Les limites de l’OPLB

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Le projet de politique linguistique est élaboré (grâce notamment aux contributions du mouvement associatif), l’équipe de travail (chargés de mission) de l’OPLB est constituée, le réseau des techniciens de la langue basque commence à se structurer et des avancées sont observées dans certains domaines (formations des agents des mairies, travail au niveau des crèches…), même si chaque territoire (communautés de communes par exemple) avance “à son rythme”.

Audit de 2009
En 2009 des inspecteurs de différents ministères mènent un audit sur le travail de l’OPLB. Trois éléments principaux ressortent du rapport de ces inspecteurs:
l L’OPLB doit poursuivre l’action entamée,
l L’OPLB doit consolider ses relations avec le mouvement associatif,
l La capacité d’ingénierie représentée par l’équipe de l’Office ne doit pas être considéré comme une simple charge de fonctionnement mais comme priorité incontestable (hypothèse de travail pour 2011-2014: 12 emplois permanents).

Octobre 2010
L’OPLB adopte le document Cadre opérationnel qui fixe la feuille de route pour la période 2010-2016. Cette feuille de route se caractérise notamment par:
l Une orientation stratégique: opérer une montée en puissance de l’action de l’OPLB sur les champs de l’usage de la langue (vie sociale, médias, loisirs…).
l Une méthode de mise en oeuvre de la politique linguistique: lister les actions à mener et pour chaque action établir une fiche-action précisant les objectifs de l’action, la description du contenu, les résultats attendus en terme quantitatifs et qualitatifs, les indicateurs de suivi et de résultats, le calendrier prévisionnel…
l La mise en place d’une concertation permanente entre l’OPLB et le Comité consultatif (mouvement associatif).
l Le renforcement de l’équipe de travail de l’OPLB.

Bilan 2011
l La montée en puissance évoquée n’a pas été observée, malgré le travail des chargés de mission de l’OPLB.
l Pas de poste supplémentaire (toujours 8,5 postes à ce jour).
l Pas d’augmentation significative du budget de l’OPLB depuis 2005, budget totalement insuffisant pour mener à bien les projets recensés dans le projet de politique linguistique.

Lecture de Euskal Konfederazioa
Si la création de l’OPLB a permis la mise en place d’une politique linguistique publique et si des avancées ont pu être observées dans certains domaines, de la part des pouvoirs publics (l’OPLB est un outil, les décisionnaires restent l’Etat, la région et le département) aucune nouvelle étape dans le processus de développement de la langue basque n’a été franchie. En voici les deux principales raisons:
l La politique linguistique de l’OPLB basée sur le principe de libre adhésion des acteurs a atteint ses limites (pas de cadre légal pour la langue basque, langue basque non officielle en Pays Basque Nord).
l Les ressources (humaines et financières) de l’OPLB sont insuffisantes et n’ont pas augmentées.

En conclusion
Pour que la politique linguistique soit efficace:
l la langue basque doit être officielle en Pays Basque Nord;
l une loi linguistique doit être adoptée. Cette loi doit fixer les droits et les devoirs de chacun, définir les structures et organes décisionnaires, fixer des règles domaine par domaine… Par exemple, au niveau de l’enseignement, nous devons passer de la réponse à une demande des parents à une offre généralisée du basque / en basque à tous les parents, c’est à dire que seuls les parents ne désirant pas un enseignement du basque / en basque pour leurs enfants devront effectuer la démarche en ce sens.

Les membres de Euskal Konfederazioa ne sont pas les seuls à revendiquer l’officialisation de la langue basque et un cadre légal.
l Début décembre un groupe de chercheurs et d’enseignants chercheurs publiaient un manifeste demandant l’officialisation de la langue basque en précisant notamment “que tous les pays européens limitrophes de la France avaient octroyé, d’une manière ou d’une autre, un statut légal à leurs langues minoritaires”, “que déjà en 1994 l’Académie de la langue basque avait demandé l’officialisation de la langue basque aux autorités françaises”, ou encore “que l’exception linguistique de la France était totalement anachronique”.
l Le 3 décembre dernier le Syndicat Intercommunal de Soutien à la culture basque adoptait une motion dans laquelle il déclarait que “sans cadre légal nécessaire à leur survie, le plein développement des langues territoriales ne pourra être assuré”. Le Syndicat appelait par ailleurs à prendre part à la manifestation Deiadar organisée par les associations Euskal Konfederazioa et Kontseilua le 31 mars 2012.
Nous appelons toutes les personnes cons-cientes que le processus de réappropriation de la langue basque passe nécessairement par l’officialisation de la langue basque et l’adoption d’un cadre légal à se rendre à la manifestation Deiadar du 31 mars 20112 à Bayonne. Nous revendiquerons que la langue basque soit officielle, que la France ratifie la Charte européenne des langues régionales et minoritaires et qu’une loi linguistique soit adoptée et appliquée.
Nous rappelons que d’autres manifestations auront lieu le 31 mars, notamment à Strasbourg, Quimper, Ajaccio, Toulouse et Perpignan.
Nous menons actuellement un travail de coordination avec ces différents territoires.
Un site web est lancé (www.languesregionales.org) sur lequel on peut trouver des informations sur les différentes campagnes en cours et plus généralement sur l’actualité des langues territoriales.
Baiona, le 22 décembre 2011

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