La guerre de 14-18 en Basse-Navarre (2/2)

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Vers 1912 dans son uniforme de zouave, Joseph Habiague,natif de St-Jean-le-Vieux. Extrait de la monographie de Eric le Blay, Des Pyrénées aux tranchées, les poilus donazahartars durant la Première guerre mondiale, Memoring éditions, 2019.

Vers 1912 dans son uniforme de zouave, Joseph Habiague,natif de St-Jean-le-Vieux. Extrait de la monographie de Eric le Blay, Des Pyrénées aux tranchées, les poilus donazahartars durant la Première guerre mondiale, Memoring éditions, 2019.

Suite et fin de la partie (1/2)

Le travail réalisé par une vingtaine de membres de l’association Terres de Navarre éclaire d’un jour nouveau l’histoire récente du Pays Basque.

Répression

Préfet et gendarmes luttent contre l’insoumission et la désertion. Le premier évoque dans un rapport «cette mentalité spéciale qui fait que beaucoup de Basques se considèrent comme n’ayant d’autre patrie que le coin de terre qui les a vu naître et que la guerre est un fléau qui ne saurait s’étendre jusqu’au pied des Pyrénées». Les procès pleuvent avec des condamnations très diverses, de quelques mois à plusieurs années, malgré la loi d‘amnistie de 1931. Un soldat d’Ispoure est fusillé pour abandon de poste le 21 octobre 1914. Le conseil de guerre qui a pris cette décision condamne sa famille à payer les frais du procès. Beaucoup d’insoumis doivent attendre 30 ans pour pouvoir revenir chez eux sans subir de sanctions. Un berger d’Ispoure est condamné en 1917 à quinze mois de prison pour incitation à la désertion. Cas d’école que celui de Bernard Haizager de Lantabat, porté déserteur pour les deux guerres mondiales, il ne sera amnistié qu’en 1974, à l’âge de 77 ans. Quelques-uns, insoumis et petits délinquants, finiront aux bagnes de Kourou en Guyanne ou à celui d’Orléansville en Algérie.

Les passeports sont refusés ou retirés aux familles, en particulier dans les villages frontaliers. L’opprobre est orchestrée pour stigmatiser les proches, les listes détaillées d’insoumis sont placardées aux portes des mairies, les familles exposées à la honte, voire à la vindicte publique dans le village. La désertion est donc une décision lourde à porter, avec des répercussions sur les familles qui seront épiées par la police. Et souvent à la clef des amitiés brisées ou des promesses de mariage ruinées.

Le député Jean Ybarnégaray harangue les insoumis réfugiés à Luzaide, afin de les «remettre dans le droit chemin». Lorsque des permissionnaires risquent de flancher au moment de repartir au font, concerts et fêtes sont organisés par des proches pour les encourager à repartir se faire casser la figure… Le courrier des soldats au front passe systématiquement par la censure. Celui émanant des familles est étroitement surveillé. En mai 1918, selon le commissaire spécial de police d’Ossès, 71 familles d’insoumis et de déserteurs font l’objet d’une surveillance. Dans le même village, le garde-champêtre vérifie à la gare les sauf-conduits des voyageurs. Les douaniers ne sont pas les derniers à contrôler les populations. Des fonctionnaires espagnols en poste dans le Baztan et en Gipuzkoa, se chargent, moyennant finance, de fabriquer des faux papiers pour faciliter l’émigration. Le maire des Aldudes, surpris par un inspecteur de police français dans les rues d’Elizondo, est suspecté d’organiser un réseau d’insoumission. Son propre frère est parti en Amérique in extremis, dès les premiers jours de la guerre. Un brigadier de gendarmerie muté aux Aldudes et chargé d’arrêter déserteurs et insoumis reçoit des lettres anonymes de menaces, l’affaire fait l’objet d’un procès. A Baigorri, plusieurs personnes sont condamnées pour complicité de désertion, des caissettes de courriers qui devaient être brûlés ont été découvertes à leur domicile. Une loi de 1917 accentue les sanctions à l’encontre des déserteurs et surtout de leur entourage, en organisant la mise sous séquestre et la confiscation de leurs biens. De quoi  faire réfléchir et calmer les velléités des plus téméraires.

Détail du médaillier de Léopold Monlong, natif des Aldudes. Terres de Navarre.

Détail du médaillier de Léopold Monlong, natif des Aldudes. Terres de Navarre.

Nous voilà bien loin de l’unanimisme patriotard français. La coercition des autorités est très forte et l’on assiste à la mise au pas d’une société toute entière, à sa domestication, au détriment des libertés publiques. La patrie est en danger, l’Union sacrée de la République devient une impérieuse nécessité. Donc tout est permis, un scénario que nous connaissons bien en Euskal Herri. Dans un tel contexte répressif, sous une telle pression idéologique, l’expression collective d’une contestation organisée n’avait aucune chance de prospérer.

