EHBai et le Plan Climat Pays Basque

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Txetx Etcheverry
Txetx Etcheverry
Animateur de la Fondation Manu Robles-Arangiz en Pays Basque nord, impliqué dans différentes alternatives sociales et écologiques locales et dynamiques de construction nationale basque.
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Le dérèglement climatique s’accélère et s’aggrave. Et surtout ses conséquences sont désormais tangibles, et parfois tragiques, dans les pays développés également (tant que c’était au Sud, ça n’avait que peu d’effet sur nos prises de conscience réelles). Pour ce seul dernier mois, citons par exemple des dômes de chaleur meurtriers aux USA et au Canada, la Sibérie en surchauffe, des incendies de forêts en Californie, des inondations destructrices au Japon, en Allemagne et en Belgique.

Nous avons là la bande annonce du film qui sera prochainement sur tous les écrans de la planète Terre. Mais là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. Les prises de conscience s’accélèrent en même temps que les dégâts causés par le changement climatique.

Le vote sans réserve d’EHBai

Cela explique en partie l’émotion que m’a causée le vote des élus EHBai lors du Conseil Communautaire de la Communauté d’agglo (CAPB) le 19 juin dernier sur le Plan Climat Pays Basque (PCAET). J’ai une grande estime pour beaucoup de ces élus. Je connais de près et de longue date leur engagement militant au service de leur pays et d’un monde plus juste et soutenable. Comment ont-ils pu voter, presque comme un seul homme (à l’exception remarquable d’Egoitz Urrutikoetxea et de Jean-Claude Malharrin) pour le PCAET proposé, sans émettre la moindre réserve ?

Je suis « radicalo-pragmatique ». J’aurais compris qu’ils votent ce Plan Climat qui contient certaines avancées réelles pour appuyer le verre à moitié plein. Une partie des élus EHBai avaient voté pour le Programme Local de l’Habitat (PLH), qui lui aussi contenait des avancées réelles, dans cette logique. Mais ils complétaient leur vote par des interventions exprimant leur volonté d’aller encore plus loin. Et une autre partie s’était abstenue pour pointer le verre à moitié vide, sans voter contre pour ne pas s’opposer à l’avancée que supposait l’adoption de ce PLH par rapport à la situation antérieure.

Mais comment accepter que les élus d’EHBai votent ce PCAET sans même exprimer de réserves publiques sur le fait qu’il n’ait pas intégré l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 ? Comment comprendre cela alors même que Bizi, mouvement climat de référence en Iparralde, pourtant connu pour son pragmatisme, avait quitté le Comité de partenariat du PCAET pour dénoncer ce manque majeur ?

Bizi ou FNSEA ?

EHBai n’a-t-il pas compris le lien entre la bataille pour préserver voire développer les sols agricoles ou naturels, celle pour un autre modèle agricole et une autre gestion des forêts, plus soutenables et responsables, et la demande de Bizi d’augmenter les objectifs de séquestration carbone du territoire pour arriver à la neutralité carbone ?

EHBai a-t-il considéré que les questions publiquement posées par Bizi n’appelaient pas de réponse ? Par exemple celle qui interrogeait « Sans un tel objectif particulièrement volontariste, comment, dans une zone de tension foncière comme la nôtre, parviendra-t-on à maintenir l’actuel potentiel de séquestration carbone ? ». Ou celle qui alertait sur le fait que « miser sur une stabilité de la séquestration du carbone reviendrait à donner un signal politique négatif, notamment en démontrant l’inefficacité des futures actions du territoire en faveur d’une politique agricole territoriale, visant la souveraineté alimentaire et favorisant l’agroécologie. »

Comment dès lors EHBai a-t-il pu voter sans exprimer la moindre ambition supplémentaire un Plan climat qui, sur ce point précis et stratégique de la neutralité carbone, a préféré donner raison à la FNSEA plutôt qu’à Bizi ?

Un autre Plan Climat est possible

EHBai a-t-il cru aux arguments de certain.es prétendant qu’il n’était pas possible de faire mieux, que les seuls Plans climat qui intègrent l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 le font en passant par la compensation ou avec des plans d’action qui ne sont pas réalistes ?

