10 ans de travail en Iparralde

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Mattin,Txetx,Xabier

Mattin, Txetx et Xabier devant la fondation Manu Robles Arangiz.

Le syndicat ELA est présent depuis 10 ans en Iparralde via la Fondation Manu Robles-Arangiz. L’interview Alda! de l’équipe qui gère et anime le travail quotidien de la Fondation MRA en Iparralde apporte un éclairage sur le travail mené durant ces 10 dernières années et sur l’avenir d’ELA et de la Fondation MRA en Iparralde.

Une célébration spéciale de ces 10 ans aura lieu le samedi 1er novembre à partir de 15h  à Bayonne avec une exposition photo et une réflexion sur “La souveraineté dans tous ses Etats”.

Quels ont été les premiers chantiers d’ELA et de la Fondation Manu Robles-Arangiz en Iparralde ?
Txetx : Le premier chantier stratégique qu’ELA et la Fondation Manu Robles-Arangiz ont décidé d’appuyer avec détermination, dès la fin 2004, fut celui du projet de création d’une chambre d’agriculture alternative du Pays Basque. C’est la Fondation MRA qui va acheter, puis aménager, l’hôtel-restaurant qui sera transformé en bâtiment administratif et qui héberge depuis Euskal Herriko Laborantza Ganbara, la chambre d’agriculture alternative, à Ainhice-Mongelos. La Fondation MRA se mettra depuis lors régulièrement au service d’EHLG : dans le travail de souscription et de recueil de fonds tant en Pays Basque Nord que Sud, lors de la création de Lurrama et lors des deux grandes campagnes qui verront la victoire d’EHLG
face aux pouvoirs publics qui tentèrent en vain de l’interdire (pour usurpation illégitime de fonction face à la Chambre d’agriculture officielle). Il est important de souligner que là, comme dans toutes ses interventions ultérieures, la Fondation MRA est intervenue en proposant et apportant le soutien de ses réseaux, de sa logistique, de ses moyens, sans exiger aucune contre partie, sans exercer aucune pression sur la ligne stratégique ou politique suivie, avec l’obsession constante de respecter l’histoire et l’indépendance des structures ou dynamiques qu’elle a pu appuyer.

Mais il y a eu également un travail spécifique mené en tant que Fondation Manu Robles-Arangiz durant toutes ces premières années ?
Txetx : Oui, bien sûr. Dès 2005, la Fondation MRA avait ouvert un siège inter-associatif à Bayonne et met depuis ses locaux, son matériel, ses contacts et son expérience  organisationnelle à la disposition des mouvements progressistes du Pays Basque Nord.
Mattin : Aujourd’hui, plus d’une dizaine d’associations ont leur siège social et leur boîte aux lettres à la Fondation MRA, s’y réunissent plus ou moins fréquemment. Une bonne  quarantaine de collectifs, associations, structures diverses utilisent régulièrement ou sporadiquement les ordinateurs, photocopieur, duplicopieur, vidéo-projecteur, massicot, plieuses, mégaphones etc. du local inter-associatif. La Fondation MRA remplit ainsi un rôle d’aide aux divers groupes militants, de mutualisation des moyens et de mise en réseau. Il peut également s’agir d’une aide ponctuelle à des campagnes, luttes ponctuelles, mouvements naissants ou chantiers structurels : étudiants ou salariés en lutte, collectifs sociaux ou  associations de défense de l’environnement, associations culturelles, alternatives concrètes, etc.
Xabier : En plus de ça, dès janvier 2006, la Fondation MRA a créé en Iparralde un 4 pages hebdomadaires intitulé Alda ! qui est destiné à mener un travail de réflexion, débat, étude, partage d’expériences sur les questions sociales et écologiques, sur des questions comme la stratégie abertzale ou la question de la non-violence et de la désobeissance civile, sur les  différentes résistances et alternatives anti-capitalistes en cours en Pays Basque et ailleurs. Plus de 350 numéros sont sortis au total. Alda !, qui continue à occuper 2 pages d’Enbata devenu mensuel, réalise également désormais la version internet Enbata.info. Parallèlement à tout cela, la Fondation MRA a mené à bien depuis les tout débuts un travail de formation permanente sous une thématique globale “D’autres mondes sont possibles”. Y ont été abordés puis approfondis la question sociale et écologique, l’histoire du mouvement ouvrier et le  syndicalisme, la non-violence, l’histoire du Pays Basque et du mouvement abertzale, l’aménagement du territoire, l’économie, les techniques militantes (communication, animation de  réunions, conception de campagne…). Susan George, Joxe Elorieta, Mikel Aramendi, Amaia Munoa, Marie-France Hirigoyen, Michel Husson, Yves Cochet, Victor Pachon, Michel  Berhocoirigoin, Gerard Filoche, Peio Etcheverry-Aintchart, Geneviève Azam, Alain Lipietz, Philippe Corcuff… sont quelques unes des très nombreuses personnalités et militant-e-s qui  ont animé ces sessions, stages de formation et conférences. Au total plus de 1.000 personnes différentes y ont participé (et pour pas mal d’entre elles de manière assez régulière) ce qui est loin d’être négligeable dans un Pays Basque nord de 300.000 habitants.