Collaborer ou résister

La guerre ne fut en rien le conflit rapidement remporté que l’on avait vendu à l’opinion. Le cauchemar s’éternise. Il a commencé très fort. Le 22 août 1914, plus de 27.000 soldats meurent en 24h, un record dans l‘histoire des conflits en Europe. Les soldats en permission voient l’état économique de leur village se dégrader et les souffrances des populations. Parlent-ils de l’enfer qu’ils vivent loin de chez eux, dans des pays improbables? Oseront-ils décrire à leurs proches cette expérience extrême de la violence du front, sa réalité harassante et morbide qui plonge les hommes dans l’angoisse et la dépression ? Nous n’en saurons rien. Pas de cellule psychologique pour les assister… Les blessés eux aussi rentrent au pays natal, portant sur eux les stigmates de la guerre. Les maires et les gendarmes annoncent les décès aux familles, les cercueils arrivent ou n’arrivent pas. Certains attendront jusqu’en 1921 la lettre officielle indiquant la disparition d’un fils, d’un frère, d’un mari, d’un père, elle anéantit leurs derniers espoirs. Mais le corps du défunt est absent pour enfin organiser une cérémonie et faire le deuil.

Les élites se soumettent à la doxa gouvernementale et reprennent les discours cocardiers officiels. Les notables détiennent  leur  pouvoir de leur rôle d’intermédiaires, de relai entre population locale et pourvoir central. Parmi eux, avant et après la guerre, agents recruteurs, agences de voyage et usuriers ont su tirer profit des candidats à l’immigration. Le malheur des uns fait le bonheur des autres.

L’Eglise demeure fortement critique à l’égard du régime républicain. La séparation de l’Église et de l’État en 1905 qui concrétise la fin du Concordat, avive les tensions. Plutôt monarchiste, elle prêche en principe en faveur de la paix. Mais en août 1914, l’Église emboîte les pas de l’Union sacrée. La une du journal Eskualduna est bien connue : «Gerla haste, biba Frantzia!». Le peuple est abandonné à son destin de chair à canon.

Comment résister face à ce rouleau compresseur, à ce matraquage ? Quelques rares voix s’y sont aventurées. Nous avons évoqué plus haut le maire des Aldudes organisant l’insoumission de l’autre côté de la frontière. Le maire de Lacarre tient des propos critiques, il se fait brutalement rappeler à l’ordre. Le 23 août 1914, Etchart, curé à Baigorry, déclare en chaire que la France mérite d’être anéantie par l’Allemagne parce qu’elle n’a pas invoqué l’aide de Dieu au moment de la déclaration de guerre. Il réitère son propos une semaine plus tard et le maire prend la parole pour le contredire. L’évêque désavoue le prêtre, mais le sous-préfet réclamera son arrestation. Dans un souci d’apaisement, Etchart est relaxé par les tribunaux de St-Palais puis de Pau pour préserver l’unanimisme contre «l’ennemi héréditaire».

A Bayonne, le docteur Fernand Elosu (3), avec quelques amis, tente d’organiser un meeting pacifiste le 30 juillet 1914. Une contre-manif suscite quelques frictions et le mouvement s’éteint rapidement.

En définitive, le Pays Basque reste officiellement muet, comme les grandes douleurs. La rébellion des opposants demeure silencieuse, ils manifestent leur refus avec leurs pieds. Ils quittent le pays. Pouvait-il en être autrement ? L’État français a préparé de longue date son projet de guerre aussi bien sur la plan idéologique que technique et juridique. On sait combien les Kanaks qui se sont révoltés contre la conscription en 1917 ont cher payé leur opposition. Comme les Chouans vendéens plus d’un siècle auparavant ou les Communards massacrés en 1871.

Entre deux guerres

Sur une cinquantaine d’années, nous assistons à un drame majeur de l’histoire du Pays Basque avec cette double hémorragie. Le sang versé à Verdun fut le creuset du nationalisme français et de l’intégration à la France des nations périphériques. Sur fond de reniement de soi et de glottophagie, lorsqu’une langue en mange une autre. Les monuments aux morts gravent dans le marbre le patriotisme français des Basques.

Le livre de Terres de Navarre ne nous dit pas comment la France se nourrit du désastre de 14-18 durant l’après-guerre, pour construire et fonder dans le sang et la souffrance son unité nationale et culturelle, tant par le sentiment d’appartenance et un nationalisme avec ses outrances, que pour conforter son unité linguistique au détriment des «patois». Le gouvernement craint que les populations se révoltent contre des dirigeants qui ont conduit le pays à la guerre. Il retourne le drame à son profit, c’est un coup de génie.

