Colette Capdevielle écrit à Enbata

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Cliquer sur l’image pour revoir la vidéo de l’extrait concerné lors de la séance publique du jeudi 13 décembre 2018.

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Monsieur Ellande DUNY-PETRE,

J’ai pris connaissance d’un article portant votre signature dans le journal hebdomadaire Enbata intitulé « Colette Capdevielle s’oppose aux travaux de réhabilitation du Collège ».

J’ai bien compris dans quel contexte politique et quel esprit cette tribune est écrite.

Je ne peux toutefois pas laisser diffuser des informations fausses, tronquées et totalement déformées.

Je ne me suis absolument pas opposée à des travaux de réhabilitation de cet établissement scolaire et vous ne trouverez aucune déclaration de ma part à ce sujet.

J’ai indiqué à Monsieur le Maire de BAYONNE en séance publique du Conseil Municipal que, selon moi, le financement de ces travaux relevait de la compétence directe de la Communauté d’agglomération Pays basque, pour laquelle vous connaissez probablement par ailleurs et depuis l’origine mon total engagement, en particulier expressément auprès de l’exécutif national de l’époque (gouvernement Ayrault).

En effet, la Communauté d’Agglomération Pays basque a eu l’intelligence, lors de la séance du 23 juin 2018, de reconnaitre officiellement les langues basque et occitane comme langues de son territoire et de voter un projet politique particulièrement riche et ambitieux en faveur de nos langues notamment à travers leur transmission.

Si la question du financement de ces travaux avait été présentée en séance à l’agglomération, j’aurais voté cette délibération sans aucune réserve parce que cela relevait selon moi, de l’intercommunalité qui a fait le choix éminemment politique de s’attribuer cette compétence à l’échelle pertinente du territoire du Pays basque.

Je ne peux pas vous laisser affirmer également qu’une circulaire aurait une valeur juridique.

Cliquer sur l'image pour voir le commentaire d'Ellande DUNY-PETRE concernant ce courrier.

Cliquer sur l’image pour voir le commentaire d’Ellande DUNY-PETRE concernant ce courrier.

Tous les juristes savent que cela n’est pas le cas et nous nous trouvons justement dans une très grande fragilité et précarité juridique. Affirmer le contraire serait à la fois inédit et une grande première !

Nous nous battons justement depuis des années pour obtenir un cadre juridique sécurisé.

Mais là n’est pas l’objet principal de ce droit de réponse.

Vous mettez également en cause mon travail de parlementaire en ce qui concerne les langues régionales.

Je tiens à vous répondre personnellement car, en portant atteinte à mon action générale, vous niez le travail collectif que j’ai fait durant 5 années.

Vos attaques personnelles à mon endroit me laissent indifférente mais je ne peux les laisser sans réponse en considération et par respect envers celles et ceux qui m’ont accompagnée et soutenue pendant ces cinq années.

La période de confinement m’a permis de faire du rangement à mon domicile et j’ai retrouvé les actes du premier et unique Colloque dans l’histoire du Palais Bourbon, Colloque que j’avais organisé avec toute mon équipe parlementaire à l’Assemblée nationale « sur l’avenir des langues régionales » le 3 juin 2014 et destiné à sensibiliser mes collègues députés ;

Ce Colloque était animé par Jean-Pierre MASSIAS et soutenu par le Président de l’Assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas, Président de la Commission des lois, Paul Molac, Président du groupe Langues Régionales.

J’avais réussi à réunir Denis Costaouec, Jean-Marie Woehrling, Ferdinand Melin Soucramnien, Xavier North, David Grosclaude, Anna-Mari Chapalain, Paxkal Indo, David Redouté, Marie-Jeanne Verny et de très nombreux autres intervenants de très grande qualité.

J’ai le plaisir de vous adresser les 63 pages des actes de ce Colloque inédit au sein de la représentation nationale.

Je tiens également à votre disposition les multiples amendements aux propositions de lois (et non projets de lois comme indiqué par erreur dans votre tribune) préparés en collaboration avec l’Office Public de la langue Basque et les questions écrites adressées au gouvernement en particulier la n° 1320 publiée au Journal Officiel le 9 février 2016 après le rejet par la droite sénatoriale de la ratification de la Charte européenne en faveur des langues régionales.

Il est regrettable que nous n’ayez pas retenu mes multiples interventions en séance le 14 décembre 2016 pour défendre et amender la proposition de loi en faveur des langues régionales portée par ma collègue Annie le Houerou et tout le groupe socialiste, rédigée et soutenue par le groupe d’études Langues régionales.

Vous préférez relever une seule absence en séance pour une proposition de loi non étudiée collectivement et sans aucune chance d’aboutir alors qu’au même moment je défendais des amendements importants pour le Pays basque en commission des lois sur un autre volet législatif.

Vous auriez pu aussi relever mon assiduité totale dans le cadre du groupe d’études « langues régionales » et mes multiples réunions dans les ministères, en particulier avec l’Education nationale, la Culture et l’Intérieur.

Je sais pertinemment que je ne vais pas vous convaincre car « qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ».

Je les ai toujours défendu toutes les langues régionales, tout d’abord l’occitan appris dans ma famille maternelle et ensuite au lycée grâce à Monsieur Jean-Claude Grosclaude (père de David) ; je fais aussi beaucoup d’efforts pour apprendre le basque.

Je vous laisse le soin de diffuser ce droit de réponse si vous l’estimez opportun.

Je suis aussi à votre disposition pour évoquer avec vous toutes ces questions.

Je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée.

Colette Capdevielle

Voir le commentaire d’Ellande DUNY-PETRE concernant ce courrier en cliquant ici : www.enbata.info/articles/du-financement-de-likastola-a-la-loi-travail-colette-capdevielle-ou-lart-de-se-defausser

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