Mines d’or, jamais nous n’accepterons

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Txetx Etcheverry
Txetx Etcheverry
Animateur de la Fondation Manu Robles-Arangiz en Pays Basque nord, impliqué dans différentes alternatives sociales et écologiques locales et dynamiques de construction nationale basque.
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Plusde1000personnesmanifestentàEspelettele11022017contreleprojetdesminesdorLe samedi 16 septembre à 16h00 aura lieu, à Bayonne, une grande manifestation pour dire NON au projet de mines d’or en Pays Basque Nord. L’entreprise SudMine a en effet sollicité l’attribution d’un permis exclusif de recherche d’or et de substances connexes sur un territoire de 126 km². On se situe vraiment dans tout ce que ce système a de plus maladif. Cette addiction à une croissance sans fin, non pas destinée à mieux répondre aux besoins humains de toutes et de tous, mais à satisfaire l’accumulation sans borne de richesses aux mains de quelques-uns.

Les informations dont nous disposons sur la demande de permis déposée par Sud- Mine semblent indiquer que le ministère concerné serait enclin à répondre prochainement et favorablement à cette demande.

Être les plus nombreux-ses possible au rendez-vous du 16 septembre aidera l’entreprise Sudmine, porteuse du projet, et le gouvernement, qui peut accorder ou non le permis d’exploration demandé, à comprendre le plus tôt possible une chose simple, claire et sans aucune ambiguïté : jamais, au grand jamais, nous, populations du Pays Basque, habitant-e-s de ses sept provinces réunies, n’accepterons que ce projet puisse devenir réalité.

Des dégâts massifs en perspective

La filière aurifère est une des plus contaminantes qui soit, pour deux raisons très simples:

1) Dans les gisements, la teneur en or est extrêmement faible, avec une moyenne de 1 gramme par tonne dans les mines actuellement exploitées dans le monde. La teneur en cuivre qui est très faible également est tout de même de 1% ! Même les dites “terres rares” sont plus abondantes. On comprend d’emblée les milliers de tonnes de roche qu’il faudra creuser et traiter pour extraire l’or convoité.

2) La grande valeur de l’or provient notamment de sa stabilité physico-chimique exceptionnelle. Ce qui signifie accessoirement que le séparer de sa roche va exiger des méthodes particulièrement lourdes. C’est le cas pour celles mises en avant par SudMine, qui prétend qu’elle n’aura recours qu’à des procédés gravimétriques. Ceux-ci, qui sont les “moins pires” de l’industrie aurifère, exigent tout de même une quantité d’énergie électrique exceptionnellement importante (qui et comment fournira- t-on la puissance nécessaire dans la région de Kanbo à Sara, et au détriment de qui et de quoi ?) et un énorme volume d’eau, dont le recyclage ne peut être que partiel. Pire que ça, SudMine se laisse la possibilité d’aller chercher l’or dans les monts et gisements primaires, où l’or est contenu dans des sulfures. On aura alors besoin, en plus du broyage des roches, d’utiliser des substances chimiques particulièrement toxiques dont des cyanures, pour récupérer l’or présent dans ces minéraux à l’échelle atomique.

Pour quel intérêt ?

Mis à part le profit que les extracteurs comptent en retirer, on a du mal à saisir l’intérêt général et l’utilité réelle d’extraire de l’or aujourd’hui, qui pourrait justifier l’énorme coût naturel, socio-économique et humain que cela supposera dans cette bande de terre d’Iparralde.

Rappelons ici que cette dernière est le support de pas moins de trois AOP (piment d’Espelette, Ossau Iraty et porc basque Kintoa), des thermes de Cambo, de six captages de sources et d’eau de surface, de plusieurs sites Natura 2000 etc.

