Zorionak !

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Jean-Marc Abadie
Jean-Marc Abadie
Les parents de Jean-Marc Abadie, en provenance de la Bigorre, débarquent, avec leurs quatre premiers enfants, au Pays basque au tout début des années soixante. Ayant grandi à Bayonne, c'est par le chant basque qu'il décide de devenir basque et commence à apprendre la langue des autochtones. Militant culturel et politique, il pense que l'écriture est une vraie arme littéraire. Co-fondateur de l'hebdomadaire Ekaitza au milieu des années 80, puis du trimestriel bayonnais Kutzu de 1992 à 2006, il rédige une chronique mensuelle sur Enbata depuis janvier 2012.
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LP

L’heure n’est pas à insulter Olentzero. Lui au moins, il ressemble à quelque chose. A un humain, té ! Il est sale, il picole. Il est même bougon. Et il apporte un message d’espérance. Un peu comme Jésus mais en plus mécréant : pas de commandement, ni d’acte de contrition, ni de repentir et encore moins de misogynie. Mari Domingi est à ses côtés et tout le monde se demande toujours si la seule chose qu’ils auraient consommée ensemble c’est du charbon. Mais pas vraiment ardent ! Avec lui pas de leçon de vie. Pas de morale de béni oui-oui. Fini l’obscurantisme et vive la lumière ! Les jours rallongent enfin ! Et quand on le voit, c’est toujours dans l’idée d’un échange. Que voilà un individu qu’on voudrait bien avoir comme pote ! A contrario, ce pistolet de Père Noël, personnage fat et sans aucune aspérité —en rouge et blanc en plus— profite de notre crédulité des premières années pour nous faire gober moultes balivernes. Un peu comme Jésus qui transformait l’eau en vin mais en plus fantasque : des rênes qui volent ! Et il ne passe pas par la cheminée tant qu’on y est ?

Black and mask

2021 s’achève dans la morosité. Du coup, 2022 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Comme Olentzero, on broie du noir. Des fois, on s’imagine rêver. Et on se pince pour croire ce que l’on vit ! On porte des masques dedans ou dehors ce qui nous autorise à ne plus se laver les dents régulièrement. On ne se touche (presque) plus ! Et, à l’instar —jusqu’alors— de personnes avec autisme, on ne sait plus comment se dire bonjour. Sauf avec le poing fermé : bonjour l’accueil ! On a vécu deux confinements, des attestations de déplacement comme au bon vieux temps des pétainistes, des couvre-feu(1). Y’a même des manifs contre la vaccination : ah le virus ! avant même qu’il ne s’attaque à l’humain, il fait déjà des dégâts. C’est dingue ! De ce que l’on nous dit, si le vaccin évite grandement les formes graves de la maladie —et donc d’en mourir !—, il n’élimine pas la contagion (mais ralentit grandement la vitesse de circulation !). D’autant que des experts(2) nous indiquent que si les stratégies, notamment vaccinales, ne sont pas planétaires, il nous reviendra sous des formes encore plus variantes. C’est con, on va vivre avec pendant très longtemps !

Olentzero : au secours !

Un peu comme le capitalisme : on n’est pas prêt de s’en débarrasser. Même en temps de crise, les très riches sont encore plus riches et les très pauvres sont encore plus nombreux. Sacrés gestes barrières qui empêchent le ruissellement ! L’espérance d’une gouvernance vraiment à gauche en France est à ranger au rayon de bouquins de science-fiction. En scrutant les sondages des prochaines “élections pestilentielles”— comme dirait Coluche— on se dit que la France est mal barrée. Plus de 30 % vers les représentants des extrêmes droites ! La feu société française des Lumières effectue sa mue vers l’obscurantisme. On sent bien l’échec, ces dernières décennies, de l’éducation parentale en matière de culture, de citoyenneté ou du vivre ensemble. On constate aussi, bien sûr, dans le prolongement, le même échec du côté de l’éducation scolaire qui n’a pas su, pas pu, ou pas voulu compenser ce déficit éducatif. On sent de la régression collective dans la capacité intellectuelle d’une frange de plus en plus importante de la société, d’appréhender la complexité de notre civilisation par une réflexion en profondeur.

22 le fric !

Quand on scrute le système politique français, sa gestion verticale et centralisée ; quand on constate que les grands médias sont concentrés entre les mains de quelques milliardaires qui ont instauré une structure d’actionnariat souvent complexe et opaque(3) ; quand on se rend compte à quel point les services publics se dégradent ; quand on regarde ébahi le niveau de certaines émissions populaires télévisuelles ou l’audience des matches de football ; quand on réalise que le système électoral français n’a rien à envier à une république bananière, on se dit que l’avenir s’assombrit. Les présidentielles qui glorifient le culte d’une seule personne, laquelle cumule tous les pouvoirs, est un non-sens démocratique. Archaïque, ce système politico-administratif éloigne encore un peu plus la population de ses élites, conférant à la France une réputation d’Etat rétrograde. Tout est centré sur cette élection qui va bientôt nous amener à voter Le Pen pour faire barrage à Zemmour !

