Climat de tension relevant plus d’une posture idéologique du gouvernement

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Le ministre de l'Education a très sérieusement affirmé que les élèves des écoles "immersives" - dans lesquelles tous les cours ont lieu en langue régionale - risquaient "d'ignorer la langue française ."  Cliquer sur l'image pour lire l'article complet :  Langues régionales Quand Blanquer s'égare de Michel Feltin-Palas,

Le ministre de l’Education a très sérieusement affirmé que les élèves des écoles « immersives » – dans lesquelles tous les cours ont lieu en langue régionale – risquaient « d’ignorer la langue française . » Cliquer sur l’image pour lire l’article complet : Langues régionales Quand Blanquer s’égare de Michel Feltin-Palas,

Communiqué d’Euskal Konfederazioa concernant l’enseignement en basque et la politique linguistique.

Ces derniers mois et semaines les mobilisations en faveur de l’enseignement du basque et en basque se sont multipliées : mobilisation des enseignants de basque lors de la journée de grève de la fonction publique début mai, rassemblement devant l’antenne de l’inspection académique de Saint-Jean de Luz, Danborrada de Seaska à Biarritz, rassemblement puis perturbation de la réunion sur l’avenir de l’école rurale à Saint-Palais le 26 juin dernier…

D’après ce que l’on peut entendre ou lire ces derniers jours, il semblerait que Seaska obtiendrait finalement 19,5 postes d’enseignants supplémentaires et que les projets d’ouvertures de classes immersives à Ainhoa et Irissarry se concrétiseraient dès la rentrée prochaine. Mais que de mobilisations et d’énergie déployée pour que l’État respecte simplement la convention qu’il a lui-même signée avec Seaska et que ces deux projets d’ouverture aboutissent alors qu’ils faisaient depuis longtemps consensus entre parents, enseignants et Inspection académique !

Samedi dernier, le 29 juin, les élu-e-s de la Communauté Pays Basque ont adopté à l’unanimité la délibération concernant le développement d’une offre d’enseignement en basque de qualité. Il est réjouissant de voir qu’au-delà d’entendre les revendications des enseignants et des associations d’enseignants et parents d’élèves, les élu-e-s du Pays Basque témoignent leur soutien franc et sans ambiguïté.

A chaque préparation de rentrée, interrogations et négociations sont monnaie courante. Mais malgré le caractère récurrent de celles-ci, certaines préparations se font de manière plus apaisée que d’autres. Ainsi, selon Euskal Konfederazioa, le climat plus que tendu de ces derniers mois est directement lié à l’attitude du gouvernement actuel et les difficultés rencontrées relèvent plus d’une posture idéologique qu’à des considérations d’ordre pédagogique ou économiques. En ce sens, le vote de samedi dernier revêt encore plus d’importance : la résolution d’un problème à caractère politique doit être politique.

Comme évoqué plus haut, si Seaska pourra entamer sa rentrée de façon plutôt sereine et si deux nouvelles classes immersives ouvriront dès septembre prochain, n’oublions pas que sur les 19,5 postes octroyés à Seaska 7,5 ne sont assurés que pour un an et qu’en ce qui concerne les projets d’ouvertures de classes immersives dans l’enseignement public le projet d’Anglet est passé à la trappe. Si l’on ajoute à cela que les conséquences de la réforme du lycée – qui suscite beaucoup d’inquiétudes chez les enseignants et les parents de la filière bilingue- ne seront perceptibles qu’à partir de la rentrée 2020, nous pouvons affirmer que pour ce qui est de l’enseignement du basque et en basque, sur le fond rien n’est réglé, que nous avons juste gagné une année de répit et qu’il faut d’ores et déjà s’atteler à préparer l’année scolaire 2020-2021 et les suivantes.

Ainsi, nous invitons les élu-e-s du Pays Basque à se réunir sans plus attendre avec tous les acteurs de l’enseignement du basque et en basque afin de prendre note de leurs préoccupations, lister leurs besoins puis, une fois cette concertation effectuée, à engager sans plus attendre une réflexion de fond constructive avec le gouvernement français.

Un changement majeur s’est produit depuis l’adoption en 2005 par l’OPLB du premier projet de politique linguistique à l’échelle du Pays Basque nord : si dans un premier temps la plus grande partie du projet était centrée sur la transmission de la langue, petit à petit l’usage et la motivation se sont imposés comme des domaines à traiter simultanément. La Communauté du Pays Basque a bien intégré ce besoin d’équilibre entre ces trois piliers de la politique linguistique, comme le montre le contenu de son projet adopté en juin 2018. Mais à quoi bon penser des stratégies et projets visant à un plus grand usage de la langue si l’on ne pérennise pas les avancées obtenues au niveau de la transmission par l’école, si le développement ne se poursuit pas et si l’on n’assure pas en parallèle la « production » de locuteurs complets ? Pour ce faire, il est indispensable de donner la possibilité à chaque élève d’apprendre en immersion, dès le plus jeune âge, en dotant les ikastola de moyens adéquats et en construisant une offre bilingue solide et attractive.

Si l’on tient compte des conditions dans lesquelles s’est déroulé le vote de samedi dernier (délibération adoptée à l’unanimité et accueillie par des applaudissements), nous voulons croire que les élu-e-s de notre territoire ont bien pris conscience de l’urgence de la situation et qu’ils débuteront entretiens et négociations politiques dans les plus brefs délais.

Bayonne, le 4 juillet 2019

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