De nos jours, seuls 6 à 8% de l’or extrait est nécessaire aux besoins de l’industrie. Or, on en retire trois fois plus de la filière du recyclage. Donc à ce niveau, nul besoin d’extraire. En fait, la quasi totalité de l’or exploité alimentera la thésaurisation (lingots d’or, souvent moyen d’échapper à l’impôt, et toujours source de stérilisation de l’épargne, ne servant plus l’intérêt général), la consommation ostentatoire (bijoux et divers ustensiles en or), et enfin de 20 à 30% iront grossir les réserves des banques centrales pour permettre d’augmenter les capacités de garanties des nouveaux produits financiers et alimenter la fuite en avant du capitalisme financier, de la spéculation mondiale, bref préparer les krach mondiaux de demain.

De quel droit ?

On se situe vraiment là dans tout ce que ce système a de plus maladif. Cette addiction à une croissance sans fin, non pas destinée à mieux répondre aux besoins humains de toutes et de tous, mais à satisfaire l’accumulation sans borne de richesses aux mains de quelques uns (rappelons ici que selon le rapport que publie Oxfam International chaque année à l’occasion du sommet de Davos, 1% de la population mondiale détient plus de richesses que les 99% restant).

Tout cela est d’autant plus préoccupant que cette conduite addictive bouleverse les grands équilibres environnementaux et climatiques de notre planète, à un point tel qu’elle compromet gravement les conditions mêmes de vie des générations actuelles et à venir.

Cerise (d’Itxassou) sur le gâteau (basque), nous aurons évidemment du mal à comprendre ici pourquoi des Messieurs venus d’ailleurs, ces actionnaires de SudMine habitant partout en France sauf au Pays Basque, s’arrogeraient le droit de venir creuser nos terres quand toute la population locale est frontalement opposée à ce projet.

Non seulement les parlementaires concernés et les maires des 11 communes touchées ont émis un avis défavorable mais la Communauté d’agglomération Pays Basque, regroupant la totalité des 158 communes du Pays Basque nord, en a fait de même le 24 février 2017, sur proposition de son président Jean-René Etchegaray, dans une délibération votée à 220 voix pour et 2 contre.

Les 3 chambres consulaires officielles d’Iparralde (CCI, CMA et CA) se sont déclarées opposées à ce projet, tout comme la chambre d’agriculture alternative EHLG.

Les élus, la population (1000 manifestants anti-mines d’or dès le 11 février dans le village d’Espelette, on attend avec impatience les premiers sondages d’opinion), les milieux socio- professionnels et associations locales ont exprimé sans ambiguïté, de manière unanime ou ultra-majoritaire, leur refus de ce permis d’exploration, et à fortiori de toute exploitation de mines d’or.

Nous devons aujourd’hui nous manifester en masse le samedi 16 septembre pour :

  • que le permis d’exploration soit rejeté, tant qu’il est encore temps de le faire
  • exprimer clairement notre détermination à empêcher tout début d’exploration dans le cas où le gouvernement passerait outre la volonté de la population d’Iparralde et de ses représentant- e-s.

4 Commentaires

  1. Etchebarne Gabrielle
    Publié le 04/09/2017 à 18:24 | Permalien

    ca me fait rire car je vois déjà la scène si ces gens touchent à notre terre! ils ne pourront même pas en tirer plus d’une pelletée c’est sûr!Ca donne envie de participer. Gaby Ils ne connaissent pas les Basques!

  2. jaragoyhen
    Publié le 04/09/2017 à 20:46 | Permalien

    je suis farouchement opposée à l’exploitation des mines d’ors au pays basque

  3. roux dominique
    Publié le 07/09/2017 à 22:39 | Permalien

    Je ne serai pas présent physiquement à cette manif que vous organisez pour défendre vos valeurs, votre sol… (obligations familiales). Samedi, Je serai de tout coeur avec vous. Je ne suis pas basque, mais j’admire ce peuple qui défend ses valeurs et donne une leçon à la France entière. Votre démarche a du sens. Surtout, Ne lâchez rien!!

  4. Alex
    Publié le 10/09/2017 à 11:27 | Permalien

    Des tarnosiens ou des oloronais peuvent venir à la manifestation, et exprimer leur refus, ou c’est réservé aux habitants des sept provinces réunies du pays Basque?