Agir et faire avec

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Pantxoa Bimboire
Pantxoa Bimboire
Gérant Sarl (chocolat), conseil de surveillance d’une SA, vice président Chambre de Commerce Bayonne Pays Basque (chargé de l’industrie), élu Chambre de Commerce Régionale (commission finances), administrateur de banque (Société Locale Caisse d’Epargne Pays Basque), adhérent Lantegiak (association des entreprises et entrepreneurs Pays Basque).
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Agir&FaireAvecL’organisation de l’Hexagone, sur le plan économique n’est simplifiée ni par le contexte mondial, ni par le manque de stratégie européenne, ni par les méandres de sa démultiplication à l’échelle régionale et territoriale. Pantxoa Bimboire, chef d’entreprise et élu consulaire, le déplore.

L’absence de gouvernement mondial implique que la recherche du meilleur profit reste la loi générale qui tolère les paradis fiscaux et qui bride et limite les rééquilibrages au profit des défavorisés. Ainsi, les injustices économiques vont de pair avec des catastrophes annoncées sur le plan environnemental: exploitation des forêts, monoculture intensive, sur-pêche, disparition d’écosystèmes, etc. Difficile pour le lecteur d’Enbata de peser sur ces évènements qui le dépassent et pour lesquels son engagement réformiste se trouve limité par sa « bonne conscience » de vivre dans un coin « béni des dieux » et de laisser aux autres « sachants » ou « pouvants » le soin de se débrouiller avec la quadrature du cercle ….

Une parcelle d’influence sur le territoire
Ce lecteur d’Enbata que je me plais à voir altruiste peut au moins se convaincre de changer les choses localement. Et sur le plan concret du comment manger, il a, tout le monde en a conscience maintenant, un levier de commande non négligeable. Le secteur économique de l’agroalimentaire est le secteur de prédilection de notre territoire. Pourtant dans les différents cercles de compétence, du plus proche jusqu’au plus lointain (communauté de communes, département et région) nous n’avons pas encore de réussites évidentes.
Dès lors, pourquoi ne listerions-nous pas quelques faits caractéristiques (tous n’y sont sans doute pas) de nos échecs partiels : les achats de circuits courts, non encore mesurés par des statistiques, représentent moins de 5% de nos achats et nous avons du mal à améliorer leur extension. Car, même au niveau des achats publics, tels que ceux des cantines, les appels d’offre peuvent être gagnés par un moins disant éloigné mais possédant un service juridique performant. Ehlg n’est pas une chambre d’agriculture officielle et donc son équilibre financier et, en conséquence, son rayonnement, sont encore trop fragiles. La marque territoriale n’a pas été créée et la production d’Iparralde est encore sans protection contre les fraudes. Nous aurions pu, a minima, créer un outil juridique ou l’amorce d’une procédure automatique lors de cas particulièrement évidents, mais nous ne l’avons pas fait. Les dirigeants des communautés de communes sont trop souvent tentés, dans leur organisation de restauration collective, par des sous-traitances complètes, en général des chaînes extra-territoire qui n’ont que trop peu intégré la matière première d’ici. L’organisation de ceintures vertes (jardins potagers, vergers) autour des quatre ou cinq grandes villes principales, pour une alimentation plus responsable, reste encore vœu pieux (encore que le problème soit, sans doute, plus complexe qu’il n’y parait). Il n’y a pas de zone agroalimentaire technique dédiée. De plus, la typologie de production est nettement séparée entre petits/moyens avec un capital territorial et gros/très gros avec un capital externe. Difficile donc de construire des recherches de niche, des technicités au profit des petites entreprises. Dans cet inventaire des échecs collectifs, pourquoi ne pas citer aussi la tentative de production de yaourt avec lait de vache d’ici, avortée pour des raisons d’appétit foncier.
En creux, sans doute, en s’efforçant de résoudre ou d’amoindrir ces handicaps, un élan nouveau pourrait être donné à ce secteur, mais en avons-nous le pouvoir et la vue d’ensemble, nous qui sommes trop absents de la politique concrète?

Les compétences (dont l’économie)
Le ministère de l’industrie s’intéresse fortement au made in France, mais de plus en plus, les déclinaisons de cette ré-industrialisation seront confiées aux régions, car mise à part les grandes déclarations, les appuis ciblés sur les actions stratégiques des maxi clusters (aéronautique/spatial, médecine/laboratoire, NTIC/défense, énergie, etc…) et quelques outils bancaires du type BPI, l’Etat n’a plus de moyen d’action.
Notre économie est donc orientée par le schéma régional. Les grandes actions de l’état sont aussi déclinées dans la région aquitaine. Par exemple, le maxi déficit de la balance commerciale, pointé du doigt depuis quatre ou cinq ans et atteignant des profondeurs abyssales. Le plan régional pour l’internationalisation des entreprises (document de base de 74 pages) évoque les secteurs agroalimentaires/vins (avec l’internationalisation de la marque sud-ouest France), santé (pharmacie, dispositifs médicaux, e-santé), la croissance verte (construction durable, énergies nouvelles, chimie du végétal, et, construction bois), le numérique, l’optique/photonique/laser. A l’échelle de notre territoire, par exemple, les entreprises exportatrices ne sont pas légion, mais quelques succès ne sont pas néanmoins à passer sous silence.
Ce plan régional sera, bien entendu, mis en place sur le terrain, avec l’appui des agents territoriaux des trop multiples niveaux et des chambres consulaires. En Iparralde, les communautés de communes (10 au total, dont une maxi : l’Acba) ont la compétence économique. Il faudra donc qu’elles s’efforcent de s’intégrer dans cette dynamique pour en tirer le meilleur profit.
Ce profit sera d’autant plus net que les élus communautaires connaîtront le tissu économique de leur zone (ce qui n’est, à cause de leur profil, pas leur tasse de thé), et, sauront mettre en œuvre des synergies, avec d’autres zones (ce qui n’est pas leur préoccupation première) : comment penser, par exemple, que sur l’aéronautique l’Acba (compositadour, technocité, etc.) puisse faire cavalier seul en ignorant Hasparren (Lauak, etc.) ou la Soule (groupe Artzainak, goupe Pourilloux, …). Plus que jamais, et, principalement sur cette compétence (car une analogie est aussi possible sur l’agroalimentaire), le vouloir vivre ensemble d’Iparralde doit fédérer les 10 communautés en une seule pour une vision commune et une seule voix vis-à-vis de la région. Sommes-nous d’accord collectivement sur ce point et, pour être associés aux décisions, combien de postes d’élus communautaires avons-nous?
Néanmoins, si l’orientation générale allait vers une simplification, cela me conviendrait bien qu’il ne reste dans cinq ans que deux acteurs principaux : la région et les territoires qui font sens : Iparralde, Béarn, etc. Cela serait plus homogène, plus cohérent, plus efficace et moins coûteux.

Un commentaire

  1. Publié le 25/02/2014 à 11:09 | Permalien

    analyse tres pertinente de l’avenir du territoire, aucun obstacle juridique ne se dresse devant nous seul notre volonté peut faire avancer cette tendance lourde. je rajouterais que la loi prevoit que les EPCI peuvent demander de prendre en charge en direct des compétences de l’etat exemple agriculture . Seule restriction l’euro cité si elle se concrétise court circuitera l’echelon regiolal

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