Le silence et la soumission des acteurs d’un côté, de l’autre, les médailles et citations religieusement conservées, sur fond de sonneries au clairon, Marseillaise, roulements de tambour et grands discours d’Ybarnégaray, chaque 11 novembre se répète immuable, en présence des élèves des écoles. D’abord «célébrer avec dignité et émotion les sacrifices consentis», comme le dit encore aujourd’hui François Maitia dans la préface du livre. L’ancien combattant honoré et mythifié doit s’associer et relayer le grand roman national français. Il ne désavouera pas les élites européennes qui ont déclenché une guerre où «les pères ont tué les fils». Prêcher sur la canonisation de Jeanne d’Arc en mettant en exergue les prouesses de nos héroïques soldats, comme le fait en chaire le curé d’Arnéguy Félix Etcheverry… de quoi parachever le rapport de domination, la mise au pas idéologique d’une société entière en tuant dans l’œuf toute voix dissidente, toute velléité de contestation.

En l’église d’Ithorrotze, de la guerre de 14-18 à celle d’Algérie.

En l’église d’Ithorrotze, de la guerre de 14-18 à celle d’Algérie.

En un petit pays fragilisé dont les institutions propres ont été rayées d’un trait de plume un siècle plus tôt, la guerre a des effets surmultipliés. Il se raccroche au récit de «la petite patrie dans la grande», escroquerie intellectuelle chargée de masquer le réel de la sujétion et de la disparition programmée. A la même époque, en Hegoalde, d’autres Basques ont tout compris et empruntent des voies prometteuses.

Survivre à deux cataclysmes

Il faut en savoir gré aux auteurs, ce livre est une mine. Non pas un brûlot, mais un état des lieux relatant des faits parfois fragmentaires. Mis bout à bout, ils deviennent forcément explosifs pour qui sait les lire. Libre à chacun d’en donner l’interprétation qu’il veut. Au fil des pages, émerge une réalité qui donne le vertige parce qu’elle met en perspective deux phénomènes concomitants qui se cumulent: pour une population de 185.000 habitants en 1900, le départ d’environ 150.000 Basques de 1832 à 1914 —il se poursuivra jusqu’au début des années 60— puis la boucherie de 14-18 avec près de 6000 morts. Autant de générations marquées par le discours officiel orchestré par l’écrivain basque Jean Barbier, soutenu par Mgr Gieure. Une vraie chape de plomb s’exerce sur les esprits et pour le reste, tout ce qui fâche, le politiquement incorrect, c’est un silence écrasant.  Comme ceux qui reviendront des camps de la mort quelques décennies plus tard, peu arrivent à parler, beaucoup ne parleront jamais. «Labur hitzetan eta luze egintzetan», dit un proverbe basque. A l‘époque où les «poilus» de 14-18 sont encore nombreux, aucune Teresa Lekunberri ou Pantxika Maitia ne sont là pour écouter des hommes marqués par le fer rouge, les aider à fendre l’armure, recueillir autre chose qu’un récit convenu. La plupart ont emporté dans la tombe leur version personnelle des «Désastres de la guerre». Au milieu des années 80, Xipri Arbelbide recueillera in extremis les témoignages de neuf rescapés et leurs familles.

Après avoir traversé un néant originaire, ces hommes ont-ils vécu l’après-guerre «dans l’insondable désinvolture du revenant»? Prendre sur soi, oublier, refouler, censurer, seul moyen de survivre? En dehors de la tranchée de Craonne où l’on se terre, prêt à s’immoler, pris entre deux menaces, celle de l’officier français qui va tirer sur vous si vous n’avancez pas, et celle des mitrailleuses allemandes, «rien de vrai n’existe dorénavant, le reste ne sera plus que brève vacance, illusion des sens, songe incertain». Quelles sont les traces d’un tel cataclysme dans la mémoire et les mentalités d’hier et d’aujourd’hui?

Le grand mérite de Terres de Navarre est d’approcher des êtres qui ont franchi le Styx. Leurs visages, tels ceux peints par Francis Bacon, nous regardent silencieusement, «visages bons au feu, visages bons aux refus, à la nuit, aux injures, aux coups, voici le vide qui vous fixe, votre mort va servir d’exemple»…

La bibliographie de l’émigration et de la guerre de 14 s’allonge en Pays Basque (4), mais ce pan de notre histoire reste encore à creuser, ce qui en dit long sur le déficit en matière de recherche et de connaissance de notre passé. Après de telles tragédies, comment le Pays Basque a-t-il pu survivre, pourquoi n’a-t-il pas disparu? Un mystère, un miracle. Autant de questions que l’on se pose en refermant ce livre.

