Penser global pour agir local

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Mikel Iribarren, paysan, ancien secrétaire général de la Confédération Paysanne, maire d’Itxassou

C’est au retour d’un colloque de la Confédération Paysanne sur les petites fermes en 2011 près de Bordeaux que Mixel m’a demandé avec mille précautions si je ne pouvais pas m’impliquer au niveau du comité national du syndicat. Il n’est pas très bien vu dans les rangs d’ELB d’aller mettre de l’énergie militante loin de notre terre, et la demande qu’il me faisait n’avait pas encore été partagée au niveau local. J’ai répondu positivement et nous nous sommes donc beaucoup cotoyés sur ces dix dernières années autour du syndicalisme agricole, autour de mon engagement à la Conf’, mais aussi dans la construction du mouvement paysan Etxalde qui a pour ambition de réfléchir et d’agir au niveau de l’ensemble des provinces du Pays Basque.

La réflexion et l’expérience de Mixel ont été déterminantes dans la construction du mouvement Etxalde avec les camarades d’Hegoalde. Le syndicat agricole EHNE qui est le partenaire historique d’ELB, semble globalement plus conciliant avec les acteurs des filières de production et les institutions que fortement critiques vis-à-vis du système économique et financier qui est en train d’étouffer et anéantir le monde agricole.

Les militants d’Etxalde auraient sans doute été plus influencés par le mouvement mondial Via Campesina et notamment ses puissantes organisations sud américaines, s’il n’y avait pas eu Mixel et toute la dynamique ELB/EHLG d’Ipar Euskal Herria. Nous partageons la critique radicale du système, mais nous apportons un parcours d’expérience dans la mise en place d’alternatives concrètes et puissantes avec l’implication forte des paysans et citoyens du territoire concerné.

C’est tout à la fois la radicalité de l’analyse du système agricole, l’engagement de proximité permanente avec le monde réel des paysans, la volonté d’ouvrir et d’impliquer les citoyens dans les choix agricoles et alimentaires, et la conviction qu’il faut s’atteler collectivement aux solutions alternatives depuis son lieu de vie, en pensant global pour agir local, qui pourraient être les grands piliers de l’engagement de Mixel Berrocoirigoin.

L’un des principaux débats internes de la Conf’ partage les militants dans le choix de la priorité entre la défense des paysans pour leurs droits et leurs revenus, avec ou sans remise en cause du mode de production sur leurs fermes, et le développement d’une agriculture paysanne sur l’ensemble des territoires.

La contribution du Garaztar à toutes les réflexions autour de cette démarche d’agriculture paysanne a été déterminante. Nombreux sont nos camarades du syndicat qui pourraient en témoigner. Je me risquerais ici à affirmer que, pour Mixel, le projet politique de l’agriculture paysanne allait bien au-delà d’un projet de développement économique alternatif, qu’il était un projet de société, dans lequel les paysans et particulièrement les petits paysans, devaient être défendus en priorité et devaient pouvoir retrouver revenus et droits.

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