Eihartzea tout un monde

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Beñat Inchauspé
maire d’Hasparren

La Maison Eihartzea à Hasparren évoque à elle seule tout un monde… Celui du célèbre poète Francis Jammes, qui y finit ses jours entouré des siens, celui aussi de la culture, de toutes les cultures: de la poésie au théâtre en passant par le chant, la musique, la danse, la peinture, les arts plastiques, l’apprentissage de la langue basque, etc. grâce à la mobilisation et au travail sans relâche des associations qui l’ont faite vivre dans le passé, et continueront encore aujourd’hui.
Acquise par la municipalité par adjudication auprès du tribunal en juillet 1955, elle a bénéficié en 2011 et 2012, pour un coût de 920.000 euros, d’importants travaux de restauration ainsi que de mise aux normes et de sécurité.
Aujourd’hui, à nouveau véritable diamant dans son écrin de verdure, puissent cette maison de Maître et son jardin adjacent revivre et proposer une offre culturelle aussi riche que variée, dans le respect des différences, avec l’esprit d’ouverture et de tolérance afférents!

Txomin Heguy fut un acteur majeur
de la renaissance d’Eihatzea qu’il dirigea

XABI Haritschelhar: Quels sont les re-pères historiques d’Eihartzea? Txomin Heguy: l faut situer les conditions de la naissance du Centre Culturel Eihartzea d’Hasparren dans la période de la fin des années 1970. Plusieurs faits y contribueront:
l Durant la période allant de 1976 à 1980, impulsée par une équipe de militants passionnés, cha-que printemps de ces cinq années aura lieu la Semaine culturelle d’Hasparren, rendez-vous fort dans le paysage culturel d’Iparralde à ce moment-là. A chaque édition, cette manifestation drainera des milliers de personnes avec notamment des kantaldi au mur à gauche qui resteront mémorables. Elle créera une dynamique certaine entre la plupart des acteurs locaux à l’initiative de cet événement.
l Dans le même temps, durant ces années-là, une rupture s’opère avec l’historique association d’Hasparren les «Jeunes Basques». Plusieurs faits en attesteront: début 1978, la section théâtre se verra exclure des «Jeunes Basques» à l’occasion de la création collective de la pièce «Zapeta Xilotik» pour refus de divulguer le texte de la pièce aux administrateurs de l’association les «Jeunes Basques» avant sa première présentation publique (Sud Ouest du 14 février 1978). Ce qui donnera naissance à la compagnie Bordaxuri. Deux années plus tard, la nouvelle génération de txistulari et danseurs quittera également les «Jeunes Basques» pour créer les associations Biligarroak et Marmutx Elgar-Oinka.
l Puis, les organisateurs des Semaines Culturelles Basques décideront de faire évoluer leur projet en animation répartie davantage sur l’année et non sur un temps fort hebdomadaire. Ainsi en 1980, naîtra l’association Zurkaitza (Le tuteur) qui organisera plus particulièrement de 1981 à 1983 des saisons de programmation chanson-musique mêlant des artistes basques et non basques professionnels et amateurs de haut niveau.
l D’autre part, Hasparren négocie dans ces années 80 un contrat ville moyenne. Dans ce contexte, une réhabilitation de la Maison Eihartzea ayant accueilli le poète Francis Jammes du-rant la dernière période de sa vie et propriété de la commune est envisagée par la municipalité dirigée alors par M. Pinatel.

X. H.: Eihartzea rénové a-t-il été un enjeu politique local?
Tx. H.: Les acteurs de l’effervescence culturelle de cette époque revendiquent la légitimité de pouvoir utiliser l’éventuelle demeure Eihartzea rénovée pour poursuivre et développer leur action. Ce projet pèsera lourd dans la bataille municipale que se livreront alors les listes Pinatel et Coumet en mars 1983. Pinatel sera élu. L’engagement sera tenu: Eihartzea sera réhabilité et mis à disposition de l’inter-associatif Eihartzea par délibération municipale en date du 17 juin 1983, suite au rapport de Jean-Claude (Kako) Saint-Esteben.
Car, pendant que se négocie en coulisses la possibilité de s’installer à Eihartzea, les associations culturelles porteuses de la dynamique d’alors se regrouperont en un inter-associatif du même nom qui naîtra officiellement en 1983 avec pour but de «Participer au développement de l’Education et la Culture populaires par la gestion et l’animation de la maison Eihartzea». Onze associations composeront à sa création l’inter-associatif Eihartzea: Argazki (club photo), Biligarroak (txistulari), Bordaxuri (théâtre basque), Emazteek diote (groupe femmes), Francis Jammes (animation de l’espace muséal destiné à la mémoire de Francis Jammes), Hazparneko Gau eskolak (apprentissage du basque aux adultes), Kimalaxo (spectacles contes pour enfants et adultes), Mendikari (randonnées en montagne), Marmutx Elgar-Oinka (danse basque), Ortzia (arts plastiques), Zurkaitza (animation culturelle). Le premier président, secrétaire et trésorier de l’inter-associatif seront respectivement Ramuntxo Partarrieu, Filgi Claverie, et Christian Claudepierre. L’inauguration officielle du Centre Culturel Eihartzea aura lieu le 27 octobre 1984.
Il est à noter que cette naissance aura lieu dans un contexte social très tendu à Hasparren et ses environs. De 1981 à 1983, Hasparren connaîtra une chute de 45% de ses emplois industriels (470 emplois de moins —Sud Ouest du 22 décembre 1983—). Le 23 décembre 1983, Hasparren vivra la seconde journée «ville morte» de son histoire après celle de 1967. D’autre part, 1983 fut aussi l’année des graves inondations en Pays Basque (mois d’août) et la région d’Hasparren ne fut pas épargnée.