 

(3) Xipri Arbelbide a sorti de l’oubli Fernand Elosu, voir son étude : http://www.eusko-ikaskuntza.eus/PDFAnlt/vasconia/vas42/42051100.pdf

(4) Nous pensons en particulier à l’ouvrage essentiel d’Eneko Bidegain, Lehen mundu gerla eta Euskal Herria, Elkar 2014.

 

La Grande guerre et la Basse-Navarre dans les 44 communes des anciens cantons de Iholdy, Saint-Etienne-de-Baigorry et Saint-Jean-Pied-de-Port, Revue Terres de Navarre, Nafarroako lurraldeak, tomes 1 et 2, n°28/2019 hors série, 528 p. et 164 p.

La Grande guerre et la Basse-Navarre dans les 44 communes des anciens cantons de Iholdy, Saint-Etienne-de-Baigorry et Saint-Jean-Pied-de-Port, Revue Terres de Navarre, Nafarroako lurraldeak, tomes 1 et 2, n°28/2019 hors série, 528 p. et 164 p.

Un peu plus tôt, en Bretagne

En 1870, pour une raison qu’aucun historien n’a valablement éclaircie, l’armée de Bretagne qui à l’époque montait au feu avec ses propres drapeaux, fut retirée des combats sur ordre de Paris et enfermée au camp de Conlie, dans la Sarthe. Pendant des semaines, elle y pourrit de dysenterie et de variole. Un jour, enfin, un fringant général français, le général de Marivault, décida de la passer en revue. Alors de ce «fumier tout seul rassemblé» (Corbière) surgirent des milliers de spectres haillonneux tendant leurs mains suppliantes :
D’ar ger, ma général ! D’ar ger !
Le général, bouleversé, se tourna vers ses officiers :
— Ces braves Bretons! dit-il. Même dans la pire misère, ils n’ont qu’un désir, se battre!
Il ne parlait pas breton, bien sûr. Il ne savait pas que d’ar ger ne signifie pas : A la guerre ! mais A la maison.

Morvan Lebesque,
Comment peut-on être breton ?
Seuil 1970.

La France attend !

Paroles de Pierre Gaillard, 1899. Chanson enseignée et reprise dans les écoles publiques de Jules Ferry pour motiver les futures soldats à aller se sacrifier pour les territoires d’Alsace et de Lorraine aux mains des Allemands depuis 1870. Lire le témoignage d’Erramun Etchebarne dans ses souvenirs (Erramun harginaren oroitzapenak, Etor, 1988).

1
Enfant, regarde sur ces cartes
Ce point noir qu’il faut effacer
De tes petits doigts tu l’écartes
En rouge, il vaut mieux le tracer
Puissent en notre chère France
Les rameaux verts de l’espérance
Fleurir par toi, mon cher enfant
Grandis, grandis, la France attend !
2
Ce point, c’est toute une province
Que volèrent les Allemands
Pour calmer l’appétit d’un prince …
Parfois leurs princes sont gourmands
3
Plus tard, quoi que le sort te fasse
Promets-moi bien d’aller là-bas
Chercher les enfants de ‘Alsace.
Qui nous tendent leurs petits bras.
4
Toujours souffre de leur souffrance
D’être appelés des prussiens !
Eux, comme toi, vrais fils de France.
Bons Français, les Alsaciens !

La Chanson de Craonne

Célèbre chanson antimilitariste créée en 1917. La hiérarchie militaire offrit un million de francs-or et la démobilisation à toute personne dénonçant ses auteurs. La chanson fut interdite et censurée pendant des décennies et encore aujourd’hui, fait l’objet de polémiques à l’occasion de cérémonies commémoratives.

Quand au bout du jour le repos terminé
On va reprendre les tranchées
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
C’est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros comme dans un sanglot
On dit adieu aux civelots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s’en va là-haut en baissant la tête

Adieu la vie, adieu l’amour
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini et pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la relève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasse à pieds
Venu pour nous remplacer
Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe
Les petits soldats vont chercher leur tombe

Adieu la vie, adieu l’amour
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini et pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

C’est malheureux de voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c’est pas la même chose
Au lieu de se cacher tous ces embusquées
Feraient mieux de monter aux tranchées
Pour défendre leurs biens car nous n’avons rien
Nous autres pauvres purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour remplir les poches de ces messieurs là

Ceux qu’ont le pognon, ceux-là reviendrons
Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce sera votre tour, messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez la guerre
Payez-la de votre peau
Car si vous voulez la guerre
Payez-la de votre peau

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