Archives de l’auteur : Jean-Marc Abadie


The Voice(s)

Chut ! Ne le dites à personne, il nous arrive de regarder TF1 en famille. Enfin uniquement “The Voice”. Bon c'est TF1, certes avec ses pubs -moins nombreuses en replay- mais c'est con à dire : on se laisse prendre au jeu. Comme on adore le chant, que l'émission est bien construite et que les quatre “coachs” ne sont pas des beaufs en puissance (1), on n'a pas raté une émission depuis 12 semaines ! Surtout que cela reste entre nous ! Qué vergüenza !(2)

Parce que la honte -pour la France en tous cas- c'est aussi en terme de “voix”, le score du FN du premier tour, déjà élevé avec 7.678.491 soutiens (21,30%), progresse encore démesurément et dangereusement en atteignant, au second tour, les 10 millions 644 mille et 118 voix (33,90% des suffrages exprimés). (...)


Oui mais après ?

Au moment où ces lignes sont écrites, nous sommes à la veille du premier tour de ces élections présidentielles qui dénaturent la conception que nous pouvons avoir sur la représentation politique, la démocratie, un régime parlementaire ou une démarche collective…

Ce noble art qu'est la politique se trouve ici dévoyé par une représentation individuelle, un sauveur suprême, un personnage omnipotent qui participe à une course à l'échalote : plus présidentiable que moi tu meurs ! (...)


Mesclagne (1)

Celles et ceux parmi les autochtones qui célébraient, ce dimanche 12 mars, leur anniversaire ne pouvaient pas trouver mieux, pour leur gâcher la fête, que de se caler devant le petit écran sur France 5 en regardant consterné(e)s un reportage intitulé «La basque attitude».

Et cela commence très mal. (...)


Il est venu le revenu

S'il fallait extraire un élément intéressant de cet abîme de faits insipides déployés par l'ensemble des médias durant cette campagne des présidentielles, ce serait, sans nulle contestation, le maintenant fameux thème du revenu universel, dont Benoît Hamon a fait l'axe majeur lors de la bataille des primaires du PS et de ses alliés. Déjà, ce dispositif est expérimenté au Canada, en Inde, Namibie, Allemagne et implanté au Brésil, Alaska, Iran et Macao sous des formes diverses.

Le débat s'instaure autour de l'idée d'un minimum d'existence pour faire face aux impondérables, ou à des vies professionnelles de plus en plus éclectiques, notamment vis-à-vis d'un système économique complexe et inégalitaire où le chômage est une valeur sûre. Cette question interroge la place du travail dans nos sociétés notamment du fait de sa raréfaction depuis la fin des trente glorieuses. (...)


Un vote primaire

Ce n’est pas parce qu’il y a élections qu’il y a démocratie, pleine et entière. Toute la vie politique est centrée sur cette élection présidentielle, organisée maintenant tous les 5 ans.

Penser, encore en 2017, qu’il existe un homme providentiel, détenteur de tous les savoirs, qui serait capable à lui tout seul de résoudre les maux d’une société complexe, à qui l’on confère des pouvoirs bien trop conséquents, est peut-être le signe qu’on a besoin d’un mentor, d’un guide, de quelqu’un qu’on puisse vénérer. Cela doit être inscrit dans notre ADN. Penser que le suffrage universel est la panacée.


Tentative de décryptage

On n’aura pas fini de gloser sur cette opération politico-policière du vendredi 16 décembre 2016 à Luhuso. Trois militants abertzale connus aujourd’hui pour leur opposition à ETA et accompagnés d’une journaliste de Médiabask et d’un cameraman indépendant se font surprendre par la police française et espagnole avec une partie de l’armement d’ETA.

L’intention est de filmer sa “neutralisation” autour d’une communication à posteriori. L’objectif à terme étant, semble-t-il, de pousser les deux Etats concernés à négocier la restitution de l’ensemble du matériel d’ETA.


Comment Donald a Mickey tout le monde

Ouah ! Ces américains, toujours aussi forts ! On croyait qu'ils avaient atteint le summum en élisant en 1981 —et à deux reprises !— un acteur de seconde zone, le très droitier Ronald Reagan. Hé bé, ils ont trouvé mieux en changeant la première lettre du prénom et en catapultant un canard très laqué à la Maison blanche, la bien nommée !

Il faut dire qu'on a parfois du mal à les suivre, nos “doubles libérateurs du XXe siècle”.


Mystères

Jamais le tout tourisme ne s’est aussi bien porté sur notre territoire. Pourquoi, depuis le début des années 80, avons-nous baissé les bras pour en limiter les effets destructeurs ?

Pourquoi l’État espagnol s’échine-t-il à tout mettre en oeuvre pour que ETA reprenne les armes ? Et pourquoi l’État français le suit-il aveuglement dans cette stratégie mortifère au lieu de tout faire pour solder le dernier conflit armé en Europe ?


Gora Portugal ! (2)

Pour assez bien connaître, depuis la fin des années 70, le mouvement abertzale, et frustré de Mai 68 car trop jeune, je fais partie de ceux qui y ont baigné dans le "gauchisme" tout en étant pétri de christianisme. À 15/25 ans, jeunes abertzale de gauche, nous vivions le fait d'être minoritaires comme une fierté, cette marginalité faisait notre identité. C'est ce qui nous a construits.

En prenant de la maturité, en sortant de cette marginalité, la plupart d'entre nous avons perdu cette identité.

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