ETA : la noria des arrestations

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Un coup de filet policier en territoire français a conduit le 8 mai à l’arrestation de six membres actifs de l’Organisation armée ETA.

Un coup de filet policier en territoire français a conduit le 8 mai à l’arrestation de six membres actifs de l’Organisation armée ETA.

Moins de trois jours après un nouveau communiqué de ETA refusant toute dissolution, un coup de filet policier en territoire français conduisait à l’arrestation de six membres actifs de l’Organisation armée. Satisfaction pour les Espagnols, interrogations dans les milieux basques…

Dimanche 5 mai, la presse Outre-Bidasoa publiait un énième communiqué  de ETA sur le constat d’immobilisme des gouvernements français et espagnol, et l’affirmation que la disparition de l’Organisation était hors de question.

Le 8 mai au petit matin, la police française secondée par la Garde Civile procédait à une triple opération. A MONTPELLIER (Hérault) Julen MENDIZABAL et Igor URIARTE ; à BRIVE(Corrèze), Raul ADUNA et Andoni GOIKOETXEA ; et près de BLOIS (Loir-et-Cher) Ekhiñe EIZAGIRRE et Kepa ARKAUZ étaient interpellés sans difficulté apparente. D’après le Ministre espagnol de l’Intérieur, Jorge FERNANDEZ DIAZ, ces militants étaient chargés de la logistique : les deux premiers volaient des voitures, les deux suivants géraient armes et explosifs, les deux derniers fabriquaient des documents d’identité. En dehors de GOIKOETXEA, ancien du commando « Erreka », les autres, venus de la « kale borroka », étaient peu connus.

Depuis le cessez-le-feu d’octobre 2011, ETA a ainsi perdu trente-sept (37) de ses militants, dont deux-tiers (2/3) arrêtés sur le sol français. L’Organisation n’a ainsi d’autre activité apparente que de fournir de nouveaux preso…

Le Ministre français de l’Intérieur, Manuel VALLS, constate d’une part que le territoire français « n’a toujours pas cessé d’être une base de repli logistique et militaire pour les structures clandestines de l’organisation » et ceci « malgré les évolutions positives enregistrées sur le dossier au Pays Basque espagnol ». Qu’entend-il par là ?

L’universitaire Jean-Pierre MASSIAS, cité par « Sud-Ouest », déclare : « Aujourd’hui, il n’est plus question de violence, mais de savoir comment va s’organiser l’avenir politique de ce territoire. La Gauche radicale abertzale et les secteurs les plus récalcitrants de la société ont compris depuis longtemps que la lutte armée ne menait nulle part. »

Parmi les réactions locales, la coalition E.H. BAI rappelle que l’enjeu est «la construction d’une paix juste et durable». Mais elle ajoute : «Le Gouvernement de Jean-Marc AYRAULT doit saisir cette opportunité historique et répondre aux sollicitations renouvelées de l’Organisation armée ETA d’ouvrir des discussions sur les conséquences du conflit». Outre le fait que le seul interlocuteur qui compte se trouve plutôt à MADRID, la coalition ne s’égare-t-elle pas en relayant des « sollicitations » que ETA avaient oubliées de formuler lors de son cessez-le-feu ?

Koko ABEBERRY