie de Bayonne de M. Henri Etcheto. Celui qui s’est montré l’un des opposants les plus déterminés à la revendication d’une Collectivité territoriale Pays Basque tout au long de ces derniers mois, tellement décisifs pour ce dossier, ose ainsi déclarer : « Nous avons suivi la démarche des abertzale de gauche avec attention. Ils ont affirmé une volonté d’ouverture aux autres forces de gauche. Nous sommes prêts à y répondre. Les deux personnes pressenties pour emmener leur liste sont des gens que je connais et apprécie (Jean-Marc Abadie et Jean-Claude Iriart). Les valeurs que nous partageons sont proches. »

Un tel appel du pied pourra t-il fonctionner ? Se trouvera-t-il des abertzale sur Bayonne pour voter pour une personne qui fait tout pour que nos principales revendications n’aboutissent pas ? Pire, peut on imaginer nous allier avec quelqu’un comme Henri Etchéto et lui offrir la mairie de Bayonne ? C’est à dire placer le meilleur ennemi de la Collectivité territoriale Pays Basque à la mairie de la ville sensée en être la capitale ?

Nous rentrons désormais dans une période électorale. Nous allons découvrir tout d’un coup combien M. Henri Etchéto, après nous avoir combattu sans aucune ambiguïté, nous apprécie et partage avec nous de valeurs. Mais en politique, on ne peut se fier qu’aux actes, passés et présents, et jamais aux promesses à venir. Les actes sont clairs posés et assumés : au moment où se jouait l’existence institutionnelle d’Iparralde, M. Etchéto a pesé de tout son poids pour que rien n’avance dans une telle direction. Contrairement à certains socialistes qui ont finalement rejoint le consensus pro-collectivité territoriale, il est resté droit dans ses bottes.

Voter Henri Etchéto pour un abertzale revient à voter Christine Boutin pour un homosexuel pro-mariage pour tous.

Nous savons déjà combien le risque d’être trahis est grand en soutenant des socialistes qui appuient nos revendications, nous serions impardonnables d’appuyer ceux qui les combattent sans état d’âme.

P.A., Baiona