Dans les coulisses du travail de Bizi! (1/2)

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Txetx Etcheverry
Txetx Etcheverry
Animateur de la Fondation Manu Robles-Arangiz en Pays Basque nord, impliqué dans différentes alternatives sociales et écologiques locales et dynamiques de construction nationale basque.
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A l appel de Bizi, 433 cyclistes roulent pendant 2 heures sur le boulevard du BAB interdit au vélo.

A l appel de Bizi, 433 cyclistes roulent pendant 2 heures sur le boulevard du BAB interdit au vélo.

Les deux parties de l’iceberg

Les déplacements automobiles constituent une grande part des émissions de gaz à effet de serre du Pays Basque nord, émissions qui contribuent au dérèglement climatique mondial et local. Le travail mené par Bizi ces dernières années pour promouvoir les alternatives au tout voiture est très loin de se résumer aux quelques actions spectaculaires dont la population a connaissance.

Celles-ci constituent en fait la pointe de l’iceberg, derrière laquelle se cache un constant travail de fourmi, fait de propositions alternatives, de réunions avec les élus ou les techniciens, de visites sur le terrain, et d’élaboration permanente de la stratégie dans laquelle s’insèrent l’ensemble de ce travail et de ces actions.

Le gâchis de la ligne 1 du Tram’bus

Le groupe Alternatives au tout-voiture (ATV) de Bizi a été réactivé en 2018 après l’amer constat de l’absence d’aménagements cyclables intégrés lors des travaux de la ligne 1 du Tram’bus. Un vrai gâchis !

Alors que des sommes immenses étaient investies et des avenues entières étaient refaites, le Syndicat des Mobilités et les élus décisionnaires n’en n’ont pas profité pour rattraper l’immense retard accumulé sur le BAB en matière d’aménagements cyclables sécurisés, et certaines communes ont considérablement rogné la part des voies de bus en site réellement spécifique, qui permettraient au bus d’aller bien plus vite que la voiture.

Les actions spectaculaires de Bizi
constituent la pointe de l’iceberg,
derrière laquelle se cache
un constant travail de fourmi,
fait de propositions alternatives,
de réunions avec les élus ou les techniciens,
et d’élaboration de la stratégie dans laquelle
s’insèrent l’ensemble de ce travail et de ces actions.

Tout cela s’est fait dans la plus grande illégalité, puisque cela violait l’article L-228-2 du Code de l’environnement. Ce n’était pourtant pas faute pour Bizi d’avoir multiplié, de 2009 à 2014, les enquêtes, propositions, réunions de plaidoyers auprès des mairies, du département ou du SMTC, avis argumentés et contributions dans le cadre du Padd du Scot, du Plan Vélo et du PDU de l’époque.

L’association en a tiré la leçon que sans maintenir un rapport de force permanent, fait de mobilisations populaires, actions de dénonciation ou d’interpellation, les alternatives au tout-voiture telles que le bus en site propre ou les aménagements sécurisés et continus pour le vélo, disparaissaient des priorités.

Un maximum de place est gardé pour les voitures, au détriment de la santé et des finances publiques, de la biodiversité et du climat. Le seul travail d’expertise et de plaidoirie ne suffira pas, il faut construire un rapport de force plaçant les mobilités douces au centre du débat et de l’agenda des décideurs.

Des avancées de plus en plus nombreuses

Bizi a depuis 2018 privilégié une dynamique permanente de sensibilisation et de mobilisation pour que les Alternatives au tout-voiture soient enfin réellement prises au sérieux.

Une stratégie a été mise en place, autour de plusieurs objectifs concrets permettant de gagner des victoires d’étape, d’enclencher des effets leviers ou dominos, permettant à chaque fois de passer au niveau supérieur.

Une des multiples actions de Bizi : repeindre une voie de bus-vélo qui avait été supprimée sur l'avenue Soult à Bayonne

Une des multiples actions de Bizi : repeindre une voie de bus-vélo qui avait été supprimée sur l’avenue Soult à Bayonne

Cette action menée sans discontinuité depuis 3 ans maintenant, en complémentarité avec le travail d’expertise, de propositions et de plaidoyer de l’Atelier Vélo Txirrind’Ola, a porté de nombreux fruits :
• sur Bayonne particulièrement avec le retour de la voie vélo-bus sur l’avenue Maréchal Soult ;
• de nouvelles pistes cyclables bidirectionnelles comme celle des Allées Paulmy ou celle reliant la ZUP au centre ville ;
• d’autres projets en cours et une nouvelle approche de la concertation dans le dossier des mobilités douces sur cette commune.

Mais on observe également les premiers résultats de ce travail de mobilisation et d’interpellation au-delà de Bayonne, avec la prise en compte de la problématique vélo dans le projet de ligne 2 du Tram’bus, contrairement à la ligne 1 ; ou l’engagement ferme du président du Syndicat des mobilités à réaliser la piste cyclable tant demandée le long du boulevard du BAB, et tout récemment la décision de Biarritz de réaliser des pistes cyclables sur l’avenue du Lac Marion et l’avenue Kennedy.

Alors que Bizi, aux côtés de Txirrind’Ola, appelle la population à participer à l’enquête du Plan de Mobilité Pays Basque-Adour, actuellement en cours et qu’elle lance un travail sur l’ensemble d’Iparralde autour de l’engagement Mobilités de son Pacte de métamorphose écologique (avec une première action forte sur Mauléon), je reviendrai  la semaine prochaine plus en détail sur la “bataille de l’avenue Kennedy”. Ce dernier exemple en date permet en effet de visualiser la “partie immergée de l’iceberg”, ce qui se passe avant et après ces fameuses actions médiatiques dont les activistes au tee-shirt vert ont le secret.

Suite « La bataille stratégique de l’article L228-2«  et « Appel à la population«  à lire dès le mardi 25/5 en cliquant ici :   »Dans les coulisses du travail de Bizi! 2/2« 

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