Quel type de résultats a pu produire tout ce travail ?
Txetx : Par exemple, autour de cette dynamique de formation se constituera peu à peu un noyau de militants qui vont se réunir régulièrement pour discuter et analyser la situation et les besoins en Pays Basque Nord. Ce noyau de militants va peu à peu décider de créer un mouvement qui lie la question sociale et la question écologique en Iparralde. Commence alors un processus de discussion et de réflexion avec notamment un séminaire de travail de 4 ou 5 jours organisé à Mendionde. Ce processus va connaître une pause importante, de septembre  2008 à mars 2009, à l’occasion de la première grande campagne de soutien à EHLG, menacée d’interdiction par l’Etat. Nos énergies militantes se sont alors entièrement consacrées à cette importante bataille qui se déroule tant en Pays Basque Nord que sur le reste de l’Hexagone et qui se concluera par une magnifique victoire.
Mattin : Le processus de définition a repris en mars 2009 et la mobilisation internationale naissante en perspective du sommet de Copenhague a fait le reste. Un appel à constituer un mouvement liant la question sociale et écologique, l’urgence climatique et la justice sociale fut lancé le 17 juin 2009 lors d’une conférence de Serge Latouche organisée par la Fondation MRA à Bayonne. Une semaine plus tard, Bizi était né. Cinq ans plus tard, c’est un mouvement particulièrement actif, qui a lui-même produit une nouvelle génération de militant-e-s en Iparralde et qui arrive à toucher de nouveaux secteurs de la population, à travailler des thématiques essentielles, notamment si l’on se projette dans les années à venir. Une convention de partenariat a été mise en place entre Bizi et la fondation MRA pour tout ce qui concerne les activités de formation, qui a permis la poursuite de ce travail de formation collective et permanente.
Xabier : C’est d’ailleurs à l’occasion d’un Forum organisé conjointement entre la Fondation Manu Robles-Arangiz et Bizi! qu’a été travaillée pour la première fois l’idée de créer une monnaie locale en Pays Basque Nord. C’était en avril 2011, ce Forum qui étudiait les alternatives concrètes au capitalisme a réuni près de 800 personnes. Depuis l’idée a fait son chemin.

Et comment voyez vous l’avenir d’ELA et de la Fondation MRA en Iparralde ?
Txetx :
Ce qui est certain en tout cas, c’est qu’il sera conçu et décidé en Iparralde, par les militants d’Iparralde, dans le cadre d’une réflexion nationale partagée de manière permanente avec le Comité National et l’executif d’ELA. Nous voulons à l’occasion du dixième anniversaire de la Fondation Manu Robles-Arangiz en Iparralde créer un groupe d’échanges, d’analyse, de réflexion et de formation, tant sur les thématiques abertzale que sociales, écologiques et alternatives, qui sera ouvert à tous-tes ceux qui se retrouvent dans le parcours et la philosophie  e la Fondation MRA, son logiciel abertzale et progressiste, ouvert, non-violent, radicalopragmatique et indépendant. Il s’agira d’un lieu de débat et de synthèse sur les différents terrains de lutte du mouvement abertzale et du mouvement social en Pays Basque Nord, mais également d’analyse de l’actualité et des perspectives en Pays Basque sud, en lien avec le Comité National d’ELA. Il s’agit d’y voir plus clair dans les moments compliqués, de mutualiser les analyses et les expériences, tout en menant une réflexion  idéologique et stratégique permanente pour anticiper l’avenir. Que les abertzale intéressés pour en faire partie n’hésitent pas à prendre contact  avec nous dès maintenant.

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La souveraineté dans tous ses Etats

A l’occasion du 10ème anniversaire de la Fondation Manu Robles-Arangiz,
une conférence est organisée le samedi 1er novembre sur la souveraineté,
de 15h à 18h30 à la Fondation MRA, à Bayonne.

Animatrice  : Pantxika Maitia

15h-16h30 :La souveraineté, c’est par où ?

Processus d’autodétermination en Ecosse,
en Catalogne et en Pays Basque
avec
Eneko Bidegain (Huhezi, Mondragon Unibertsitatea),
Amaia Muñoa (Secrétaire Générale Adjointe du Syndicat ELA),
Angel Oiarbide (Gure Esku Dago),
Mario Zubiaga (Science politique et administration, EHU)

17h-18h30 :La souveraineté, c’est quoi ?

La souveraineté basque en temps de mondialisation
néo-libérale et de crises sociale et écologique
avec
Joseba Azkarraga (Sociologie, EHU),
Michel Berhocoirigoin (Président d’EHLG)

18h30 : apéro-pintxo, exposition sur les 10 ans de la Fondation MRA en Iparralde

Entrée gratuite, nombre de place limité,
inscription indispensable.

Tél. 05 59 25 65 52
[email protected]
Fondation MRA, 20 rue des Cordeliers – Bayonne.

Une présence originale

La Fondation Manu Robles-Arangiz naît en Pays Basque Nord en novembre 2004 pour y travailler au service des dynamiques progressistes et/ou abertzale d’Iparralde, être l’interface entre le syndicat ELA et les différents acteurs du Pays Basque Nord.

C’est en fait une forme originale pour ELA d’exister également en Pays Basque Nord. La volonté de ne pas en rajouter à la division et à l’émiettement du paysage syndical au Nord l’a en  effet conduit à ne pas s’y créer en tant que syndicat. La Fondation MRA sera donc l’outil pour ELA pour concrétiser sa présence et ses relations avec les différents acteurs, mouvements, associations du Pays Basque Nord. Aussitôt créée, elle se met au travail, sous l’impulsion de Fernando Iraeta, directeur de la Fondation MRA dans ces années-là, puis de son successeur à  ce poste Dani Gomez et désormais d’Unai Oñederra. C’est la secrétaire générale adjointe du syndicat, Amaia Muñoa, qui est responsable du dossier Iparralde à l’exécutif d’ELA. Xabier Harlouchet, puis Mattin Ihidope ont ensuite renforcé l’équipe autour de Txetx Etcheverry, présent depuis le début, pour gèrer et animer le travail quotidien de la Fondation MRA en Iparralde.