X. H.: Le Centre culturel d’Hasparren a-t-il joué un rôle dans le renouveau de l’ensemble d’Iparralde?
Tx. H.: Dans le domaine culturel, cette période des années 80 sera un moment d’intense réflexion à l’échelle d’Iparralde. Dans la dynamique de l’élection présidentielle de 1981 (élection de François Mitterrand), les premières Assises de la Langue et la Culture basques convoquées par Ikas et Euskalzaindia regrouperont une centaine d’acteurs culturels œuvrant dans tous les domaines de l’action culturelle. Dans la foulée, la fédération Pizkundea (La renaissance) sera créée. Ce fut la période également de la «Mission interministérielle d’études des problèmes du Pays Basque» dite Mission Ravail. Certes, celle-ci enterrera la promesse du département Pays Basque mais permettra l’avènement du Centre Culturel du Pays Basque en 1984. Eihartzea qui intégrera dès sa création la dynamique de Pizkundea participera activement à cette nouvelle page de l’histoire culturelle d’Iparralde. Au-delà des quelques repères exposés précédemment, il ne serait sans doute pas vain d’analyser et de transmettre avec précision l’histoire de cette période féconde du Centre Culturel Eihartzea qui conduira à une nouvelle étape de la vie culturelle du Pays Basque Nord au tout début des années 90, à savoir notamment l’avènement de L’Institut culturel basque.

La commission Histoire d’Hasparren

La commission extra municipale d’Histoire d’Hasparren avait son siège à la mairie d’Hasparren depuis sa création dans les années 80. Cette commission constituée de: Mmes Grosjean et Tachoire, MM. Bordato, Etcheberry, Magnain et Ipuy a effectué de multiples recherches sur le passé de la commune, en passant au crible les archives municipales. Plusieurs documents relatifs à des événements ayant marqué l’histoire de la commune ont ainsi donné lieu à diverses conférences.
Aujourd’hui, sept autres personnes ont pris le relais des pionniers de l’histoire locale. La nouvelle équipe, composée de: Mayou Lissarague, Marie-Jo Delcoigne, Marie-Jo Vigié, Guy Ascarat, Armand Bidart, Beñat Cuburu et Jean Arotçarena, aspire à restituer aux hazpandar l’essentiel du travail accompli par ses prédécesseurs. Elle s’est donné une première mission qui consiste à lister et numériser les maisons anciennes de Hasparren, d’après un recensement de 1896 (voir: http://www.hasparren-histoire.fr.) «Ondarea» (héritage et patrimoine) est le nom de cette commission histoire qui vient d’intégrer la Maison des associations Eihartzea.
La commission extra municipale vient d’éditer un livret (euskara-français) qui présente les personnages ayant donné leurs noms à une rue ou une place d’Hasparren. Sur ce livret, les principaux monuments y sont répertoriés avec un petit historique sur chacun d’eux. L’intérêt d’un tel ouvrage est double: il s’agit, en premier lieu, pour les autochtones, de situer dans le temps ces personnages dont le nom est inscrit sur les plaques des rues de la ville et de permettre aux visiteurs de se promener en ville, avec des explications sur les monuments et personnages qui ont marqué la vie de la cité. Ce projet a été entièrement financé par la ville d’Hasparren.

Eihartzea Kultur Etxea

Chaque printemps lancé par Ihauteri donne à Eihartzea l’énergie pour franchir de nouvelles étapes. Sans les énumérer toutes, nous pouvons en citer trois:
l Juin 1983: Lancement de l’Inter-associatif Culturel Eihartzea dans la demeure du même nom.
l Mai 2006: Départ «forcé» de la Maison et Accueil «dans la foulée» par la Communauté des communes du Pays d’Hasparren dirigé par Monsieur Jean Falagan.
l Avril 2012: Retour au 81, rue Francis Jammes rénové par la municipalité dirigé par Monsieur Beñat Inchauspé.
A ces dates clés, nous pouvons rajouter celles du début des années 2000:
l La fin de l’inter-associatif suite au développement de chaque structure qui la compose (Traboules, Lagun-arte, Biligarroak qui deviendra l’école de musique Soinubila…).
l L’association Eihartzea devient opérateur culturel référent de la Communauté des communes d’Hasparren et du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques.
Aujourd’hui, Eihartzea a un budget annuel moyen de 70.000 e constitué pour 80% de subventions qui assurent le financement de deux emplois CDI à mi-temps et des animations culturelles du territoire communautaire (15.000 personnes) sur l’année avec une fréquence moyenne de 2 spectacles par mois articulées autour de 4 pôles: le Jeune public (2.500 élèves), le Spectacle vivant (Art’Eguna…), les pratiques expérimentales (Baten Bila et Festival Transfrontalier Ertz), les projets fédérateurs (Ihauteri, Olentzero, Semaine culturelle bi-annuelle dont le sujet 2012 est l’«Etxe»). Un important travail de médiation se retrouve dans notre volonté de rendre acteurs les personnes du territoire. Chaque projet se construit autour de partenariats avec d’autres structures ou de groupes de bénévoles intéressés par cette action.
Ce printemps correspond a une nouvelle période charnière. La réintégration dans la Maison ouvre la réflexion d’une évolution de la structure, dont les missions de services publics pourraient être gérées directement par la Communauté des communes du Pays d’Hasparren et l’association se recentrer sur Eihartzea Kultur Etxea.
Edouard Oxoby
président d’Eihartzea Kultur Etxea

