Mon engagement est renforcé

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Max Brisson, premier vice-président du conseil départemental

Max Brisson, premier vice-président du conseil départemental

Le débat est vif. Il traverse toutes les familles politiques. D’où l’intérêt du point de vue de Max Brisson, figure du parti Les Républicains, premier vice-président du Conseil départemental, sur l’EPCI unique. Le texte ci-après a été lu lors de la réunion publique de Batera, le 9 mars à Biarritz.

Je veux d’abord saluer l’action de sensibilisation portée depuis l’automne par Batera qui mène une campagne de promotion digne, argumentée et sereine en faveur d’un EPCI unique, en situant son action aux antipodes de l’esprit de “croisade” qui a saisi les partisans du Non.

Mon engagement pour le Oui est aujourd’hui renforcé.

Et ceci pour trois raisons:

  • D’abord, parce qu’aucune proposition alternative sérieuse n’a été avancée, celle du Pôle métropolitain assoupli apparaissant au mieux comme un leurre, camouflant une absence de choix, au pire comme une vraie régression pour notre Pays Basque puisque nous proposant une “solution” associant le maintien d’un morcellement dépassé —le Béarn aura pendant ce temps divisé par deux ses EPCI— et un syndicat mixte sans pouvoir et refusé voilà 10 ans.
  •  Ensuite, parce que les services de l’Etat et les travaux des ateliers d’Hasparren ont apporté des réponses à quasiment toutes les questions que légitimement de nombreux élus se  posaient voilà quelques mois et qu’il ressort de ce remarquable travail à la fois la forte maturité politique de notre Pays Basque et une avance certaine par rapport à la plupart des  territoires qui réfléchissent à des processus de regroupement ambitieux.
  • Enfin, parce que jamais les services de l’Etat n’ont travaillé autant en synergie avec les élus du Pays Basque et leurs collaborateurs pour apporter des réponses responsables en  matière de gouvernance, de fiscalité, d’urbanisme, une telle conjonction, quasiment “astrale”, ne s’étant jamais produite, il est fort à parier qu’elle ne se reproduira plus; laisser  passer une telle occasion serait donc faire un pied de nez à l’histoire du Pays Basque.

Reconnaissance d’un pays

Au delà de ces raisons plus récentes et dues à l’évolution des positions des uns et des autres, d’autres raisons, plus anciennes, sont bien sûr toujours là pour conforter mon Oui. Elles sont aussi au nombre de trois:

  • D’abord, la Communauté Pays Basque, c’est enfin la possibilité d’assurer la reconnaissance d’un pays qui demeure depuis deux siècles sans la moindre organisation politique ou  administrative. Il s’agit là peut être de propos “identitaires”, mais, moi, je crois que les territoires qui ont des projets —et donc un avenir— sont ceux qui justement ont conservé une identité et su garder en eux le sens de l’histoire.
  •  Ensuite, parce que l’EPCI unique permet la prise en compte d’un périmètre pertinent, celui du Pays Basque, pour construire une seule politique d’équipements et d’aménagements, une seule politique fiscale, foncière, économique,agricole et touristique, une seule politique environnementale, de mobilités et de déplacements, en lieu et place de 10 politiques concurrentes, générant des effets d’aubaine au profit de quelques uns, mais sans moyen et donc sans ambition pour le plus grand nombre.
  • Parce que, enfin, avec l’EPCI nous disposerons d’une institution politique en capacité de porter nos dossiers spécifiques à la bonne échelle, ceux par exemple du linguistique et du culturel, ceux du transfrontalier, de l’habitat ou du logement…

En conclusion, je dirai que contrairement à ce que pensent certains, y compris dans notre belle ville de Biarritz, c’est cette position, celle du Oui à un EPCI Pays Basque, qui est responsable et pragmatique car elle tient compte des dynamiques qui sont à l’oeuvre partout, elle tient compte de la création des grandes régions, elle tient compte de la rareté  grandissante de l’argent public.

Nous disposerons enfin d’une institution
unique et démocratique
à l’échelle du Pays Basque,
et pour la première fois
l’Etat n’est pas un frein
mais un facilitateur
car notre dynamique s’inscrit cette fois
dans un cadre national.

Immobilisme irresponsable

Et c’est donc, à contrario, l’immobilisme qui est en fait irresponsable, tout comme faire croire que l’on fera demain ce que l’on refuse aujourd’hui, en oubliant que les élus seuls ne seront  jamais enclins à abandonner une once de pouvoir, s’il n’y a pas, pour ce faire, un cadre imposé qui existe aujourd’hui mais ne durera pas et n’est pas prêt demain de se reproduire. Une telle opportunité ne doit donc pas être manquée. Les générations de demain nous le reprocheraient. Ils ne comprendraient pas que nous ayons refusé de répondre, dans le même  mouvement qui nous était proposé, à une aspiration ancienne de reconnaissance légitime tout en nous inscrivant dans une dynamique moderne qui parcourt de nombreux territoires  dans le cadre du puissant réaménagement des espaces français et européens aujourd’hui à l’oeuvre sous l’impulsion de la métropolisation, des mobilités nouvelles y compris numériques et des nouvelles formes de gouvernance locale. L’enjeu est donc majeur pour le Pays Basque. Fort heureusement, majoritairement, ses élus l’ont compris, voilà pourquoi j’ai confiance.