Passer de l’intérêt personnel à l’intérêt général…

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Panpi Dirassar
Panpi Dirassar
Membre d'Abertzaleen Batasuna et de Batera. Elu municipal d'Espelette.
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Btz

Le Collectif des Maires pour la Communauté Pays Basque a présenté un projet alternatif à celui initié par le Préfet et soutenu par la grande majorité des Maires, la création d’un Etablissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI) unique regroupant les 158 communes du Pays Basque nord.

Cette nouvelle proposition de « Communauté Pays Basque » prendrait  la forme d’un pôle métropolitain, d’un syndicat mixte, d’une strate supplémentaire … d’une formule précédemment écartée par le conseil des élus.

Parmi les porteurs de ce projet on  retrouve un soutien à une collectivité basco-béarnaise portée par Barthelemy Aguerre à la Commission départementale de Coopération Intercommunale (CDCI), on retrouve aussi un Maire « pas contre un rapprochement avec le Béarn », pour certains d’entre eux cette solution pourrait être un palier intermédiaire, un palier nécessaire avant la création d’un EPCI unique, d’une collectivité à statut particulier, ou un éventuel ‘autre’ modèle…

Ce qu’il faut comprendre c’est surtout  leur refus de l’intercommunalité unique.

Et pourtant, transférer des compétences telles que la langue, la culture, le développement économique, le tourisme, l’eau ou la mobilité, à ce pôle métropolitain, leur apparaitrait  « stratégique ».

Le projet d’EPCI unique va dans le même sens, et même au-delà…

Comme le stipule la présentation du Conseil des Elus, la nouvelle communauté se verrait transférer l’ensemble des compétences qui lui incomberait pour un exercice mutualisé à l’échelle du Pays basque avec pour objectif, de mettre en œuvre des politiques publiques ambitieuses et initier une mutualisation des moyens financiers, techniques et humains, ainsi qu’une mise en cohérence de l’ensemble des actions à mener…

Pour ses détracteurs, l’EPCI unique mettrait en danger la fiscalité locale, certains allant jusqu’à regretter une « absence de simulation financière précise », discréditant au passage, le cabinet Acadie mandaté par le Conseil des élus, les services préfectoraux et les Maires ayant contribué à l’élaboration du projet.

A la demande de l’ACBA, un nouveau cabinet a été sollicité pour apporter sa contribution sur les conséquences financières et fiscales de la fusion des 10 intercommunalités du Pays Basque. Les conclusions de l’étude vont être dévoilées aux 158 Maires dans le courant de la semaine.

Le collectif des Maires pour la communauté Pays Basque n’a pas jugé opportun d’attendre ces conclusions et évoque dès à présent des conséquences aux niveaux des contribuables sans plus de précisions…

Pour ses détracteurs, la gouvernance d’un EPCI unique poserait également problème. La représentativité des territoires et des populations serait pourtant prise en compte au sein du Conseil Communautaire et l’instance exécutive serait proportionnelle à la démographie.

Et si au-delà des problèmes de fiscalité, de gouvernance, le principal blocage était ailleurs ?  La volonté de faire naitre un projet commun pour construire un Pays Basque représentatif au sein de la nouvelle Grande Région ne semble pas être la priorité de tous les acteurs de ce territoire.

Ailleurs en France, plusieurs projets similaires sont en cours d’élaboration. Certains EPCI pourraient recouvrir des départements entiers, à l’instar de l’Ariège, l’Aude, la Haute Loire, le Lot ou la Manche (EPCI regroupant plus de 200 communes) …  avec pour ambition là aussi d’aller vers des intercommunalités plus fortes, plus représentatives.

« A nous maintenant de tenir notre place et faire partie intégrante de cette dynamique économique » : le Maire de Biarritz, son adjoint au tourisme et au développement économique ainsi que le Directeur Général de Biarritz Tourisme se sont réjouis de « cette nouvelle qui va magnifiquement aider à porter l’image de la ville et de la région pour les années à venir ». La nouvelle c’est la création d’une marque territoriale qui associe « Biarritz » au « Pays Basque ». « Biarritz Pays Basque » sera une des « marques fortes » choisie par le gouvernement pour la promotion de la France à l’internationale. Pour que cette stratégie soit payante, les élus biarrots, souhaitent fédérer, créer le consensus,  autour de cette « marque ». Cela leur semble une évidence, une nécessité… Encore un effort et ils se rendront compte que la logique d’un EPCI unique à l’échelle du Pays Basque nord, n’est pas si éloignée de celle d’une marque territoriale associant « Biarritz » au « Pays Basque »…

Une logique où au-delà de l’intérêt personnel, chaque partenaire se préoccupe aussi de l’intérêt de l’autre.

Un commentaire

  1. Peio
    Publié le 09/02/2016 à 22:31 | Permalien

    L’idée d’une solidarité forte entre communes « vernaculaires » est un symbole respectable. Il faut par contre accepter que d’autres pour des raisons tout aussi respectables veuillent plus de diversités ,craindre les trop fortes homogénéités qui effacent l’altérité et développent la préférence culturelle pour ne pas dire linguistique voire dans l’esprit de certains la préférence ethnique…