Hegalaldi berri bati buruz

Udaberri huntan estreinatu dugu Eihartzea kultur etxe berritua. Xoriak kantuz hastearekin batera, berriz itzuli gira, beste elkarteekin batera, Eihartzea etxera. Elkarte guziek elgarrekin berriz Eihartzea eta euskal kultura biziaraziko dugu, azkatasuna emanez emazter, gizoner, populuer, herriari .
Hastapeneko helburu berdinekin jarraitzen du: emazteen eskubideen bermatzea, hezkuntza ez sexista, osasuna-ekologia, laborantxa biologikoa, jostungintza tailerra, Euskal Herriaren eraikuntzaren alde lan egin.
Emazteek Diote-k, urtean zehar hainbat ekitaldi antolatzen ditu jendartea hunkitzen duten gaien inguruan: mintzaldiak, tailerrak, Asunak egun biologikoak, martxoaren 8a, deneri idekiak direnak. Bere dokumentazio zentrora etortzen ahal da edonor.
Emazteek Diote elkartea 1981 urte inguruan sortu zuen Hazparne eta Bastida eskualdetako emazte talde batek. Gaurregun, Lapurdi eta Baxenafarroako emazteek parte hartzen dute elkartean.
Emazteek diote

Dariola elkartea

Kimalaxo elkartearen ondotik, duela hamabost urte sortu zen Dariola elkartea. Ipuinkondalaritza eta zuzeneko hitzaren inguruan lan egiten eta sorkuntzak agertzen dituzten artista eta sustatzaileen konpainia da.
Honen baitan, elkartearen xedeak obratzeko, bi artista daude gehienetan: Koldo Amestoy kondalaria eta Pantxix Bidart kantari-musikaria. Ikuskizun bakoitzaren arabera, aldian-aldiko beste artista eta tekniko batzu kontratatu dezazke ere.
Elkartekide eta produkzio arduradun baten laguntzarekin, hainbat ikuskizun sortzen, plazaratzen eta hedatzen dituzte, gehienak publiko helduari zuzenduak, bakarka edo bikotean, euskaraz ala frantsesez, euskal herri osoan nahiz hemendik kanpo ere, frantzian gaindi eta munduan zehar frankofonia guneetan.
Dariolaren funtsa gehienbat administratiboa da, ikuskizun ezberdin eta artistentzako promozio, harreman, kontratu eta enpresarako sozial arlo guziak kudeatzen dituenak.
Orain dela zenbait urte gertatu zen bezala, Eihartzea etxearen babespean, Dariola el-kartekideek tokiko elkarte eta animatzaileekin batera, euskal kultura eta kreazioa sustatzeko, ekitaldi batzu antolatzeko aukera izan zuten. Eta hemendik aitzina, bide beretik segitzeko asmoa dute ere.
Koldo Amestoy

Hazparneko
Gau eskola

Duela 30 urte, Iparraldeko Gau eskoletako lehen arduradunek sinbolikoki merkatu estaliaren bazterrean kokatu zuten harri batek dio: «Hazparnen bost harri, euskarak josiak elkarri».
Geroztik, Hazparneko Gau eskolak helburu batekin aritu da beti: jende helduei euskararen erakaskuntza. Urtez urte, la-guntzaileak eta erakasleak ardura honi lotu dira Euskararen geroari begira behar-beharrezkoa baita gure hizkuntzaren trasmisioa segurtatzea eta erabilpen sozial bat bultzatzea.
Aurten ere, 99 ikasle ibiltzen dira Gau es-kolak proposatzen dituen 10 kurtsoetan, egunaz ala gauaz. Motibazioz beterik, batzuetan zaila izanik ere, euskara ikastera etortzen dira lanean, familian, lagunen ar-tean euskaraz komunikatzeko, euskal kulturaz gozatzeko.
Denen artean, gaurko ikasle hauek biharko euskalakari bihurtzen lagun ditzagun!
Hazparneko gau eskolarekin harremanetan sartzeko 05 47 02 48 74.