Le chemin vers la cohabitation apaisée et la paix

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EtxeratLe rapport annuel d’Etxerat recueille les violations de droits dont les prisonniers politiques basques, parents et amis ont été victimes tout au long de cette année.  Dans le chemin vers la résolution, la cohabitation apaisée et la paix, le respect des droits de tous est un premier pas indispensable. L’association Etxerat s’est engagée à avancer dans cette voie. Pour cela, tout au long de cette année, elle a participé à des rencontres, conférences et forum où ont été abordés d’autres conflits du monde. D’autres parcours et expériences, qui, avec les recommandations des médiateurs internationaux, aident Etxerat dans ce chemin où chaque pas est toujours difficile, mais que l’association est disposée à faire avec conviction et responsabilité.

Introduction :
L’immense manifestation du 11 janvier 2014 à Bilbao marquait du signe de l’espérance le pari de la société basque pour les droits humains, la paix et la résolution du conflit. Moins d’un mois plus tard, la mort en prison d’Arkaitz Bellon mettait en évidence le véritable objectif de la politique pénitentiaire qui est appliquée aux prisonniers basques ainsi que l’urgence d’y mettre fin, ce que réclamait la marée humaine de Bilbao. Le 5 février, à trois mois de sa libération, Arkaitz Bellon a été retrouvé mort dans sa cellule. L’histoire d’Arkaitz Bellon, c’est l’histoire d’une politique pénitentiaire impitoyable que seuls ceux qui privilégient la vengeance au détriment de la paix, l’acharnement au détriment des droits humains, la prolongation de la souffrance au détriment de la résolution du conflit peuvent encore tenter de justifier. Arkaitz Bellon aurait fini sa peine de 13 ans de prison en mai de cette année. Et il aurait été libéré trente-cinq mois plus tôt si l’accès à la libération conditionnelle prévu par le Code Pénal espagnol n’était pas bloqué pour les prisonnier-e-s politiques basques. Avant sa mort, Arkaitz a connu les prisons de Valdemoro, Ocaña, Herrera de la Mancha, Algeciras, Sevilla et Puerto de Santa Maria. Toujours plus loin au fil des années. Toujours plus difficile et épuisant pour sa famille. En 2007, ses proches ont eu un accident en se rendant à la prison de Herrera. En 2010, le bus dans lequel sa mère et d’autres familles se rendaient en Andalousie a été caillassé par des personnes d’extrême-droite à Cadix, qui ont agi, comme dans bien d’autres cas, en toute impunité. Arkaitz Bellon a été l’objet de traitements brutaux et de passages à tabac dans les prisons d’Algeciras, Puerto I et Sevilla. Sa mort a été qualifiée de naturelle, et peut-être l’a-t-elle été : quoi de plus naturel que de trouver la mort sous une politique  pénitentiaire faite pour détruire physiquement et psychologiquement les personnes ? Quoi de plus naturel, quand les responsables de cette politiques s’arrogent le droit d’ajouter des peines supplémentaires, châtiments destinés à rallonger les condamnations déjà longues prononcées en leur temps par les tribunaux ? C’est le portrait sans maquillage ni artifice de la dispersion, des moyens utilisés, des objectifs poursuivis et de leurs très douloureuses conséquences. C’est dans ce cadre de violation des droits fondamentaux que représente la politique pénitentiaire actuelle qu’ils ont également à traiter le cas des neuf prisonniers souffrant de maladies graves et incurables, neuf prisonniers à qui ils refusent la libération prévue par loi.

Ce rapport annuel recueille les violations de droits dont nos parents et amis emprisonnés ont été victimes tout au long de cette année. Nous sommes conscients du dédain avec lequel les autorités pénitentiaires reçoivent nos demandes. Nous sommes pleinement conscients également du fait que le véritable objectif de cette politique est la recherche de la souffrance  maximale, et que cet objectif est en grande partie atteint. Mais nous sommes aussi conscients qu’une majorité de plus en plus immense de la société basque n’accepte plus les justifications de cette politique. Dans le chemin vers la résolution, la cohabitation apaisée et la paix, le respect des droits de tous est un premier pas indispensable.

L’association Etxerat s’est engagée à avancer dans cette voie. Pour cela, tout au long de cette année, nous avons participé à des rencontres, conférences et forum où ont été abordés d’autres conflits du monde. D’autres parcours et expériences, qui, avec les recommandations des médiateurs internationaux, nous aident dans ce chemin où chaque pas est toujours difficile, mais que nous sommes disposés à faire avec conviction et responsabilité.

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