Euskal Herri berria

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Andde Sainte-Marie
Andde Sainte-Marie
Conseiller Régional, Paysan à Lantabat, militant abertzale socialiste, ancien porte-parole d'Abertzaleen Batasuna.
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Devenir abertzale a tout d’abord été pour moi m’approprier la problématique de l’identité basque, mon identité basque. Cette conscientisation étant intégrée en mon fort intérieur, j’en ai fait le fil conducteur d’une trajectoire militante et politique. Trajectoire de plus 30 ans déjà, parsemée de drames, de victoires, de défaites et de pas mal de moments intenses. Trajectoire enfin, guidée par autant de certitudes que de doutes.

Être et se sentir abertzale est tout autant un acte citoyen, un sentiment de citoyenneté qu’une position ou posture politique. Être abertzale, pour moi veut dire être acteur dans MON pays. Ce pays, ce territoire identifié auquel je me sens appartenir. Être abertzale c’est aussi une volonté tenace et chevillée au corps et au cœur. La volonté toujours renouvelée de transmettre certaines valeurs aussi basiques que progressistes. Basiques telles que la transmission de l’euskara à mes enfants, la diffusion d’une culture basque populaire, vivante et non-folklorisée. Progressistes telles que l’approbation de démarches de développement durable, une conscientisation forte à l’écologie fut-elle politique. Au final une volonté maintes fois affichée de TRANSMETTRE aux générations futures de ce pays un environnement, au sens large du terme,politique, social, économique, écologique et culturel durable. Au Pays Basque, tout cela pour moi a un nom et une définition : être abertzale. Abertzale, citoyen de ce pays et citoyen du monde aussi, l’un n’allant pas sans l’autre.

Assumer l’abertzalisme par le biais d’un engagement politique en iparralde
Ayant décidé et choisi d’assumer mon abertzalisme par le biais d’un engagement politique en iparralde, je ne cache pas qu’avec d’autres abertzale, il nous apparaît nécessaire et urgent d’insuffler un nouvel élan à la vie publique et politique de cette partie d’Euskal Herria. Nouvel élan qui doit porter bien au-delà du «cercle» abertzale. Elan qui doit s’inscrire dans une ouverture et une offre politique faites à des secteurs progressistes, non abertzale et donc forcément «hexagonaux». Afin que cette ouverture puisse être palpable et porteuse de dynamique nouvelle, il va sans dire que le projet politique porté par la plupart des abertzale organisés en partis ou mouvements structurés se doit d’être réactualisé, si besoin est en profondeur.

Il va sans dire que toute dynamique politique abertzale se doit d’être basée sur des fondements strictement politique, civile et démocratique. Une totale autonomie de fonctionnement et de financement par Iparralde et pour Iparralde devront être actées, écartant de ce fait toute possibilité et volonté d’hégémonie de partis implantés principalement en Hegoalde. Même si cela apparaît comme une lapalissade, actons que les trois grands territoires d’ EH (Communauté Autonome, Navarre, Pays Basque Nord) sont des entités avec des spécificités politiques, administratives et rythmes différents et donc différenciés.

Abertzalisme de progrès, socialiste et réformiste
Il m’apparaît nécessaire également de développer des réseaux et un partenariat politique sur le territoire hexagonal français, comme européen d’ailleurs au travers d’une participation beaucoup active qu’ aujourd’hui à RPS (Régions et Peuples Solidaires) et ALE ( Alliance Libre Européenne).

Même si en politique, on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut, les résultats électoraux lors des dernières consultations, pris sur l’ensemble du territoire d’ Iparralde ne sont pas mirobolants. Ils seraient plutôt dans une logique de stagnation que de progression. Considérons-nous chaque élection de façon particulière avec des types de scrutin différents (un tour à la proportionnelle ou deux tours au scrutin majoritaire) que nous devrons donc forcément préparer de façon spécifique ?

Mon abertzalisme se veut de progrès, socialiste et réformiste. De gauche socialiste, mais débarrassé des oripeaux de l’ultra-gauche en quête permanente de ce «grand soir» qui n’en finit jamais d’ arriver… Mon abertzalisme se veut ouvert à des personnes et acteurs sociaux et politiques non abertzale, mais désireuses comme moi, de faire bouger NOTRE pays dans le sens de plus de démocratie participative, de plus de souveraineté entière ou partagée, de moins de conservatisme, de moins de populisme.

Un Pays Basque maître de son destin, pacifié et réconcilié avec lui-même et le monde qui l’entoure : Euskal Herri berria.

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