Colette Capdevielle s’oppose aux travaux de réhabilitation du collège Estitxu

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Ellande Duny-Pétré
Ellande Duny-Pétré
Educateur. Engagé dans le mouvement abertzale depuis le Procès de Burgos. Responsable de la chronique Hegoalde dans Enbata.
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Cliquer sur l’image pour revoir la vidéo de l’extrait concerné lors de la séance publique du jeudi 13 décembre 2018.

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La conseillère municipale socialiste vote comme son chef de file Henri Etcheto pour refuser que la ville de Bayonne réhabilite les locaux vétustes du collège Estitxu Robles loués à Seaska. Aux élections 2020, elle est en 4e position sur la liste socialiste conduite par Etcheto.

L’ancienne députée et conseillère régionale PS, aujourd’hui conseillère municipale socialiste à Bayonne, a pris position et voté sur ce dossier le 13 décembre 2018. L’assemblée municipale présidée par le maire Jean-René Etchegaray est appelée à délibérer sur la réalisation de travaux à hauteur de 1,5 millions d’euros. Leur but : remettre en état les locaux vétustes d’un établissement scolaire désaffecté, Jean-Jacques Rousseau, où le nouveau collège Estitxu Robles de Seaska doit s’installer, moyennant un loyer modique. D’un montant total de 3,5 millions d’euros, ces travaux seront également pris en charge par le département (60%).

Colette Capdevielle présente un point de vue qui ne fait que reprendre sur cette affaire les arguments de son chef de file, Henri Etcheto (cf.http://www.enbata.info/articles/etcheto-etait-contre-le-college-de-seaska). Pour elle, «la question immobilière de l’implantation de la création des écoles en langue régionale n’est pas réglée». On croyait que cette question avait été résolue par la circulaire préfectorale dite «Durand», obtenue après des années de combats menés par les parents de Seaska, émaillés de multiples recours auprès des tribunaux. L’avocate se permet de la réduire à néant, elle considère que cette circulaire «n’a aucune valeur juridique. Elle a la même valeur que le Bayonne Mag ou qu’un coup de téléphone, c’est-à-dire qu’elle n’en a aucune».

On tremble à l’hypothèse d’un retour aux affaires bayonnaises de Capdevielle et ses amis PS, les Etcheto, Duzert, Pallas et tutti quanti.

Remettre en cause la circulaire préfectorale —pour nous une bouée de sauvetage— constitue un beau retour en arrière en perspective. Il ne restera plus aux parents d’élèves de Seaska et aux abertzale que les yeux pour pleurer et… à se retrousser les manches pour fabriquer et vendre quelques millions de talo et boissons fraîches supplémentaires. A croire que nos avancées péniblement conquises, ne tiennent qu’à un fil.

Bien sûr, Colette Capdevielle renvoie la faute à l’État et son gouvernement, il ne veut pas revenir sur la loi Falloux et maintient «une situation hypocrite», «un imbroglio juridique», une «fragilité juridique», précise-t-elle. Elle ne croit pas à la «bienveillance de l’Etat» en la matière, la charte européenne des langues n’ayant jamais été votée. Idem pour les propositions de loi émanant de la droite, de la gauche ou du centre qui voulaient régler la question du financement des bâtiments des écoles privées. Elles ont toutes été balayées (1).

Ainsi, elle prétend refuser de «fragiliser ce dossier» municipal. Pour cela, elle le rejette. Curieux raisonnement, qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Comme Henri Etcheto, elle demande que ce soit la Communauté d’agglo qui finance. Après ce coup de pied à suivre fleurant bon la tartuferie, elle achève son intervention sur une tirade un brin démagogique: «Je pense aux contribuables bayonnais», le financement du collège Estitxu ne doit pas «se faire au détriment d’autres équipements». Des «quartiers de Bayonne attendent aussi des écoles» en leur sein. «Ce n’est pas en déshabillant Paul qu’on habille Pierre».

Elle refuse de voter la délibération portant sur la réhabilitation des locaux du collège Estitxu Robles. Comme les autres conseillers de «la gauche bayonnaise» officielle, Henri Etcheto, Hervé Pallas, Alain Duzert et autres André Artiaga. Après de telles contorsions et un bel exercice dignes d’un sophiste athénien, le résultat est atteint. Pour eux, la langue basque peut toujours attendre. Et plus on attend, plus elle est près de disparaître.

(1) L’ex-députée Colette Capdevielle a participé au sein de l’assemblé nationale à plusieurs débats en faveur des langues régionales. Elle oublie qu’elle fut absente de la séance du 14 janvier 2016. Le parlement examinait un projet de loi en faveur de l’enseignement en immersion de nos langues et leur promotion dans l’espace public et audiovisuel. Il fut rejeté à une seule voix de majorité. Belle occasion ratée de la députée socialiste. Elle se justifia en critiquant la mauvaise préparation de ce projet de loi.

Cliquer sur l’image pour revoir la vidéo de l’extrait concerné lors de la séance publique du jeudi 13 décembre 2018.

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Un commentaire

  1. Antton
    Publié le 11/05/2020 à 18:04 | Permalien

    Non, mais soyons confiants… Dès que Bayonne Verte et Solidaire se sera rallié à eux, même les plus anti-basques des membres de Bayonne Ville Ouverte deviendront pro-euskara. Il paraît même qu’Etcheto serait prêt à laisser le fauteuil de maire à J. C. Iriart !
    En vérité, je vous le dis, j’ai lu les réponses à l’article  » Alain Duzert : le conflit basque n’existe pas  » et j’ai vu la lumière : si Etcheto est élu, il ne sera plus anti-basque, ce sera même sans doute J. C. Iriart qui sera maire, et nous pourrons aller en procession dans les rues en chantant  » Alleluia, mirakulu bat gertatu da Baionan ! « 

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