Du Pays Basque aux Grandes Ecoles

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Bixente Etcheçaharreta1

Courrier de Bixente Etcheçaharreta

L’éducation est au cœur de toutes les stratégies de construction de l’avenir. Elle prépare nos territoires aux mutations qui viennent, les équipe pour affronter les défis qui ne manqueront pas de se poser à eux.

De notre capacité à porter les problématiques d’éducation dépend donc en grande partie l’avenir économique du Pays Basque Nord.

A la lecture des statistiques de poursuite d’études des lycéens du Pays Basque, un constat tout à fait paradoxal s’impose.

Malgré de très bons résultats au baccalauréat, des résultats qui placent les lycées du Pays Basque dans le peloton de tête des résultats nationaux, le nombre des lycéens qui s’engagent dans un cursus sélectif en classe préparatoire ou en grande école est inférieur à la moyenne nationale.

Derrière cette anomalie statistique se cachent des obstacles concrets et facilement identifiables : le manque d’accès à l’information, l’éloignement géographique ou social et une forme d’autocensure qui touche de nombreux lycéens.

Ce constat vaut pour le Pays Basque, mais se retrouve largement au niveau hexagonal : le système éducatif français est, selon plusieurs comparaisons internationales, le système où l’origine sociale des étudiants pèse le plus sur leur trajectoire scolaire.

Cette situation ne pèse pas seulement sur les destins individuels ; ses répercussions sont collectives. Elle nous affaiblit collectivement, elle affaiblit notre territoire, nos capacités d’innovations, nos capacités d’anticipation et de renouvellement. Elle contribue à un formatage et à une reproduction sociale qui met en péril le fondement même de notre pacte social.

Pour autant : aucun défaitisme, aucune fatalité ne résiste en matière d’éducation. C’est le sens de notre initiative : la création de l’association Du Pays Basque aux Grandes Ecoles.

Enfants du Pays Basque, anciens des lycées de l’intérieur comme de la côte, du public comme du privé, rien ne nous prédisposait à des études ambitieuses. Une rencontre, la confiance d’un professeur, l’exemple d’un camarade auront été les déclencheurs de nos parcours. Enfants de l’égalité des chances nous-mêmes, nous avons eu ensemble cette idée simple de partager nos expériences.

C’est cela Du Pays Basque aux Grandes Ecoles, une aide pour informer, encourager et mutualiser les expériences. Afin de compléter l’important travail des équipes pédagogiques, nous mettons en place un site internet (www.dupaysbasqueauxgrandesecoles.org) pour faciliter les échanges entre bacheliers et étudiants. En outre, un dispositif de parrainage permettra d’accompagner et de renseigner les jeunes tout au long de leurs parcours d’orientation, dans des domaines variés, à l’échelle du territoire comme à l’étranger.

Ces modalités pratiques cependant, ne doivent pas minimiser l’ampleur du choc de confiance qu’il reste à réaliser pour rééquilibrer la situation. En mettant la lumière sur ce problème, c’est à l’ensemble d’une génération que nous nous adressons.

A ceux qui se posent des questions, qui se demandent s’ils sont légitimes pour postuler à tel ou tel parcours, s’ils y ont réellement leur place, nous leur disons : les grandes écoles, ce n’est pas toujours pour les autres. Elles sont là également pour vous.

Nous en avons plusieurs exemples au sein de l’association : être un ancien du Lycée de Navarre et intégrer les prépas du Lycée Henri IV, c’est possible. Etre un enfant de Banca et intégrer HEC ou Polytechnique c’est possible. Avoir grandi entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Bayonne, et intégrer un jour Harvard, Oxford ou Cambridge, c’est possible.

Au Pays basque, nous avons un sens aigu de la solidarité. Nous savons nous organiser en réseaux pour soutenir des initiatives, mutualiser, accompagner, aider… C’est ce que nous comptons faire avec cette nouvelle association. Du Pays basque aux grandes écoles n’a qu’une ambition : partager et surtout contribuer à mettre en œuvre une idée aussi simple qu’essentielle : l’égalité des chances.

 

Les tribunes libres soumises à la rédaction doivent être adressées à [email protected]  Enbata se réserve de les publier, selon ses disponibilités, dans son édition mensuelle ou sur son site internet www.enbata.info