La France aux francos !

La France se droitise et pire, s’extrême droitise. Bientôt, à l’instar des familles qui abandonnaient leurs enfants au port de Barcelone pour les soustraire au joug franquiste vers des jours heureux sous le printemps moscovite stalinien, nous irons, comme bien de nos ancêtres, nous réfugier en Pays Basque Sud. Nous avons beau être encore préservés, ici en Pays Basque Nord, de la lèpre fascisante, nous restons des citoyens français tributaires et prisonniers d’un système qui périclite. En attendant ce moment, il nous reste à lutter encore et toujours inlassablement afin d’éviter le fatalisme et la désespérance. En développant nos ikastola qui sont un rempart contre ce délitement, en prônant le vivre ensemble, source de solidarité, notamment à l’égard des réfugiés, des plus précaires et des personnes les plus fragiles. En s’opposant aux régimes autocratiques et technocratiques locaux dans des municipalités comme à l’agglomération Pays Basque.

Amets onak !

Il nous faut exiger des mesures fortes contre la spéculation immobilière pour le droit au logement décent pour tous ou pour la non construction de voies nouvelles dédiées à la LGV. Nous sommes en droit de réclamer des services publics vers l’équité territoriale afin de s’opposer au démantèlement des bureaux de poste, quitte à créer nos propres services publics assimilés, à l’instar de Seaska ou Laborantxa ganbara. Ces combats pour du lien social, comme la défense d’un service postal de qualité, fait partie d’un ensemble. C’est bien cet ensemble qui marque le fondement d’une société civilisée où l’argent ne serait plus roi. Où on ne marcherait plus au pas. Où la bienveillance entre personnes de bonne volonté serait la règle. Où les gouvernances seraient vraiment partagées. Où la consommation raisonnée prendrait le dessus sur le consumérisme. Où on prendrait davantage soin de nos semblables et de notre environnement. Soyons fous, rêvons !

(1) On est tellement perdu qu’on ne sait plus si les couvre-feux s’écrivent au pluriel, s’il y a un tiret entre les deux mots. Ou s’il y a un mot au pluriel et l’autre au singulier.

(2) Selon le Pr Gilbert Deray, chef du service de néphrologie de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

(3) Selon une étude réalisée par Reporters Sans Frontières et réalisée par Julia Cagé, spécialiste de l’économie des médias, courant 2016, 51% des médias sont contrôlés par des actionnaires issus du secteur de la finance et de l’assurance contre 18 % par le secteur de l’information et la communication.

2 Commentaires

  1. Guy Lanusse
    Publié le 07/02/2022 à 18:38 | Permalien

    Le pluriel de couvre-feu est couvre-feux ou couvre-feu.
    Couvre est un verbe qui donc ne change pas.
    Jusqu’en 1990, couvre-feu était invariable et on écrivait « des couvre-feu »
    Depuis la rectification de 1990 on admet les deux orthographes.
    https://fr.m.wiktionary.org/wiki/Annexe:Rectifications_orthographiques_du_fran%C3%A7ais_en_1990

  2. Thomas E
    Publié le 08/02/2022 à 12:41 | Permalien

    Egun on Jean-Marc eta denak
    Je ne peux m’empêcher de réagir un extrait de cet article sur la vaccination et la covid. Nous avons déjà eu le plaisir d’échanger sur ce sujet en dehors. Je réagis car ce n’est pas en répétant 100 fois, 1000 fois une chose qu’elle devient vraie. Pour remettre les choses dans le bon ordre : les manifs, ce n’est pas contre la vaccination (ça n’a aucun sens), c’est pour la liberté vaccinale et contre un dangereux et inutile passe social conditionné actuellement à une « vaccination » (un traitement médicamenteux selon les propos de M. Delfraissy lui-même, à prendre tous les 4 mois). Et après un an covid / sans vaccin – un an covid / avec vaccin, les données sont déjà terribles : ce traitement ne ralentit absolument pas la vitesse de circulation. Et même sur les formes graves sur les personnes à risque, il y a actuellement un vrai débat scientifique sur l’absence d’études concluant de manière définitive à cette efficacité. Eta otoi Jean-Marc, ne nous cite pas Gilbert Deray ici, le chantre de la vaccination des enfants de moins de 5 ans ! Ce monsieur aura des comptes à rendre tôt ou tard sur ces sujets. On pourra encore débattre mais , d’accord ou pas d’accord, il y a une chose qui doit nous animer : ne laissons pas à l’extrême droite le champ de la protection de notre liberté et fraternité. Il faut que nous nous l’approprions dès maintenant, ça urge.

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