Archives de l’auteur : Jean-Marc Abadie


Il est venu le revenu

S'il fallait extraire un élément intéressant de cet abîme de faits insipides déployés par l'ensemble des médias durant cette campagne des présidentielles, ce serait, sans nulle contestation, le maintenant fameux thème du revenu universel, dont Benoît Hamon a fait l'axe majeur lors de la bataille des primaires du PS et de ses alliés. Déjà, ce dispositif est expérimenté au Canada, en Inde, Namibie, Allemagne et implanté au Brésil, Alaska, Iran et Macao sous des formes diverses.

Le débat s'instaure autour de l'idée d'un minimum d'existence pour faire face aux impondérables, ou à des vies professionnelles de plus en plus éclectiques, notamment vis-à-vis d'un système économique complexe et inégalitaire où le chômage est une valeur sûre. Cette question interroge la place du travail dans nos sociétés notamment du fait de sa raréfaction depuis la fin des trente glorieuses. (...)


Un vote primaire

Ce n’est pas parce qu’il y a élections qu’il y a démocratie, pleine et entière. Toute la vie politique est centrée sur cette élection présidentielle, organisée maintenant tous les 5 ans.

Penser, encore en 2017, qu’il existe un homme providentiel, détenteur de tous les savoirs, qui serait capable à lui tout seul de résoudre les maux d’une société complexe, à qui l’on confère des pouvoirs bien trop conséquents, est peut-être le signe qu’on a besoin d’un mentor, d’un guide, de quelqu’un qu’on puisse vénérer. Cela doit être inscrit dans notre ADN. Penser que le suffrage universel est la panacée.


Tentative de décryptage

On n’aura pas fini de gloser sur cette opération politico-policière du vendredi 16 décembre 2016 à Luhuso. Trois militants abertzale connus aujourd’hui pour leur opposition à ETA et accompagnés d’une journaliste de Médiabask et d’un cameraman indépendant se font surprendre par la police française et espagnole avec une partie de l’armement d’ETA.

L’intention est de filmer sa “neutralisation” autour d’une communication à posteriori. L’objectif à terme étant, semble-t-il, de pousser les deux Etats concernés à négocier la restitution de l’ensemble du matériel d’ETA.


Comment Donald a Mickey tout le monde

Ouah ! Ces américains, toujours aussi forts ! On croyait qu'ils avaient atteint le summum en élisant en 1981 —et à deux reprises !— un acteur de seconde zone, le très droitier Ronald Reagan. Hé bé, ils ont trouvé mieux en changeant la première lettre du prénom et en catapultant un canard très laqué à la Maison blanche, la bien nommée !

Il faut dire qu'on a parfois du mal à les suivre, nos “doubles libérateurs du XXe siècle”.


Mystères

Jamais le tout tourisme ne s’est aussi bien porté sur notre territoire. Pourquoi, depuis le début des années 80, avons-nous baissé les bras pour en limiter les effets destructeurs ?

Pourquoi l’État espagnol s’échine-t-il à tout mettre en oeuvre pour que ETA reprenne les armes ? Et pourquoi l’État français le suit-il aveuglement dans cette stratégie mortifère au lieu de tout faire pour solder le dernier conflit armé en Europe ?


Gora Portugal ! (2)

Pour assez bien connaître, depuis la fin des années 70, le mouvement abertzale, et frustré de Mai 68 car trop jeune, je fais partie de ceux qui y ont baigné dans le "gauchisme" tout en étant pétri de christianisme. À 15/25 ans, jeunes abertzale de gauche, nous vivions le fait d'être minoritaires comme une fierté, cette marginalité faisait notre identité. C'est ce qui nous a construits.

En prenant de la maturité, en sortant de cette marginalité, la plupart d'entre nous avons perdu cette identité.


Gora Portugal!

Dimanche 10 juillet 2016. Je regarde les 5 dernières minutes de la finale de la coupe d'Europe de football opposant la France au Portugal. Je n'aime pas regarder le foot. Et le nationalisme qui va avec. Mais je ne voulais pas me coucher sans savoir. Le Portugal gagne par 1 à 0. Et je suis content pour le Portugal, qui n'avait jamais gagné de finale, et pour les portugais d'origine, que j'ai côtoyés à Bayonne durant ma jeunesse.

Emporté par, sûrement, mon manque d'empathie à l'endroit de tous ceux qui, en Pays Basque Nord aussi, adhèrent à un sentiment d'appartenance fort à cette France une et indivisible, j'envoie spontanément des SMS à une vingtaine de proches. Deux mots : “Gora Portugal !”. Les réponses reçues en retour légitiment ma brève joie d'un soir. Toutes ? Non...


Chronique estivale

Je ne sais si notre campagne publique de 1983 organisée par les Herri Talde de l’époque sur la dénonciation du tout tourisme dont le support, pas forcement adapté, “Touristes attention, le Pays Basque n’est pas à vendre !”, avait pendant quelques temps limitée la casse. Le tout relayé par Iparretarrak qui faisait parler, chez nous, la poudre… et le gaz.

Force est de constater qu’aujourd’hui, ce tout tourisme-là se porte bien. Avec ses postes de saisonniers précaires et parfois exploité( e)s, son nombre effrayant de maisons secondaires, son foncier qui atteint des sommets inaccessibles pour la plupart des indigènes d’Euskal Herria, des pollutions croissantes, et nos langues et cultures toujours plus menacé(e)s.


2016, du pain et du “je”

Depuis le début de l'année, on nous abreuve à longueur de journaux, écrits, télévisés ou radiophoniques, de supputations de candidatures potentielles aux primaires. Puis courant fin d'année, on nous rabâchera de duels par des passes d'armes et autres bons mots qui confineront le combat politique à des insignifiants propos de cafés de commerce.

Et viendra le temps où les médias se disputeront l'exclusivité d'abscons commentaires insipides dont se lasse de plus en plus le citoyen lambda. Enfin, on aura droit en début d'année 2017 aux spots formatés des futurs chevaliers blancs.

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