Le maire de Grenoble Eric Piolle était ce samedi 24 juillet en Iparralde, à Elizaberri (Mouguerre) à l’occasion du camp climat de Bizi. Il y a animé une formation sur le Plan climat du bassin grenoblois, qui intègre lui l’objectif de neutralité carbone, sans passer par la compensation carbone. Cet ingénieur de formation, maire brillamment réélu d’une ville de plus de 150 000 habitants, est tout ce qu’il y a de plus réaliste. Pour lui, c’est plutôt le fait de ne pas adopter d’objectifs conformes avec les préconisations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui doit être qualifié d’attitude non réaliste. Le fait de ne pas voir clairement les étapes post-2030 ne doit pas empêcher d’intégrer les objectifs volontaristes qui fixent dés aujourd’hui le bon cap. Il était tout à fait possible que le Plan climat de la CAPB en fasse de même, afin que le Pays Basque participe pleinement et activement à la lutte contre le changement climatique.

Il n’est pas trop tard pour mener cette bataille-là. Hélas, les catastrophes climatiques de plus en plus destructrices que le monde et le Pays Basque vont connaître dans les années à venir seront autant de sentences impitoyables qui viendront sanctionner le manque d’ambition des choix politiques d’hier ou d’aujourd’hui.

5 Commentaires

  1. ANTTON B
    Publié le 25/07/2021 à 23:39 | Permalien

    Oui il est temps de réagir !!
    Il est temps que EHBai coupent tous ses liens avec BIZI qui ne lui rapporte aucun électeurs dans les différentes élections !
    Un parti politique n’as pas à se laisser dicté sa conduite par une pseudo association écologiste qui passent sont temps a faire des tweets et des tours de ronds point a bicyclette !
    Que BIZI se présente aux éléctions , au lieu de pleurnicher .

    • Mizel E.
      Publié le 27/07/2021 à 16:43 | Permalien

      Exactement! Bizi n’est pas une vraie association, ils ne font pas du vrai travail. L’étude sur les emplois climatiques en Pays Basque Nord ils ne l’ont pas vraiment menée c’était des hologrammes. Le travail sur la boîte programmatique de 2014 non plus, elle est tombée du ciel toute seule pendant qu’ils passaient leur temps à twitter. Idem l’étude du dossier sur le PCAET ils ne l’ont pas vraiment faite c’était des poupées gonflables peintes en vert assises au comité partenarial, pendant que les vrais membres de Bizi passaient leur temps à tourner autour d’un rond point en mangeant du tofu.
      Le climat, le climat, ça va bien 5 minutes, on va quand même pas commencer à faire comme si on prenait vraiment ça au sérieux, et puis quoi encore, merde.
      Il est temps de dénoncer cette imposture climato obsessionnelle et de revenir au bon vieil abertzalisme d’avant, sans écolos ni trucs médiatiques de réseaux sociaux ni tous ces trucs venus des américains là. Aski da!

      • ANTTON B
        Publié le 28/07/2021 à 16:57 | Permalien

        La priorité des abertzale doit rester l’indépendance . Et toutes les forces de notre pays doivent en faire notre seul objectif . Et ne pas se perdre a droite et a gauche pour des bétises . Alors un peu de discipline et nous auront la victoire dans 20 ans .

        Et si tu veut te rendre utile l’association de chasse de la Vallée de Baigorri projette de planter 300 arbres a Lasse . Ceux qui fait déja 300 de plus que Bizi !

  2. Jakes LAFITTE
    Publié le 26/07/2021 à 21:11 | Permalien

    Estatu handien buruzagiek orain denbora geihegi galtzen dute klimaren aldaketak egiten dituen ondorio latzei aurka egiteko. Urte guziz biltzar handi bat egiten dute baina ez dira sekulan ados jartzen; azken denbora hauetan Errusia eta Txina ezer egin nahi gabe gelditu dira. Duela berrogei urte erotzat edo iraganaldikerien zaletzat jotzen zituzten ingurumenaren defendatzaileak; « ametslariak » zitzaikien. Orain denok, Trump edo Bolsonaro bezalako astoak ezik, ohartzen dira arrazoia zeukatela joan den mendeko « ametsariek » . Espazioan turismo egitea pentatu ordez, edo abiadura handiko trenak eraiki ordez, gure Lurreko arazo larriak nola konpondu pentsatu beharko lukete.

  3. ANTTON B
    Publié le 27/07/2021 à 15:54 | Permalien

    Je ne trouve pas trés glorieux de s’attaquer aux élus de EHBai , qui pour la grande majorité sont des élus , des maires de petit villages qui consacrent 90% de leurs budgets a entretenir les routes , les batiments communaux , un demi poste de secrétaire de mairie , un demi poste d’employer communal , et surtout garder l’école ouverte . C’est maires passent des centaines d’heures en réunions totalement inutiles avec diverses institutions pour pouvoir mendier quelques milliers d’euros et ainsi faire avancer leur projets .
    Et faire le chevalier blanc aux mains propres et les montrer du doigts se n’est pas trés courtois !!!

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