Entreprise et dette

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Pantxoa Bimboire
Pantxoa Bimboire
Gérant Sarl (chocolat), conseil de surveillance d’une SA, vice président Chambre de Commerce Bayonne Pays Basque (chargé de l’industrie), élu Chambre de Commerce Régionale (commission finances), administrateur de banque (Société Locale Caisse d’Epargne Pays Basque), adhérent Lantegiak (association des entreprises et entrepreneurs Pays Basque).
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Le déficit 2015 du budget de l’Etat n’a rien de réjouissant. D’autant, que les PME/PMI paient un tribut fiscal plus élevé que les grandes sociétés du CAC 40.

De façon générale, toute massification
sert le gros et dessert le petit
par les  économies d’échelle
et les textes législatifs sont neutres
dans ce jeu du plus gros contre le plus petit.
C’est aussi la raison du
dépérissement commercial des centre-villes.

Cher lecteur, j’ai été un peu étonné  quand M. Sapin a commenté les économies de 4 milliards sur le déficit du budget de l’Etat : au lieu de 70 milliards de dépassement le déficit se réduit à 66 milliards.

Je pense qu’une partie des problèmes de la démocratie réside dans le contournement des vérités trop dures à dire et qui maintiennent la population dans des illusions dangereuses.

Qu’avait à perdre M. Sapin en décrivant la situation telle qu’elle est ?

Même si la réduction du déficit est dans tous les cas une bonne nouvelle, il convenait de dire que les efforts à faire pour revenir à l’équilibre étaient encore énormes (15 fois plus importants !).

En fait, le dépassement représente toujours plus de 20% : on dépense plus de 20% de ce que l’on perçoit (impôts sur les sociétés, impôt sur le revenu, ISF, TVA, CSG, etc.).

Pour donner une idée sur l’effort à faire : le seul impôt sur le revenu est inférieur au déficit annuel ! Dans tous les cas la population doit être majeure et savoir que la personne qui constate n’est pas la seule responsable de son constat.

Comme feu Guy Béard le chantait : “le poète a dit la vérité, il doit être exécuté” !

Le beurre et l’argent du beurre

Ce budget n’est pourtant pas un budget large. On sait parfaitement que l’Etat fait ce qu’il peut et que, sans doute, la droite ne ferait pas beaucoup mieux compte tenu des freins énormes de l’opinion publique qui n’a pas la connaissance de la profondeur du trou et qui veut le beurre et l’argent du beurre.

Les augmentations des dépenses à venir sont légion : le budget militaire va être dégelé, à cause des prétentions françaises sur la scène mondiale, mais ni les  mesures décidées récemment sur le service civique et son nécessaire encadrement ne vont le réduire ni l’usure des hélicoptères dans les sables du Mali, le budget de la justice en France est, paraît-il, celui de la Moldavie, l’éducation nationale (premier budget de l’Etat) n’est ni ouverte à des changements de fond, ni prête à des investissements sur les populations défavorisées (puisque la promotion consiste avec l’âge du professeur à le “planquer” dans une région “amicale” type sud-ouest par exemple), toute modification se fera avec une augmentation de budget, le budget de la police est en hausse (à cause de la forte adhésion de la nation) mais les heures supplémentaires, les “burn out” et les formations des nouveaux embauchés seront une forte cause d’augmentation de budget.

Je n’évoque pas les autres ministères toujours en demande : culture, développement économique, etc.

Ou donc trouver ces 66 milliards d’euros ? Quelle politique de tri des priorités faut-il faire ? Quel programme de salut public est-on capable de faire voter sur 2017? Quel que soit le porteur du projet, on ne doit surtout pas attendre l’arrivée d’un sauveur. L’illusion pernicieuse persiste. M. Sapin devait donner toutes les  explications sur les 4 milliards, même si sans doute, il aura été le premier ministre du budget de la V° république à avoir des propos transparents. Tous les  économistes avertis évoquent l’alignement des planètes: pétrole peu cher, argent bon marché à l’emprunt. La conjoncture est donc favorable.

Small is beautiful… pas tout à fait !

Plus d’une trentaine d’entreprises agroalimentaires adhère et constitue le cluster Uztartu. Elles développent plus de 70 millions d’euros et emploient environ 1.000 personnes. Ces entreprises emploient de 2 à 50 personnes. Le capital de ces sociétés est familial ou territorial (Pays Basque). La législation (environnement,  hygiène, droit du travail, traçabilité, pénibilité, etc.) et les normes dans les entreprises en général,
et dans les entreprises agroalimentaires en particulier sont très pénalisantes. Elles s’appliquent de la même façon aux petites ou aux grosses entreprises qui ont les moyens (conseils, structures internes  etc…) pour cerner les difficultés (comprendre les textes utilisables, les  interpréter, savoir les appliquer).

La diversité des produits/gammes par euro vendu est bien plus importante sur une petite PME/PMI que sur un grand groupe si bien que l’amortissement du travail de mise en oeuvre en est plus difficile. Les textes législatifs sont impénétrables si vous ne disposez pas d’un  traducteur en langage de tous les jours. Je ne vous ferai pas le plaisir de citer quelques lignes, mais sachez que, s’il y a un langage pour les fameuses notes de l’éducation nationale (relire avec délectation la définition du mot piscine en volapuk pédagogique), les législateurs de l’agroalimentaire ne sont pas en reste.

Le droit du travail, lui aussi applicable partout dans l’Hexagone, présente une difficulté dans nos entreprises. Une grosse entreprise de 400 personnes aura une typologie de contrat de travail plus restreinte par euro vendu, qu’une PME/PMI (contrats saisonniers, temps partiels, contrats d’emploi polyvalent, horaires de travail, indices, etc). La raison est qu’une entreprise de transformation de 15 personnes en Pays
Basque est souvent liée à la saisonnalité de la production fruitière, légumière ou animale et que le salarié ne peut être mono tâche.

De façon générale, toute massification sert le gros et dessert le petit par les économies d’échelle et les textes législatifs sont neutres dans ce jeu du plus gros contre le plus petit. C’est aussi la  raison du dépérissement commercial des centre-villes.

Une des raisons de vivre de Uztartu,  utre les initiatives herriko ogia et haragia, est aussi la mise en commun des problématiques et des solutions à envisager, comme par exemple, la législation nouvelle sur les étiquetages (indications des calories), la législation sur la pénibilité au travail.

Mais aussi des actions collectives commerciales sur les produits de plusieurs sociétés qui sont mieux amorties par une mise en commun des dépenses : action sur Paris et d’autres grandes villes, mises en place de web ventes par des box/cadeau, etc.

Ce propos, particulier dans une publication comme Enbata, n’a d’autre but que de faire partager au lecteur éclairé les quelques points liés à l’économie du territoire dont un fer de lance est dans l’agroalimentaire, point obligatoire entre la matière première (lait, porc, boeuf, fruit,
légumes, etc) et le consommateur qui cherche un produit transformé ici.

Il est aussi bon de rappeler que les PME/PMI payent plus d’impôt (par euro gagné) que les grands groupes du CAC40 par exemple, et que l’Etat, donc nous tous, en avons besoin pour combler les fameux 66 milliards de déficit annuel… Et je suis retombé sur mes pieds !

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